Conférence nationale du NPA : textes soumis au vote

Position A 

Les prochaines échéances électorales de 2012, la présidentielle et les législatives, seront l’occasion de défendre les aspirations et les exigences qui s’expriment à travers les luttes et les résistances du monde du travail contre Sarkozy et le patronat.

Le bilan de la démarche de rassemblement des anticapitalistes initiée au CPN de mars ne permet pas d'envisager la possibilité d'une candidature de regroupement anticapitaliste au niveau électoral. Les initiatives prises par le NPA depuis plusieurs semaines montrent la grande faiblesse des éléments disponibles pour un tel rassemblement : peu de réponses, appel à des primaires de toute la gauche, etc.

Alors que le contenu programmatique et stratégique et la forme de l’alliance entre le PCF et le PG est connue publiquement (la candidature Mélenchon à la présidentielle et une répartition pour les législatives), il est clair qu’il n’y a pas d’accord possible avec les forces politiques du front de gauche pour la présidentielle et les législatives.

Le NPA décide d’être présent à l'élection présidentielle avec une candidature anticapitaliste, écologiste, anti-impérialiste, indépendante du PS et de ses alliés, mettant au premier plan les mobilisations et la nécessité de leur convergence. Nous voulons dans cette campagne être les porte-parole des luttes des salariéEs, des précaires, des jeunes, des sans-papiers... Nous faire l’écho des révolutions dans les pays arabes pour montrer que seule l’intervention directe des travailleurs et des peuples peut - par des grèves et des luttes d'ensemble - changer le rapport de forces, refuser ce système et le renverser.

Nous défendons un programme de rupture avec le capitalisme, pour le partage des richesses, pour que les travailleurs et la population ne payent pas la crise. C’est un programme pour les luttes, le défendre et le populariser pour aider aux mobilisations est la seule réponse à l’imposture populiste du FN. Nous sommes convaincus qu’il n’y a pas d’issue à la crise sociale, politique et écologique dans le cadre d’une alternance, du respect des institutions et de la propriété privée.

Les éléments précis et actualisés de ce programme feront l’objet d’une élaboration collective de l’ensemble du parti, travail dont la conférence nationale de juin constitue le point de départ. Nous chercherons à rassembler dans cette campagne toutes celles et ceux qui s'y reconnaissent.

Le Conseil Politique National des 14 et 15 mai décide donc :

. de lancer la recherche des 500 signatures en vue de la candidature du NPA

. la mise en place d'une commission élue du CPN préparant la candidature à l'élection présidentielle (définition des critères, recherche de la candidature, etc.)

. l'organisation courant juin d'un débat et d'un vote de l'ensemble des militantEs du NPA sur l'orientation pour 2012 donnant lieu à l’élection de déléguéEs pour une Conférence Nationale le week-end du 25 et 26 juin 2011 tranchant notre orientation. Cette CN discutera du programme défendu lors de cette échéance et arrêtera le nom de notre candidatE à l'élection présidentielle.

Alain P, Antoine, Armelle, Christine, Gaël, Jean-François, JB, Mathilde, Marie-Hélène, Olivier B, Pierre, Sandra, Vanina, Yvan. 


Position B 

Nous vivons une situation inédite qui nécessite que les militants du NPA décident par leur vote de l’orientation de notre parti en ce qui concerne les échéances de 2012. Le basculement de la situation politique internationale et nationale, l’entrée en campagne de la plupart des courants politiques, la décision d’Olivier Besancenot de ne pas se présenter sont autant d’éléments qui ont modifié substantiellement notre situation. Non pas que nous soyons attachés à cette élection particulièrement emblématique des institutions de la V° république. Non pas que nous succombions à notre tour aux délices de la course aux candidatures. Mais parce que nous savons d’expérience que ce moment électoral est l’occasion d’exprimer des rapports de force et de s’adresser à des millions d’hommes et de femmes.

La crise économique sociale et financière se poursuit à travers la planète alors même que les menaces écologiques se précisent de jour en jour. Les plans d’austérité se succèdent dans tous les pays d’Europe, avec l’objectif évident de faire payer la crise aux travailleurs. Les mobilisations de résistance se déploient dans de nombreux pays d’Europe sans parvenir à se coordonner et à atteindre un niveau de rapports de force suffisant pour faire plier les gouvernements au service des intérêts des financiers, banquiers et autres actionnaires.

