Le NPA en congrès

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Notre 3e congrès s’est déroulé du vendredi 30 janvier au dimanche 1er février. Durant trois jours, les 193 déléguéEs représentant plus de 1 400 votantEs ont discuté, débattu... et voté. Plusieurs motions concernant nos interventions, par exemple pour une campagne sur le climat (46,32 %), sur notre intervention féministe (92,59 %) ou sur la lutte contre l’extrême droite (98,95 %), ont été adoptées, ainsi qu’une motion de campagne contre l’union nationale (70,59 %) reproduite en page 10. Une motion spécifique sur les échéances électorales de 2015 et 2017 a aussi été adoptée (59,90 %). Ce congrès a aussi ouvert le chantier d’une élaboration sur notre stratégie (63,49 %). Enfin il a élu notre direction – paritaire – composée de 95 camarades (accompagnéEs de 95 suppléantEs), dont une majorité vient des régions.
Pour rendre compte politiquement de ce congrès, nous ouvrons nos colonnes aux différentes plateformes qui s’y sont exprimées.


Plateforme 1 (35,42 %)

« Tourner la page »... de ce congrès, revenir aux réalités

Pendant que nous tenions notre congrès, deux événements ont illustré les contradictions de la situation. D’un côté, la menace représentée par le FN est une nouvelle fois confirmée par l’arrivée en tête de sa candidate à l’élection législative partielle dans une circonscription ouvrière du Doubs. De l’autre, une semaine après la victoire de Syriza en Grèce, la marche pour le changement organisée par Podemos à Madrid a regroupé 150 000 personnes.

D’ici 2017, la route reste longue
Autant dire que centrer notre congrès sur la question électorale et faire le choix d’exclure à priori et à tous les niveaux toute alliance et toute discussion (sauf éventuellement avec LO !?) est loin de répondre aux nécessités de la période. Cette décision est loin de la réalité elle-même, et d’ici 2017, nous n’abandonnons pas l’espoir et le combat pour que, à la chaleur d’une remobilisation, se dégage une issue sociale et politique : une opposition de gauche au gouvernement, qui refuse toutes alliance avec le PS et exclut tout rabibochage de l’union de la gauche, unitaire, porteuse des luttes anti-austérité, contre les grands projets inutiles et pour le climat, antiraciste et antisécuritaire, féministe et internationaliste.
Nous ne doutons pas qu’alors nos camarades qui ont joué avec le feu du repli sur soi à ce congrès, et ont rendu possible une majorité de circonstance sur la question électorale, sauront, elles et eux aussi, saisir cette possibilité.

Refuser l’union nationale, mobiliser
Aujourd’hui, l’essentiel est de réagir à la situation à la fois révélée et créée par les attentats et d’agir vite face à la récupération opérée par le gouvernement. Face à l’union nationale cimentée par l’islamophobie et contre l’offensive sécuritaire, autoritaire et guerrière, notre congrès a su exprimer ce qui doit rester la raison d’être du NPA, la radicalité contre le gouvernement et contre tous les racismes, et la détermination à construire une riposte unitaire.
L’année va être rythmée par la montée de la mobilisation pour « changer le système pas le climat ». Pour les anticapitalistes, cette mobilisation sera l’occasion de donner un nouveau souffle aux luttes à la fois sociales, écologiques et internationalistes contre le capitalisme et son productivisme, d’y faire vivre notre projet écosocialiste, un enrichissement, une radicalisation et un approfondissement de notre projet de transformation révolutionnaire de la société. Autant de raisons d’y mettre toutes nos forces...

