Une délégation du NPA le 11 novembre à Barcelone

-A +A
International
agir

Une vingtaine de camarades du NPA se sont rendus le 11 novembre à Barcelone pour participer à la manifestation géante pour la libération des prisonnierEs politiques catalans. 

Les consignes des organisateurs, ANC et Omnium, étaient de ne pas « afficher » son appartenance politique, de porter le « llaç groc » (ruban jaune), symbole de l’exigence de la libération des prisonnierEs politiques, et de ne brandir que le drapeau catalan, dans ses trois versions : catalaniste (bandes rouges et jaunes sans signe particulier), républicaine (étoile bleue), révolutionnaire (étoile rouge). Après l’étonnement de voir nos drapeaux rouges du NPA, nous n’avons pourtant entendu que des « merci », « gràcies », « gracias » et « Visca Repùblica catalana ».

« Presse espagnole manipulatrice »

Les chiffres, à Barcelone comme à Paris, sont toujours sujets à controverse politique. Ça n’a pas raté cette fois-ci encore. Les grandes agences de presse internationales se sont empressées, dès 18 heures, d’annoncer 750 000 participantEs, le décompte officiel de la Guarda Urbana, alors qu’un bon tiers des manifestantEs faisaient toujours du surplace dans les rues adjacentes à celle de la Marina avant de pouvoir remonter jusqu’au podium central au carrefour de Salvador d’Espriu, soit 3,3 kilomètres d’une Marina pleine à craquer.

Antoni Morell, journaliste de VilaWeb, a procédé à une « étude fondée sur la surface occupée par la grande manifestation pour la libération des prisonniers politiques ». Il en conclut, pour une surface d’environ 1 250 000 m2, que ce sont entre 1 et 1,5 million de personnes qui se sont rassemblées samedi à Barcelone.

La polémique sur les chiffres n’est pas neutre. L’ANC et Omnium ayant annoncé, avant la manifestation, que leur objectif était d’atteindre, voire de dépasser celui du million de la Diada (fête nationale de la Catalogne) du 11 septembre de cette année, il n’est évidemment pas indifférent de savoir s’il a été atteint.

Et c’est sans hésitation qu’entre 19 heures et 20 heures, heure officielle de dissolution du rassemblement, enfin parvenus sur la Marina, après avoir piétiné deux heures durant à l’angle d’Almogavers et de Wellington, nous nous sommes époumonés d’un « Premsa espanyola manipuladora » (« Presse espagnole manipulatrice ») à l’unisson de la foule massée au pied de l’échafaudage d’une télévision espagnole dont la journaliste commentait en direct l’événement.

Dans la foule, on pointait le doigt ou on dressait le poing en direction de l’hélicoptère de surveillance de la police nationale à chacun de ses passages en l’invectivant d’un rageur « Fora ! força d’ocupació » (« Dehors la force d’occupation ») et, comme un pied de nez aux encore maîtres du ciel, d’un tonitruant « Els carrers sempre seran els nostres » (« Les rues seront toujours nôtres »). Et bien sûr, rythmées au tambour, on chantait à pleins poumons les paroles de la chanson L’Estaca1, ce maudit poteau planté en 1714 au cœur de la Catalogne par les mercenaires espagnols de l’aïeul, Felipe V de Borbón, du chef de l’État d’aujourd’hui, et auquel est toujours enchaîné « grand-père Siset » le Catalan, au refrain tellement actuel :

Segur que tomba, tomba, tomba / C’est sûr, il tombera, tombera, tombera,

I ens podrem alliberar / Et nous pourrons nous libérer.

Pierre Granet

 

  • 1. L’Estaca est une célèbre chanson composée par le chanteur Lluís Llach en 1968, symbole de la lutte contre l’oppression franquiste en Catalogne, et désormais symbole de la lutte pour la liberté.

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.