Effet réfracté de la crise économique, alors que les dictatures corrompues des pays arabes ont délibérément ruiné leurs peuples pour s’approprier les richesses produites, des révoltes décidées et résolues se sont muées en révolutions pour obtenir en Tunisie et en Egypte le départ des affameurs. La révolution du monde arabe ne cesse de s’étendre suivant l’exemple de la Tunisie et de l’Egypte : Libye, Syrie, Barhein, Yémen. Les peuples payent un lourd tribut face à la répression mais ne cèdent pas.

En France, la droite sarkozyste surfe plus que jamais sur les thèmes sécuritaires, racistes et xénophobes, cherchant à regagner son influence perdue auprès des couches populaires en mal d’identité dans la situation de crise économique et sociale actuelle. Ce faisant, elle ne fait que favoriser l’extrême droite.

La percée significative du Front National et son influence sur le monde du travail sont significatifs de la profondeur de la crise, de l’absence d’une alternative anticapitaliste crédible et de l’échec des récentes mobilisations sociales. Gagnant en crédibilité au travers de sondages qui placent Marine Le Pen systématiquement au second tour, le Front National concourt désormais ouvertement pour jeter son influence directe sur toutes les sphères de la société, revendiquant le pouvoir : implantation syndicale, enracinement politique, programme de gouvernement. Cela donne d’autant plus de poids à son message de haine xénophobe et de division du peuple et du monde du travail.

La gauche libérale, d’accompagnement du système, celle du directeur du FMI et du PS est incapable d’offrir une alternative et cogère la crise du système comme le montre la politique menée par les gouvernements socialistes portugais, espagnols ou grecs, et défend une société productiviste et nucléarisée. Le programme annoncé par le PS pour cette élection ne rompt pas avec cette logique.  Rien sur l’annulation des principales mesures antisociales de la droite. Rien sur les salaires et le pouvoir d’achat. Rien sur la défense des services publics. Rien sur la transition énergétique. Le PS ne peut compter que sur le rejet de Sarkozy pour espérer l’emporter aux prochaines présidentielles. EE-LV surfe sur la prise de conscience écologique de la population en se contentant de proposer un capitalisme teinté de vert, sans jamais rompre avec le PS et les logiques libérales et productivistes.

Il est plus que temps qu’une alternative anticapitaliste et écologiste exprimant les besoins et les aspirations de la population, des jeunes et des travailleurs, ouvrant une perspective à leurs mobilisations trouvent les moyens de s’exprimer et de peser.

Le NPA a adopté à son premier congrès un programme intitulé « nos réponses à la crise ». Il veut offrir une perspective de rupture avec la société capitaliste, rupture qui ne pourrait être menée que par un mouvement d’ensemble de la population remettant en cause le pouvoir absolu qu’exerce l’oligarchie capitaliste sur la société et posant la question d’un gouvernement démocratique des travailleurs et de la population. Nous refusons de payer la facture de crises qui ne sont pas les nôtres.

Cela implique :

- d'augmenter les salaires et les revenus afin de récupérer la part volée par les profits dans la répartition des richesses (plus 300 euros nets pour tous et toutes), échelle mobile des salaires, pas de revenus et de minima sociaux en dessous de 1500 euros nets.

- de combattre les précarités et le chômage par une réduction du temps de travail à 32 heures avec embauche proportionnelle obligatoire sans flexibilité, interdire les licenciements ; supprimer tous les emplois précaires et leur substituer un contrat unique et stable (CDI dans le privé et emploi statutaire dans la Fonction publique et le secteur public) ; partager le travail entre toutes et tous ; en finir avec les inégalités salariales entre les hommes et les femmes ;

- d'abroger les mesures antisociales prises par la droite, à commencer par la loi Woerth sur les retraites, ainsi que les mesures portant atteinte aux libertés.

- de défendre le droit à une retraite pleine et entière à 60 ans,

- d’abroger les réformes qui cassent les services publics, notamment dans la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche ;

- de défendre et développer les services publics ;

- De s’engager résolument et rapidement dans la sortie du nucléaire : d'arrêter les réacteurs nucléaires de plus de 30 ans, et de stopper les nouveaux projets portés par l’industrie nucléaire française aussi bien en France qu'à l’étranger. Pour une sortie du nucléaire en 10 ans.