Indépendants et solidaires
Contre la loi Macron, contre l’ensemble de la politique gouvernementale et l’offensive des capitalistes, contre l’extrême droite, nous défendrons et nous porterons une politique unitaire et radicale. Syriza et Podemos montrent chacun à leur manière qu’une force ou un regroupement de forces indépendantes, à gauche du PS, peut représenter un outil saisi par les exploitéEs et les oppriméEs pour en finir avec les politiques capitalistes imposées aux peuples d’Europe. Nous mettrons toute notre énergie pour que les espoirs soulevés deviennent des réussites.
Tout pas en avant des unEs peut donner force et confiance aux autres, mais les défaites sont aussi contagieuses. L’heure n’est donc ni à la chasse aux illusions ni aux prophéties de trahisons, mais à la solidarité agissante.
Au sortir de ce congrès, « tourner la page » d’un NPA ouvert et intégré au mouvement réel est moins que jamais d’actualité. L’orientation unitaire, radicale et anticapitaliste, plus de 35 % des voix, reste celle qui a rassemblé le plus de militantEs du NPA. Elle continuera à se faire entendre ces prochains mois !
L’équipe d’animation de la plateforme 1


Plateforme 2 (26,04 %)

Un congrès au milieu du gué...

Pour toutes celles et ceux qui se sont investiEs dans la bataille politique menée par la plateforme 2 il y a, à la fin de ce congrès, un sentiment partagé entre la fierté du travail accompli, l’insatisfaction devant la difficulté à lever des blocages, des inquiétudes aussi pour la suite.
La fierté du travail accompli car toutes et tous peuvent en juger, la pf2 a beaucoup aidé au débat tant sur les questions politiques générales que sur les questions internes et de fonctionnement.
L’objectif était audacieux, porter les clarifications indispensables tout en contribuant à rassembler le parti sur son socle commun, le regroupement des anticapitalistes et des révolutionnaires.
Les clarifications ont eu lieu : la prise en compte de la rupture des classes populaires avec la gauche, la nécessité de retrouver notre boussole de l’indépendance de classe, nous dégager des confusions des formules de l’opposition de gauche et du gouvernement anti-austérité pour ne pas prêter le flanc à des amalgames entre la nouvelle mouture d’union de la gauche de Mélenchon et nous.
Pour la grande majorité des camarades s’est aussi clarifiée l’articulation entre politique unitaire et politique du NPA pour redonner la priorité aux tâches de construction, d’implantation dans le monde du travail et la jeunesse.
Autre acquis important, le congrès a abouti à des décisions largement majoritaires par-delà les tendances. La motion pour une campagne contre l’union nationale, la motion sur la lutte contre l’extrême droite s’appuyant sur le document « Texte sur l’extrême droite et le FN », la motion sur le climat, la motion féministe, le texte sur notre intervention dans les entreprises et notre activité dans les organisations syndicales même s’il n’a pas été soumis au vote. Sans oublier la motion sur les élections actant qu’aucun accord n’était possible pour les prochaines échéances électorales avec le Front de gauche.
Nous aurions pu espérer que nous pourrions aboutir à une déclaration nous adressant à l’extérieur, aux travailleurEs, aux jeunes définissant les tâches et ambitions du NPA dans les mois qui viennent.
Malheureusement, nos efforts se sont heurtés aux luttes fractionnelles. La plateforme 1 est restée fermée sur une orientation qui induisait la rupture avec la plateforme 3 et celle-ci, qui regroupe deux courants constitués en fractions publiques, ne visait qu’à constituer une nouvelle majorité allant de la 2 à la 5.
Un congrès donc paradoxal à travers lequel s’est exprimée la contradiction entre la politique nécessaire pour rendre notre parti efficace, clarifier et rassembler, et les luttes de tendances constituées.
Cette contradiction ne se résoudra pas par des mesures administratives ou en cultivant les hostilités. Nous ne pourrons la surmonter qu’ensemble en élaborant et mettant en œuvre une politique répondant aux besoins de la situation, des luttes et mobilisations ainsi qu’à la défense de nos idées pour reconstruire autour de nous une conscience de classe.
Notre plateforme n’a pas vocation à se transformer en courant ou tendance pérenne. Notre tendance c’est le NPA, et nous continuerons le travail accompli durant ce congrès avec l’ensemble de nos camarades en poursuivant le débat au quotidien à la lumière de notre activité militante, de nos expériences communes, de nos tâches de construction dans le monde du travail et la jeunesse, sans rendre les autres responsables de nos difficultés.
Un vaste chantier est ouvert alors que la colère des peuples commence à rompre le carcan des politiques d’austérité. Tout concourt à donner sa force au projet de rassemblement pour la transformation révolutionnaire de la société. Ensemble soyons à la hauteur de nos responsabilités.

