Grand débat, grand bla-bla… Une seule réponse, la mobilisation

Alors qu’avec son Grand débat national, Macron fait mine de vouloir « transformer les colères […] en solution », la journée de samedi a été pour lui un rappel de la réalité : la mobilisation des Gilets jaunes continue et ses injonctions à débattre – mi menaçantes, mi paternalistes – ne convainquent pas grand monde. Malgré les menaces et une présence policière très visible, le mouvement a bien franchi la barrière de la trêve de fin d’année…

Le jaune est toujours là !
Deux mois après la première journée d’action, le ministère de l’Intérieur comptabilisait samedi dernier 84 000 manifestantEs partout en France (dont 8 000 à Paris), soit près de 35 000 de plus que la semaine précédente ! Ont aussi été comptabilisés 5 000 manifestantEs à Bourges, Bordeaux ou Toulouse, et des manifestations à peu près sur l’ensemble du territoire.
Le mouvement change, les ronds-points, barrages ou péages ayant été largement abandonnés ou évacués au profit de manifestations, de rendez-vous plus centraux, mais il s’enracine et s’organise, avec des assemblées générales plus structurées, l’apparition de services d’ordre pour les manifestations…
Mais, les Gilets jaunes n’ont pas encore réussi à fixer des revendications précises, et le référendum d’initiative citoyenne (RIC) ne peut constituer le seul débouché à la mobilisation. Pour éviter que le gouvernement, les politiciens réactionnaires et les fachos avancent, il faut construire une mobilisation plus forte et avec objectifs plus clairs.

De la matraque au moulin à paroles
Mardi, Macron a donc dégainé le Grand débat national, avec sa « lettre aux Français » : quatre grands thèmes, une orientation au service des plus riches clairement réaffirmée, et deux ou trois pièges pour relancer la politique du bouc émissaire, avec l’idée des « objectifs annuels » en matière d’immigration.
Castaner a dû lâcher un peu de lest en matière de répression, mais ce n’était que temporaire : 244 interpellations dans tout le pays, des chiffres identiques à ceux de la mi-décembre. Et ce même jour, un manifestant bordelais, pompier professionnel, visé par un tir de lanceur de balle de défense (LBD 40) dans le dos (!), est dans le coma… Selon la presse, 93 personnes ont été gravement blessées depuis deux mois.

Il faut une grève nationale pour notre pouvoir d’achat
La mobilisation est à la croisée des chemins : si le mouvement n’avance pas, il risque de finir par reculer, pris par le Grand débat et les élections européennes. De cette situation, les plus importantes directions syndicales, portent une grande responsabilité. La CFDT s’investit dans le Grand débat, et la CGT, qui a refusé de se rendre à Matignon, se dit néanmoins ouverte à « des débats citoyens »…
Mais l’heure n’est pas à discuter avec le gouvernement mais bien pour le monde du travail à entrer massivement dans l’action, pour une augmentation substantielle des salaires et des pensions, et avec ses propres moyens de mobilisation, la grève. Il faut imposer 300 euros d’augmentation pour tou·te·s et tous, sans parler de la prime de 1000 euros promise par Macron… et dont l’immense majorité des salarié·e·s n’a pas vu la couleur !
Pour faire ravaler à Macron sa politique, c’est bien le moment de saisir notre chance !

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