- d'exproprier les multinationales de l'énergie et de planifier dans le cadre d’un service public de l’énergie sous le contrôle des salarié-e-s et de la population le développement des énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétique ainsi que le maintien des emplois et le reclassement collectif des tous les salarié-e-s de la filière. Ce service public aurait pour tache de mettre en oeuvre des tarifs associant gratuité des consommations pour assurer les besoins sociaux et tarifs fortement progressifs pour lutter contre les gaspillages.

- d'adopter un plan de transition écologique contraignant et global permettant de stopper les productions inutiles ou dangereuses (comme les gaz de schiste), de modifier les types et modes de productions ou d'exploitations notamment en matière d'énergie, de transport, de construction, de production agricole et alimentaire, et assurant réellement la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique.

- d'exproprier les banques et les compagnies financières et mettre à leur place un service public bancaire sous le contrôle des travailleurs et de la population ;

- d'annuler la dette qui au nord comme au sud étrangle les peuples ;

- d'organiser le soutien aux peuples en lutte contres les dictatures, la dette et la misère ; de combattre l’impérialisme en se prononçant contre toute intervention militaire occidentale, pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et d’Afrique, pour la sortie de l’OTAN ;

- de lutter contre le racisme : régularisation, droit de vote, égalité ; abrogation de toutes les lois sécuritaires et anti immigrés votées ces dernières années ;

- de défendre les droits et les libertés démocratiques pour en en finir avec les institutions antidémocratiques de la V° république en France et du Traité de Lisbonne en Europe.

- Pour un processus constituant permettant de faire trancher par la population l’ensemble de questions permettant de réorganiser la société sur de nouvelles bases : c’est-à-dire pas seulement l’organisation des pouvoirs mais aussi le droit des travailleurs, le droit des femmes, les services publics…Ce qui implique de favoriser toutes les formes d’auto-organisation, de démocratie active et directe, de prise en charge par la population de ses propres problèmes.

Ce programme est à la fois un programme de luttes et un plan d'urgence qu'un gouvernement par et pour la majorité de la population devrait mettre en oeuvre. Le défendre, le populariser pour aider aux mobilisations est un moyen de répondre à l’imposture du FN qui ose prétendre représenter les classes populaires, lui qui ne vise qu’à servir le camp des classes dominantes.

Ce programme implique la dénonciation de l’Europe de la BCE et des multinationales pour construire une autre Europe, celle des travailleurs et des peuples.

Ce sont les propositions du NPA à l’action et au débat qui anime toutes celles et tous ceux qui refusent que la crise soit payée par la majorité de la population. Nous savons qu’une grande partie de ce projet est partagée par des hommes et des femmes, des militants et des militantes du mouvement social, syndical, des mouvement de la gauche radicale et anti-productiviste.

Au moment de l’élection présidentielle, c’est le pouvoir central qui est en jeu ce qui implique un accord global sur un programme de rupture pour aujourd'hui et un projet de société pour demain.

Face aux ravages de la crise, à la politique de N. Sarkozy et au danger du FN, nous demeurons convaincus que la situation politique exige une politique de rassemblement de tous ceux et toutes celles qui n'ont pas renoncé à rompre avec ce système.

C’est pourquoi le NPA a initié une démarche pour un rassemblement anticapitaliste, pour agir dans les prochaines mobilisations sociales et en vue d’une campagne commune des anticapitalistes pour les prochaines échéances électorales. Il s’est adressé à l’ensemble des forces politiques à la gauche du PS et aux animateurs et animatrices du mouvement social.

Ce rassemblement vise à construire un bloc indépendant du PS, c’est-à-dire ne participant ni à une majorité gouvernementale ni à une majorité parlementaire avec la social-démocratie et susceptible de se battre autour d’un programme de rupture.

Le NPA mettra en oeuvre cette orientation avant, pendant et après les élctions.

Pour l’heure, les conditions du rassemblement pour lequel nous militons ne sont pas réunies : appel pour des primaires de toute la gauche signés par certains animateurs du mouvement social, refus du Front de Gauche d’affirmer clairement l’impossibilité de gouverner avec le PS et de constituer avec lui une majorité parlementaire, une candidature de J.L. Mélenchon qui ne saurait incarner ce rassemblement…

Pour autant, le NPA poursuit sa politique de rencontres et de confrontations stratégique et programmatique à tous les niveaux. Il s’efforce de mobiliser les énergies disponibles pour porter ce projet de rassemblement anticapitaliste indépendant du PS. Il défendra publiquement cette démarche dont l’enjeu va au-delà de 2012.