Le comité d’animation de la plateforme 2

 


Plateforme 3 (21,88 %)

Une page tournée... mais pas encore d’orientation ni de direction alternatives

Le 3e congrès du NPA a confirmé le choix exprimé dans les AG locales de tourner la page de la recherche d’accords électoraux avec les organisations du Front de gauche. Plus globalement, le rejet, par près de deux tiers des militants, de l’orientation défendue par la majorité sortante constitue une bonne nouvelle pour tous ceux qui se battent, depuis des années, contre une orientation polarisée par nos relations avec les réformistes.
Néanmoins le NPA sort du congrès sans orientation ni direction alternatives. Nous avons pourtant tout fait pour rassembler les délégués P2, P3, P4 et P5 autour de quelques axes d’orientation majoritaires issus des AG autour d’une déclaration de fin de congrès. Malheureusement la P2 a refusé cette démarche. Avec ses 26 %, la P2 porte ainsi une lourde responsabilité sur la probable aggravation de la crise de direction dans la prochaine période, voire sur le fait de laisser à la direction sortante, pourtant minorisée, les mains libres pour continuer de mener sa politique, notamment à travers les porte-parole.
Nous avons tout fait avec les 22 % des délégués de la P3 pour éviter ce scénario. Dès la veille du congrès, en proposant de sortir avec la P2 une déclaration sur la base de ce qu’elle-même avait défendu dans les AG ou dans les instances de direction (indépendance à l’égard du réformisme en France ainsi que vis-à-vis du gouvernement Syriza en Grèce, clarifications stratégiques partielles, importance accrue à donner à l’intervention en direction de la classe ouvrière), pendant le congrès, en acceptant d’amender le texte proposé par la P2. Mais le refus de la part des dirigeants de la P2 d’acter cette mise en minorité politique de la majorité sortante les a conduits au plus absurde des paradoxes.
Dans la mesure où la P1 refusait de voter leur projet de déclaration avec nos amendements et ceux de la P5, les dirigeants de la P2 ont retiré le texte qu’ils avaient pourtant soumis eux-mêmes à la discussion. Par-delà nos désaccords avec ce texte, la P5 et nous-mêmes avons pris nos responsabilités et avons soumis au vote la déclaration présentée par la P2 à la tribune. Sans succès, car cette dernière a refusé de prendre part au vote ! Difficile à expliquer aux militants, comment on peut ne pas voter finalement une déclaration qu’on a écrite, dont on a accepté les amendements et qu’on a présenté soi-même devant le congrès. Du côté de la P4, les camarades ont préféré rester spectateurs du débat du NPA en refusant eux aussi de voter cette déclaration.
La direction de la P1 propose de soutenir le gouvernement de conciliation de classes en Grèce et théorise l’existence de « nouveaux réformismes », à l’instar de Syriza ou Podemos, qui justifierait une nouvelle attitude des révolutionnaires à leur égard. Malgré la mise en minorité de cette orientation et la décision positive concernant les prochaines échéances électorales, la question du réarmement stratégique en partant de l’expérience du NPA et d’une réorientation centrée sur l’implantation et l’intervention au sein de la classe ouvrière et de la jeunesse est décisive pour la construction d’un parti révolutionnaire.
Par-delà son score lors de ce congrès, la P3 a fait preuve d’une cohérence et d’une homogénéité croissantes, en restant ouverte à des accords circonscrits avec d’autres plateformes pour faire avancer le NPA, comme sur la campagne contre l’union nationale votée très largement par le Congrès. Ces acquis semblent déranger une partie des camarades, qui ont dénoncé au fil de leurs interventions « les tendances » comme étant responsables de tous les maux du NPA. Ces acquis seront, pour nous, un point d’appui pour poursuivre la construction du NPA révolutionnaire dont notre classe a besoin.



