Non aux bombardements, oui à l’accueil des réfugiés

Cette semaine, le président Hollande et son gouvernement ont mené deux débats parlementaires. Ils prétendent répondre à la « responsabilité humanitaire de la France en prenant sa part d’accueil de réfugiés », mais aussi diminuer le terrorisme et la crise en Syrie par des bombardements contre l’État Islamique (Daesh ). Sur ces deux plans, les réponses du gouvernement sont des manipulations.

Avec le peuple syrien, contre les bombardements

Depuis 4 ans, le régime de Bachar el-Assad a écrasé son peuple sous la torture et les bombes. Des centaines de milliers de morts et disparus, 10 millions de déplacés dont 4 millions réfugiés en dehors des frontières. Les autoproclamées « démocraties » occidentales n’ont rien fait d’autre que rejeter les révoltés syriens. Le résultat est une situation catastrophique sur tous les plans, et l’émergence de Daesh.

La réponse des puissances impérialistes comme la France n’est pas d’aider, mais de se substituer à la souveraineté des peuples par des interventions militaires directes, des bombardements en Syrie dont on est sûrs des résultats contre-productifs. Des centaines de millions dépensés pour des démonstrations médiatiques à courte vue (ainsi, qu’ont changé les 3500 bombardements de la coalition menée par les américains en Irak depuis un an ?).

Pendant ce temps, les forces kurdes, qui ont été jusque là les plus efficaces contre l’État Islamique, sont abandonnées à la vengeance du président turque Erdogan, et l’Union Européenne et la France coupent l’aide d’urgence du Programme alimentaire mondial dans les camps de réfugiés de Jordanie, du Liban et de Turquie, qui ont accueilli l’écrasante majorité de celles et ceux qui ont fui la Syrie. Quoi d’étonnant alors que des populations totalement désespérées accélèrent leur fuite jusqu’en Europe ?

Contre le tri des réfugiés, pour l'ouverture des frontières

On ne peut ressentir qu’une immense colère face à la réalité : depuis des années, et contre les conventions internationales, l’État français a rejeté l’essentiel des réfugiés de guerre syriens comme irakiens, afghans, érythréens comme soudanais ou congolais. Aujourd’hui, le gouvernement replâtre sa politique honteuse : ils veulent bien accueillir 12 000 réfugiés de plus par an (soit 2 pour 10 000 habitants…), mais en les triant.

Le directeur général de l’Ofpra (Office français de la protection des réfugiés et apatrides) a déclaré : « la majorité sont des Syriens éduqués et formés. Nous avons rencontré un ingénieur, un avocat […] On a affaire à des gens de la classe moyenne qui souhaitent avant toute chose travailler et élever leurs enfants. » Sous-entendu : les pauvres, les ressortissants d’autres pays, eux n’ont pas ces qualités et ne sont pas les bienvenus !

Ainsi, derrière l’affichage médiatique, la réponse des gouvernants est toujours l’inhumanité. Face à cela, nous devons rassembler largement autour de l’exigence de mesures d’urgence pour éviter d’autres catastrophes humanitaires, et imposer ensemble des vraies solutions contre toutes les exploitations et les oppressions.

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