Dans ces conditions, il décide d’avoir sa propre candidature à l'élection présidentielle et de préparer les élections législatives qui suivront.

Nous proposons dans ce cadre, aux militants du NPA de présenter une de ses deux porteparoles à l'élection présidentielle. Si nous parvenons à lever les obstacles au rassemblement que nous appelons de nos voeux, le NPA sera prêt à retirer sa candidature au profit d’une candidature de rassemblement anticapitaliste.

La présentation d’une candidature nécessite une mobilisation large du parti afin de mettre en place l'ensemble du dispositif de campagne et en particulier la récolte de signatures. Le CPN et le CE sont mandatés dès maintenant afin d’engager l’ensemble du dispositif nécessaire avant les vacances d’été.

Une Conférence Nationale sera convoquée les 25 et 26 juin afin d'affiner nos axes de campagnes et notre orientation dans la situation politique. Les assemblées locales se tiendront dans les quinze jours qui précèdent.

Aguirre, Catherine, Coralie, Damien, Emre,Flavia, Fred, Guillaume, Hélène, Ingrid, Marie-Do, Monique, Myriam, Olivier M, PF.


Position C : pour une campagne présidentielle anticapitaliste et révolutionnaire, donnant aux luttes une expression politique indépendante

Ce texte est une version amendée et complétée de la motion initialement préparée par Jean-François (P2) et Yvan (gauche de la P1) pour le CPN des 15-16 mai. Face à la décision des camarades de la P2 et de la gauche de la P1 de ne pas soumettre leur texte à la discussion et de le retirer au profit de la motion commune avec une parte de la P1 (Christine et Sandra), une première version de ce texte amendé a été soumise au vote dès le CPN (parue dans Info CE le 18 mai). La présente version définitive pour la Conférence nationale ajoute une introduction et quelques amendements supplémentaires.

 


La crise que traverse notre parti, relancée de plus bel par la décision d’ Olivier de ne pas se présenter en 2012, va au-delà de la seule question électorale. Elle impose d’urgence la reprise de la discussion sur le projet politique et le type de parti que nous voulons: un parti de la «gauche de la gauche», suiviste à l’égard du Front de gauche, ou un parti anticapitaliste et révolutionnaire, anti-impérialiste et internationaliste, se construisant par une intervention en profondeur au sein de la classe ouvrière et de ses luttes? Cette discussion doit se mener dans tout le parti et permettre de clarifier les ambiguïtés du projet fondateur. Se contenter de maintenir l’état actuel des choses et de présenter une candidature propre serait insuffisant et ne permettrait pas de relancer la dynamique du parti, alors que la situation y est favorable: poursuite de la crise capitaliste, luttes nombreuses quoique dispersées, processus révolutionnaires dans les pays arabes, impressionnante mobilisation en Espagne, etc. C’est en partant de cette analyse générale que nous faisons les propositions suivantes pour les présidentielles.

La crise économique et financière loin de connaître une issue comme font semblant de la croire les gouvernements s’aggrave. Leur politique d’aide aux banques et au patronat ne cesse de creuser les déficits, la crise de la dette s’approfondit avec pour la population la rigueur et l’austérité. Le chômage et la précarité ne cessent de croître, les prix grimpent. Les nouveaux cadeaux fiscaux de Sarkozy aux riches s’accompagnent du blocage de nos salaires, de nouvelles attaques contre nos services publics en particulier dans la santé et l’éducation.

La politique des classes dominantes et de leurs États entraîne un recul social sans précédent. Elle est responsable de la catastrophe nucléaire au Japon, nucléaire dont Sarkozy se fait ici le champion au nom d’Areva. Responsable aussi de la guerre en Afghanistan comme en Lybie où, sous couvert de lutte contre le terrorisme ou pour la démocratie, les grandes puissances dont la France défendent leur domination sur le monde, leur droit à piller les peuples. Elle bafoue le droit des peuples et la démocratie, flatte le racisme et la xénophobie, créant ainsi un terreau favorable aux idées populistes et d’extrême-droite.

Face à cette offensive globale contre les travailleurs et les peuples, le mouvement de l’automne contre la réforme des retraites, les mobilisations des travailleurs grecs, portugais ou anglais montrent la voie en résonance avec la vague de révolutions dans le monde arabe qui ébranle les dictatures et le pouvoir des possédants et des riches, amis des multinationales.