Plateforme 4 (6,77 %)

Quelles doivent être nos tâches à l’issue de ce congrès ?

Nous aspirons à être « l’aile marchante du mouvement réel » ont proclamé plusieurs délégués à la tribune du congrès du NPA qui s’est tenu ce week-end. Mais qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Qu’il faut juste marcher avec le mouvement ? Ne pas le regarder passer ? Ou bien est-ce que cela veut dire que notre objectif est d’avoir une influence sur le mouvement réel ?
Car ce n’est pas parce que le logo du NPA figure sur tel ou tel appel que nous sommes dans le mouvement réel. Encore moins que nous aurions une prise sur lui, sur un mouvement qui n’existe qu’à travers des déclarations et des bouts de papier. Il vaut mieux parfois que le NPA ne figure pas sur certains appels, ne soit pas identifié comme proche ou allié à tel ou tel parti, c’est-à-dire compromis avec sa politique.
Mais ce n’est pas non plus parce que nous ne figurons pas sur un appel et que nous avançons les bons mots d’ordre, le bon programme ou les bons « principes fondateurs », que nous avons une influence sur un mouvement réel. Ce n’est pas suffisant. Peser, avoir une influence, cela dépend de notre implantation. Cela dépend au final de notre capacité à intervenir dans les mouvements avec nos propres forces.
Et pour nous, communistes révolutionnaires, anticapitalistes, cette implantation et cette intervention politique doivent se faire en priorité dans la classe ouvrière et dans la jeunesse.

Priorité à l’implantation, nous sommes nombreux à nous déclarer d’accord sur ce point, sur ce que certains appellent la « centralité » de la classe ouvrière. Eh bien chiche ! Allons-y ! Quelle que soit notre plateforme, travaillons sérieusement à intervenir et à recruter dans la jeunesse, à implanter dans la classe ouvrière un courant politique anticapitaliste et révolutionnaire, ce qui suppose de militer en priorité sous notre propre drapeau, et pas exclusivement derrière celui d’un syndicat ou d’un collectif – en cherchant prioritairement on ne sait trop quelle « unité » derrière des directions politiques ou syndicales qui sont des soutiens du gouvernement contre les travailleurs. On en a encore eu un exemple le 11 janvier dernier, avec le ralliement unitaire des centrales syndicales derrière Hollande et sa politique de guerres à l’extérieur, de guerre de classe à l’intérieur.
Propageons et implantons nos idées révolutionnaires. Et confrontons nos expériences, faisons un état des lieux de nos interventions. Discutons de nos besoins. Parlons de tout cela dans nos comités, au CPN, au CE. Bref, que ce soit la préoccupation de toute l’organisation.

Oui, il faut que le NPA ait une position claire par rapport au Front de gauche, qui n’aille pas dans le sens d’une alliance politique durable avec celui-ci, d’un front politique pour une nouvelle version de la gauche plurielle, même rebaptisée « radicale ». Assumons notre propre politique et, contrairement aux autres partis, pas seulement lors des élections. D’autant plus que les élections sont une question annexe pour des révolutionnaires.
Nous n’échapperons pas à la confrontation régulière de nos orientations, de nos interventions. Le tout est que cette confrontation se fasse de manière franche et fraternelle. Cherchons d’abord à nous convaincre plutôt qu’à passer en force ou à imposer. Étant donné la situation du NPA, nous avons besoin de tout le monde. On n’est pas d’accord sur un certain nombre de points ? On ne s’est pas convaincu ? Ce n’est ni un drame ni une surprise.
Mais encore une fois, faisons ce sur quoi nous affirmons être d’accord : priorité au recrutement de jeunes, à l’implantation et à l’intervention dans les différentes luttes de la classe ouvrière. C’est une tâche éminemment politique.

