Congrès de la Quatrième internationale

Du 25 février au 2 mars s’est tenu le 17e congrès mondial de la Quatrième internationale, qui réunit aujourd’hui 55 sections et organisations sympathisantes et observatrices dans 40 pays, regroupant au total plus de 13 000 militantEs. 

Autour de 180 militantEs ont participé à ce congrès, venus d’Europe, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie, où l’Internationale s’est le plus développée ces dernières années.

Le stade actuel de la mondialisation capitaliste

Les débats étaient essentiellement centrés autour de quatre questions. Le point sur le stade actuel de la mondialisation capitaliste, des puissances impérialistes, du chaos politique a été l’occasion de débattre de la confrontation entre l’impérialisme étatsunien et la Chine – nouvelle puissance mondiale poussant ses investissements bien au-delà de l’Asie –, d’aborder aussi de nouvelles questions : les résistances contre le réarmement nucléaire, la montée des violences et des crises humanitaires. Nos camarades américains, turcs et philippins ont témoigné de l’agressivité de la présidence Trump, des régimes de Duterte ou d’Erdogan en Turquie. De même, les déléguéEs pakistanaisEs ont relaté l’activité contre la réaction islamiste, et la mobilisation pour la libération de notre camarade Baba Jan condamné à perpétuité pour son action au côté des populations du Gilgit Baltistan chassées de leurs terres inondées par les grands travaux gouvernementaux. 

Destruction capitaliste de l’environnement

Un nouveau document sur la destruction capitaliste de l’environnement et l’alternative écosocialiste cible la nécessité d’un programme d’affrontement contre les politiques capitalistes responsables de l’aggravation d’une situation déjà catastrophique pour des centaines de millions d’êtres humains. Il souligne les nombreuses mobilisations organisées notamment à l’initiative de communautés paysannes, des femmes, des peuples autochtones, illustrées par les camarades d’Amérique latine, du Bangladesh… Le texte a permis de débattre de l’action pour que le mouvement syndical s’empare de ces questions en dépassant l’antagonisme entre maintien des emplois et remise en cause des productions dangereuses. 

Un troisième thème abordait les dynamiques des transformations du salariat – croissance, notamment dans les nouveaux pays industrialisés, montée de la précarité et défis pour le mouvement syndical – et de l’action des mouvements sociaux. La très importante activité du mouvement féministe contre les violences et les féminicides, pour la défense des droits des femmes, fut relatée notamment par les camarades mexicaines, mais aussi d’Asie et d’Europe, avec de nombreuses mobilisations, et bien sûr la puissante remise en cause du patriarcat à travers de la vague mondiale de #MeToo.

Stratégie de construction

Enfin, la dernière discussion portait sur la stratégie et le bilan de l’orientation pour la construction de partis à même de mener les combats contre l’exploitation et les oppressions pour un renversement révolutionnaire du capitalisme. Elle a été éclairée entre autres par les expériences des gouvernements brésilien, vénézuélien, de la vague des « printemps arabes », des affrontements du peuple grec contre la troïka. Un document a été adopté par la majorité des sections de l’Internationale. Deux textes remettant en cause cette orientation ont été minoritaires.

À l’issue de ce congrès, de nombreuses tâches sont tracées : le renforcement de nos structures de formation et d’échanges à travers nos instituts en Europe et en Asie, une meilleure efficacité de nos sections européennes et latino-américaines, et la prise en charge de notre développement en Afrique et au Moyen-Orient. 

Léon Crémieux

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