Dans ce contexte, les prochaines échéances électorales de 2012, la présidentielle et les législatives, seront l’occasion de défendre les aspirations et les exigences qui s’expriment à travers les révoltes ouvrières et populaires. Elles seront pour nous, exploités et opprimés, un encouragement à nous organiser, à nous mobiliser pour faire respecter nos droits, imposer nos exigences, contester la mainmise du capital sur la société et l’Etat pour exiger le droit de décider et de contrôler la vie sociale et économique.

Face à l’appauvrissement d’une large partie de la population, nous voulons défendre un programme de transition qui réponde aux besoins de la situation: construire l’unité d’action du monde du travail et de la jeunesse, affirmer notre refus de payer les frais de leur crise, contester le droit des capitalistes à sacrifier nos vies pour leurs profits:

  • Augmentation des revenus de 300 euros, avec un minimum de 1500 euros nets pour toutes et tous, que l’on soit au chômage, en activité ou à la retraite, échelle mobile des salaires,
  • Aucun licenciement jusqu’à l’interdiction des licenciements et répartition du travail afin de garantir à toutes et tous un emploi et un salaire, travailler moins pour travailler tous; lorsqu’un patron veut fermer un site de production ou une entreprise, il faut lutter avec la perspective d’aller jusqu’à l’occuper, la mettre sous le contrôle des travailleurs et exiger son expropriation par l’Etat, sans rachat ni indemnisation; arrêt des suppressions de postes et recrutement au statut de tous les personnels nécessaires dans la fonction publique à partir des besoins établis par les travailleurs eux-mêmes; titularisation de tous les précaires dans la Fonction Publique, un CDI pour toutes et tous dans le privé, interdiction du travail précaire;
  • Annulation de toutes les lois contre nos retraites adoptées depuis 1993, pour les 37,5 annuités et la retraite à 60 ans à taux plein,
  • Défense et développement des services publics pour mettre fin à la politique de privatisation,
  • Abrogation de toutes les lois et dispositions racistes et discriminatoires à l’égard des immigrés, régularisation de tous les sans-papiers, et mise en place de mesures contraignantes pour imposer sans délais l’égalité entre français et immigrés dans tous les domaines.
  • Mesures contraignantes pour imposer l’égalité hommes/femmes dans tous les domaines, notamment en matière d’emploi et de salaires; arrêt des fermetures des centres d’IVG et de toutes les mesures visant la remise en question du droit à l’avortement; égalité des droits, droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels.

La mise en œuvre de ces mesures d’urgence nécessite de construire un autre rapport de force, aider à faire converger les luttes, pour aller vers un mouvement d’ensemble, la grève générale. Elle implique d’exproprier les entreprises du CAC 40 sans indemnité ni rachat et de les nationaliser sous contrôle ouvrier, car ce sont elles qui dominent le pays et sont les principales exploiteuses des travailleurs et des peuples. Cela signifie l’annulation de la dette publique, la nationalisation et l’unification des banques dans un même organisme sous le contrôle des travailleurs et de la population.

Nous voulons dans cette campagne être les porte-parole des luttes des salariés. Nous faire aussi l’écho des révolutions dans les pays arabes pour montrer que seule l’intervention directe des masses opprimées peut changer radicalement le rapport de forces par des grèves et des luttes de masses, refuser ce système et le renverser.

Le programme que nous voulons défendre pose la question de qui dirige, la question du pouvoir. Nous devons dire clairement dans notre propagande que seul un gouvernement des travailleurs issu des luttes et reposant sur leurs organismes d’auto-organisation serait à même de prendre de telles mesures remettant en cause le pouvoir politique et économique des classes dominantes pour changer réellement la société, vers le communisme, la société sans classes et sans État.

Un tel gouvernement romprait avec les institutions de la Ve République et de l’Union européenne inscrirait sa politique dans la perspective de la construction d’une Europe révolutionnaire et socialiste des travailleurs et des peuples, et se déclarerait solidaires avec les processus révolutionnaires arabes en cours actuellement et contre toute intervention impérialiste. Face à la crise écologique, il exproprierait les trusts du nucléaire (EDF, Areva…) et mettrait en œuvre une politique pour sortir de toute urgence du nucléaire et développer de façon planifiée les énergies renouvelables.