2 février 2014, les délégués au congrès de la plateforme 4

 


Plateforme 5 (6,77 %)

Les logiques d’appareil empêchent le changement de cap voulu par la base… mais qui n’en est pas moins lancé

Nous avons défendu notre projet d’un NPA ouvertement révolutionnaire, porteur du projet communiste autogestionnaire, se construisant dans la classe ouvrière et participant aux luttes de touTEs les oppriméEs. En même temps, nous avons tout fait pour rassembler une majorité sur la base de points d’accord transplateformes pour mandater la nouvelle direction, en alternative à la politique de la direction sortante (P1).
Nous avons ainsi été à l’initiative de la motion A sur les élections : son adoption à 60 % (plus encore dans les AG électives) scelle enfin notre indépendance électorale par rapport au Front de gauche, non par posture mais en raison de nos différences programmatiques. Un des verrous pour que le NPA puisse exposer clairement sa politique a donc sauté. Il reste à s’assurer que cette motion soit respectée.
De plus, l’amendement que nous avions défendu avec la P2, reliant notre combat écologique à l’objectif de la révolution socialiste et de la planification démocratique, a également été majoritaire malgré une ultime manœuvre de la P1.
Enfin, nous avons contribué à l’élaboration durant le congrès de la motion décidant une campagne contre l’union sacrée et l’islamophobie, elle aussi majoritaire.
Tout cela constitue des acquis très positifs pour le parti.
Après les AG électives mettant en minorité la P1, nous avions clairement annoncé notre objectif pour ce congrès : regrouper les déléguéEs des P2, 3, 4 et 5 autour d’une déclaration de congrès actant les points communs de ces plateformes et les votes majoritaires des AG pour relancer la construction sur un nouvel axe. Nous avons tout fait pour parvenir à cet objectif malgré les ambiguïtés permanentes des dirigeantEs P2 et des relations bien peu fraternelles. Nous étions tout près du but : un groupe de travail (P2-P5) a intégré au projet de texte P2 des amendements P3 et P5. Rompant avec la ligne du « gouvernement anti-austérité », il mettait en avant l’objectif d’un gouvernement anticapitaliste des travailleurs/ses, en rupture avec les institutions bourgeoises. Il disait que sans annulation de la dette, sans nationalisation des entreprises stratégiques, sans rupture avec les traités de l’UE, les promesses de Syriza ne pourraient pas être tenues. Il définissait une priorité d’implantation dans les entreprises et une orientation en rupture avec les bureaucraties syndicales. Enfin, il intégrait le contenu de la motion A sur les élections et de la motion climat amendée. C’était inacceptable pour la P1. Mais cela convenait sur le fond aux P2, P3 et P5, même si c’était un texte de compromis. Nous aurions pu avoir, pour la première fois dans l’histoire du NPA, une déclaration de congrès majoritaire issue d’un travail d’élaboration commun…
Finalement, la P3 a fait savoir in extremis qu’elle voterait avec nous la déclaration. Mais la P2 a décidé de ne pas prendre part au vote sur son propre texte sous prétexte que la P1 n’en voulait pas. La logique d’appareil a donc pris le pas sur la logique politique du congrès et sur le sens des votes majoritaires.
Au final, la déclaration a donc été minoritaire, au grand soulagement de la P1, qui peut remercier les dirigeantEs P2 qui ont refusé d’acter sa mise en minorité et de prendre leurs responsabilités. Les tendances sectaires de la P3 ont malheureusement facilité ce défilement de la P2. Mais cette détestable logique d’appareil ne pourra masquer bien longtemps la réalité qui s’est massivement exprimée dans les AG électives : les militantEs veulent rompre avec la politique qui a mené le parti dans l’impasse. Si le changement reste très partiel maintenant, il s’imposera d’autant plus fortement demain !

