Conseil politique national du NPA : pour un printemps de luttes et une campagne anticapitaliste

Le Conseil politique national (CPN) du NPA s’est réuni les 23 et 24 marspour échanger et élaborer sur la situation politique, les luttes en cours et l’intervention du NPA en leur sein, mais aussi pour prendre des décisions concernant la campagne des européennes.

Exceptionnellement, le CPN a été écourté, ne débutant que le samedi en fin d’après-midi, afin de permettre aux camarades de participer aux manifestations. Avec les dernières annonces du gouvernement, la campagne ultra-sécuritaire et les nombreuses interdictions de manifester, il nous semblait en effet essentiel d’être dans la rue, avec celles et ceux qui se mobilisent, depuis 19 semaines, pour la justice sociale et contre les politiques au service des riches.

De l’Algérie aux Gilets jaunes

La première partie du CPN a été consacrée à une longue discussion, avec un camarade algérien, sur les évolutions du soulèvement populaire en Algérie. La résolution politique adoptée a ainsi rappelé que « le soulèvement algérien est un formidable encouragement pour les peuples du monde entier, et une forme de remède au fatalisme » et que « la solidarité avec la lutte populaire algérienne et la dénonciation des complicités impérialistes françaises doivent être au cœur de notre profil internationaliste. »

Une large part des discussions a ensuite été consacrée à la situation en France, marquée par la persistance et la détermination du mouvement des Gilets jaunes et par l’incapacité du gouvernement Macron, malgré ses réponses ultra-répressives, à reprendre la main. L’instabilité et le climat de contestation perdurent, une situation riche d’opportunités, comme l’a confirmé la réussite des récentes mobilisations pour le climat, notamment dans la jeunesse. Mais, malgré son affaiblissement, le gouvernement entend poursuivre ses attaques, aidé en cela par la stratégie désastreuse des confédérations syndicales, qui ont fait le choix de maintenir leur politique de « journées d’action » sans lendemain, qui n’inquiète guère le pouvoir, qui ne reculera réellement que s’il est confronté à un véritable mouvement d’ensemble, un blocage total du pays. 

Ainsi que le souligne la résolution majoritairement adoptée, le NPA entend dès lors continuer de « s’investir loyalement dans la construction des mobilisations, des lieux de travail aux ronds-points, œuvrer à leur développement et à leurs convergences, tout en posant un certain nombre de questions et en menant les discussions qui nous semblent essentielles : unité, auto-organisation, nécessité de la grève ». Il s’agit également de « pousser à l’approfondissement des liens entre le mouvement ouvrier organisé et les Gilets jaunes, ce qui passe également par le fait de mettre en avant, dans chaque secteur, des revendications spécifiques faisant ce lien (salaires, défense des services publics, etc.) ». Enfin, le NPA va « continuer de construire des cadres de front unique, même partiels, en soutien à la mobilisation et autour de questions politiques spécifiques – comme nous le faisons sur la répression », et « défendre ses propres perspectives politiques, en élaborant et distribuant du matériel, en organisant des réunions publiques et des meetings » lors des semaines qui viennent.

Pas de liste aux européennes, mais une campagne anticapitaliste et internationaliste

Le CPN a pris acte du fait que, malgré la campagne de souscription des derniers mois, notre organisation n’aurait pas les moyens financiers de présenter une liste lors des élections européennes. Le coût de la seule impression des bulletins de vote et des professions de foi est en effet estimé à un million d’euros, une somme considérable pour le NPA, qui ne bénéficie d’aucun financement public. 

Le NPA ne présentant pas de liste, il appellera lors du scrutin du 26 mai à voter pour la liste présentée par Lutte ouvrière, organisation vis-à-vis de laquelle nous avions engagé, malgré nos divergences, une démarche unitaire en vue d’une campagne commune, anticapitaliste, révolutionnaire, lors des élections européennes, ­malheureusement sans succès.   

Nous n’entendons cependant pas être absents du débat politique de ces prochaines semaines et nous résigner face à un système électoral injuste et particulièrement contraignant pour une organisation comme la nôtre, qui ne vit que grâce aux cotisations de ses militantEs et aux dons de ses sympathisantEs. Nous organiserons donc une campagne militante et une série de réunions publiques, dans lesquelles le NPA et ses porte-parole Olivier Besancenot, Philippe Poutou et Christine Poupin défendront un programme répondant à la fois aux problématiques de la campagne européenne (lutte contre l’austérité et les traités européens, liberté de circulation et d’installation pour les migrantEs…) et aux revendications exprimées par les mobilisations sociales, démocratiques, écologiques de ces dernières semaines (Gilets jaunes, justice sociale et climatique…). Cette campagne se fera en lien avec les luttes en cours, et en soutien à ces dernières, seules à même de modifier radicalement le rapport de forces face au gouvernement Macron, pour en finir avec sa politique au service des riches et des grands groupes capitalistes. 

Julien Salingue

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