Conseil politique national : une rentrée sous le signe des luttes

La direction de notre organisation se revoyait pour la première fois depuis l’université d’été où, de l’avis général, la tonalité combative du meeting devait nous indiquer en partie la marche à suivre pour la rentrée. À l’entrée de ce CPN, l’enjeu était de discuter pour essayer de ressortir avec un plan pour l’action.

Après un mois de septembre parsemé de luttes, on assiste à une nouvelle phase de mobilisations, dont certaines ont nettement marqué la situation sociale et politique, comme celle des travailleurEs de la RATP le 13 septembre, et cela malgré la dispersion organisée par les directions syndicales. Tout cela s’inscrit dans la continuité d’une année marquée par le mouvement des Gilets jaunes, les luttes des enseignantEs, des parents d’élèves, des postiers, des quartiers populaires, la montée des mobilisations féministes, pour le climat, des urgences, contre les licenciements...
C’est donc une bonne nouvelle qu’une feuille de route ait été adoptée à la majorité relative des votantEs (46 %) et que son contenu, ainsi que la perspective d’un départ en grève illimitée à partir du 5 décembre, lancé par des syndicats de la RATP rejoints par des syndicats de cheminots et des routiers, aient concentré les débats, quelles que soient les nuances. La colère et la détermination d’une frange de notre camp social continuent de s’exprimer mais le risque est de nouveau de rentrer dans une nouvelle ribambelle de luttes éparses avec un scénario couru d’avance : des défaites revendicatives et, en face, un pouvoir qui prend la confiance et hésite de moins en moins à déployer son arsenal répressif via la police et la justice.


Regrouper largement pour riposter
La motion donne donc la possibilité au parti de tenter d’avancer ensemble avec une indication d’intervention sur le terrain de la lutte des classes :
« Le NPA œuvre à ce que le plus grand nombre d’acteurEs agissent ensemble autour d’objectifs concrets et, sans nier les désaccords qui existent, par la discussion et la confrontation des points de vue, contribuent à l’unité de notre camp social. L’objectif étant de tenter de regrouper et faire que des secteurs de travailleurEs en lutte (AG d’enseignantEs, inter-urgences, intergares, salariéEs de la RATP…), Gilets jaunes, collectifs locaux contre la réforme des retraites, fronts de lutte des quartiers (Comité Adama…), contre les violences policières, mouvements de la jeunesse, notamment pour le climat, des courants politiques, syndicaux (Front Social, équipes lutte de classe…) et associatifs déterminés à lutter contre Macron… se rencontrent et discutent d’une stratégie pour notre camp social, pour la convergence, contre la politique du gouvernement, et contre le "dialogue social".
Nous nous appuyons sur la légitimité et l’audience de nos porte-paroles, mais aussi sur notre activité militante de terrain, sur nos camarades implantés, pour exercer une pression sur l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier pour qu’elles agissent.
Nous défendons également la nécessité que des équipes militantes d’entreprise, des militants politiques implantés et différents fronts de lutte prennent des initiatives qui permettent de regrouper des secteurs qui refusent la politique de division des directions et qui perçoivent l’importance de se regrouper pour définir le meilleur plan de bataille dans la situation »
Bien sûr, la mise en musique reste à faire, mais c’est déjà un premier pas qui reprend une partie importante de l’intervention d’Olivier Besancenot au meeting de l’université d’été sur la nécessité d’unir les combats.


Ne pas passer notre tour aux municipales
De même, à quelques mois des élections municipales, pas question de passer notre tour. « C’est pourquoi le NPA présentera des listes du NPA partout où cela est possible. » Mais l’unité des révolutionnaires restant un élément central de la situation, nous souhaiterions qu’il s’exprime dans ces élections par des listes communes avec Lutte ouvrière. Nous entamerons en tout cas des démarches en ce sens.
Enfin, la répression devenant une tendance permanente de la situation et un moyen systématique du gouvernement de tenter de faire taire la contestation, nous apporterons tout notre soutien aux camarades qui doivent passer en procès.
D’abord pour Victor, étudiant à la fac de Nanterre, dont le procès pour avoir « mordu » un flic lors de l’intervention ultra violente de cette même police durant une assemblée générale étudiante pourrait entraîner de lourdes sanctions. De même que pour Roga lui aussi en procès au même moment.
D’autre part, nous serons là lors du procès en correctionnel de notre camarade Gaël Quirante. Après 15 mois de grève reconductible à La Poste du 92, une victoire revendicative au bout, ça ne passe pas pour la direction qui tente de trouver encore les moyens d’affaiblir cette solide équipe militante et leurs collègues. Le procès aura lieu le 18 décembre à Nanterre. La mobilisation de toutes et tous est essentielle !
Enfin, pour que notre parti puisse mener sa politique, exprimer sa solidarité financière pour celles et ceux qui luttent, se présenter aux élections, nous avons besoin d’argent et lançons une nouvelle souscription.

Denise Sarraute

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