La délégation P5 au congrès

 


Plateforme 6 (3,13 %)

En finir avec nos divisions, pour un parti collectif et fraternel

La P6 est issue du regroupement de 4 plateformes locales, elles-mêmes ­issues d’une insatisfaction face à la division du parti, à la multiplication des plateformes, notamment à la division P1-P2 que nous considérons comme absurde et néfaste.
Nous avons, hélas, vécu un congrès sans surprise. Les discussions ont été largement dominées par les rivalités internes, s’achevant par l’incapacité déconcertante de s’entendre sur une déclaration commune qui aurait permis de regrouper le parti et de nous mettre en mouvement pour mener les batailles à venir.
Les camarades de notre plate­forme critiquent un parti englué dans une crise interne, un fonctionnement qui manque de démocratie, de transparence, de liens collectifs et fraternels. Nous en avons ras-le-bol et cherchons une issue.
Certes, nos difficultés sont essentiellement la conséquence d’une situation sociale et politique très dure : le climat de résignation générale et l’absence de mobilisations sont forcément un handicap pour un parti militant et contestataire comme le NPA. Nous manquons logiquement de quoi nous aérer et nous vitaliser.
Mais les retournements de ­situation, comme en témoignent les événements de Grèce et ­d’Espagne, sont possibles et de réelles possibilités existent.
Il n’est pas contradictoire, mais complémentaire, d’être fermes sur nos positions et d’avoir une attitude ouverte et unitaire. Nous devons être des acteurs lucides et critiques, et non des commentateurs et des donneurs de leçons.
Oui, notre parti trinque et se fragilise toujours un peu plus. Ce n’est pas une raison pour le traiter aussi mal. Nous avons besoin d’un sursaut pour nous relancer et poursuivre l’objectif initial : construire un parti anticapitaliste, large et unitaire.
Aujourd’hui, il y a urgence à stopper la fragmentation. Il y a urgence à réunifier le parti. Cela ne signifie pas qu’il faut ignorer les désaccords entre nous qui sont parfois importants. Mais on doit pouvoir faire la part des choses. Les désaccords, même quand ils relèvent de profondes divergences politiques, doivent pouvoir se discuter respectueusement et sereinement, tout en travaillant ensemble.
À continuer ainsi, il y a un vrai risque d’éclatement du parti, un vrai danger d’implosion et de disparition. Nous sommes encore de nombreux militants dévoués, combatifs, investis dans la plupart des batailles, à faire vivre des collectifs unitaires, à tenter de faire converger les résistances partout où l’on est, à bâtir l’organisation. Nous n’avons pas le droit de gaspiller ce que nous avons commencé à construire.
Pour cela, nous devons prendre au sérieux nos problèmes de fonctionnement qui sont des problèmes politiques à part entière. Nous devons combattre les mauvaises habitudes, les égos, les prétentions, les tentations de cliques…
Notre parti n’est pas tel que nous l’espérions, mais il existe et il est précieux. Nous devons tout faire pour le préserver car malgré ses défauts, c’est un outil militant unique et utile, sans équivalent sur la scène politique, radicalement anticapitaliste et profondément unitaire.
La période est difficile mais nous avons toutes les raisons de croire que nous pouvons être utiles à notre camp social. Nous avons bien l’ambition d’aider et de participer, avec d’autres organisations, à reconstruire le mouvement social, à préparer l’affrontement avec le patronat et le gouvernement, à mettre en œuvre notre solidarité avec les luttes des peuples, en Europe comme partout dans le monde.

 

Nos invités
Des représentantEs de différentes organisations françaises étaient présents à notre congrès : Alternative libertaire, Ensemble, Gauche unitaire, Lutte ouvrière et le Parti de gauche.
Notre congrès était aussi le rendez-­vous de beaucoup d’inter­nationaux :
Fathi Chamki, député Front Populaire-LGO (Tunisie)
PST (Algérie)
Voie Démocratique (Maroc)
Partido Igualdad (Chili)
ISL, RSB, NAO (Allemagne)
Anticapitalistas (État espagnol)
Sinistra anticapitalista, Communia network, PCL (Italie)
MPS, Gauche anticapitaliste (Suisse)
ISO (États-Unis)
ainsi que la Coordination nationale de solidarité avec le peuple kurde
et le Comité sans-papiers Saint-Just Paris 17e qui a pris la parole à notre congrès.

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