Pour la classe dominante, l’enjeu des élections de 2012 est de tenter de redonner un nouveau souffle au pouvoir. Si Sarkozy venait à l’emporter, ce serait un encouragement à continuer sa politique antisociale. Si le Parti socialiste l’emportait, et quel que soit son candidat, ce serait pour poursuivre tout autant l’offensive contre les salariés dans la continuité de ce qui se déroule en Grèce, en Espagne ou au Portugal. La position du PS de soutien à l’intervention en Libye, y compris au sol, et ses liens passés avec le pouvoir de Ben Ali, montrent que celui-ci n’a rien à envier à la droite concernant les rapports impérialistes de la France.

Le FN flatte le rejet de la droite et de la gauche pour prétendrereprésenter les classes populaires, mais en réalité il ne cherche qu’à les diviser pour mieux les attaquer et servir les classes dominantes. Il se nourrit de la crise, des surenchères racistes et anti-immigrés, des déceptions nées de l’alternance entre gauche et droite. Le combattre, c’est engager la mobilisation pour l’urgence sociale et démocratique.

Contre la droite et l’extrême-droite populiste, face à la gauche libérale intégrée au système, face aux directions syndicales qui collaborent avec le patronat et le gouvernement et principales responsables de la défaite revendicative de l’automne, nous voulons contribuer à l’émergence d’une opposition ouvrière et populaire qui défende la perspective d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme.

Les discussions engagées depuis le dernier CPN montrent que les ambiguïtés des antilibéraux en particulier du Front de gauche qui prétendent pousser à gauche le Parti socialiste et mener leurs réformes dans le cadre d’une nouvelle majorité, aux présidentielles comme aux législatives, ne peuvent se concilier avec une réelle politique répondant aux besoins du monde du travail.

En revanche, il n’a pas été possible d’entamer une discussion avec Lutte ouvrière qui a refusé d’être mise sur le même plan que le Front de gauche et critiqué le contenu flou et ambigu de notre courrier. Or l’orientation que nous proposons ici rend possible et nécessaire une nouvelle démarche à l’égard de LO en vue de candidatures communes à la présidentielle et aux législatives. C’est ainsi que nous pouvons éviter la dispersion des voix anticapitalistes face au PS et au Front de gauche et continuer de défendre notre politique de regroupement des anticapitalistes et révolutionnaires — tout en permettant bien sûr l’expression propre de notre parti dans le cadre d’un accord électoral, comme pour l’ex-LCR en 1999 et 2004.

Pour les législatives, nous lancerons des listes indépendantes du PS et du Front de gauche qui intègrent des militants syndicaux lutte des classe, des travailleurSEs et des jeunes en lutte et radicalisé-e-s.

Nous devons convaincre le maximum de jeunes, de travailleuses et de travailleurs, la grande masse des exploitéEs et des oppriméEs que voter pour une candidature anticapitaliste assumant pleinement son projet un moyen parmi d’autres de marquer son rejet du système actuel tout en redonnant espoir à notre camp social. Mais nous devons surtout les convaincre qu’il est nécessaire d’organiser notre camp syndicalement, politiquement et dans des comités de lutte de toutes sortes, car les véritables conquêtes ne peuvent être obtenues dans les élections, mais seulement par la lutte de classes directe.

À défaut d’un accord avec LO, le NPA présenterait sa ou son propre candidatE, ce qui suppose de lancer dès maintenant la collecte de signatures.

Le choix définitif entre les deux possibilités et, le cas échéant, le choix du candidat ou de la candidate du NPA seront pris à l’occasion de la conférence nationale en juin, qui rassemblera les délégué-e-s élu-e-s par les AG électives selon le même dispositif que pour le congrès.

L’objectif est de nous rassembler, et de nous mobiliser pour porter nos idées et perspectives, les axes de notre campagne tant dans les combats quotidiens, sur tous les terrains d’interventions (les entreprises, les quartiers, la jeunesse), que dans les futures échéances électorales.

Nous voulons faire de cette campagne électorale, présidentielle, puis législative, une campagne de construction dans la perspective des luttes et mobilisations à venir.

Claude (comité de Commercy, Meuse), Daniela (CPN, P4/CCR, Saint-Ouen), Ludivine (CPN, P4/TC, Paris), Ludovic (CPN, P4/TC, Nanterre 92 nord/ENS Paris), Manu (CPN, P4/CCR, Chartres), Marie (CPN, P4/TC, Paris), Vincent (P4/CCR, Mulhouse).

 

 

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