Une chasse aux sorcières dans l’éducation nationale !

Le gouvernement a trouvé ses responsables aux attaques de Charlie Hebdo. Après avoir défilé aux cotés de grands dictateurs, il s’attaque à… l’école.

En 10 jours, deux enfants de 8 ans ont été convoqués au commissariat pour « apologie du terrorisme ». Peu importe les propos tenus en classe, il est ahurissant de voir que l’institution y répond par une judiciarisation excessive.

En parallèle trois enseignants se sont vus chassés de leur classe. Les deux premiers de l’académie d’Orléans et de Mulhouse ont été réintégrés très rapidement dans leurs classes suite à une réaction immédiate et très forte des collègues et des parents d’élèves.

Le troisième, Jean-François Chazeran, enseignant à Poitiers, passera en conseil de discipline le 13 mars… Le recteur n’entend rien !

Il est bon de rappeler que notre bon recteur a, il y a quelques semaines, transmis aux chefs d’établissement du secondaire, par l’intermédiaire de son équipe, un power-point islamophobe. Sa seule sanction fut une augmentation de sa prime annuelle de plus de 10 000€... S’il y a quelqu’un à sanctionner c’est bien lui !

Il faut réagir et vite !

Les collègues de Jean-François Chazeran le soutiennent, les parents d’élèves aussi ici

Jeudi 5 février ses collègues de la Vienne seront en grève et iront devant le rectorat à 10h, témoigner leur mécontentement et leur volonté de le revoir devant sa classe. Ils seront aussi à 7h45 et 12h devant son lycée, Victor Hugo.

Allons nous aussi le soutenir !

Enfin, il est toujours possible de signer la pétition en ligne : ici

L’intersyndicale du lycée a écrit au recteur :

Monsieur le Recteur,

L’intersyndicale du Lycée V. Hugo tient à vous faire connaître sa stupéfaction à l’annonce de la suspension pour quatre mois de notre collègue Jean-François Chazerans.

Nous ne comprenons pas qu’une décision d’une telle gravité ait pu être aussi rapidement prise, et alors que le recueil de témoignages ne semble avoir concerné qu’un nombre extrêmement restreint d’élèves sur la totalité de ceux que Monsieur Chazerans a en charge.

Nous sommes inquiets du fait qu’un professeur puisse être aussi sérieusement mis en cause sur l’unique base de ce que quelques élèves peuvent rapporter sur ce qui peut être dit en cours. La gravité de la situation et des accusations portées à l’encontre de notre collègue aurait mérité que d’autres élèves et adultes de notre établissement soient amenés à témoigner.

Nous lisons depuis quelques jours dans la presse, qui rapporte, entre autres, vos propos Monsieur le Recteur et ceux de Monsieur le Procureur de la République, que cette mesure aurait été justifiée par « des plaintes de familles » faisant état de « propos déplacés pendant la minute de silence ». Les termes « apologie du terrorisme » sont également évoqués.

Nous pouvons témoigner que, malgré les délais d’organisation très courts, la minute de silence s’est tenue dans notre établissement sans incident, ni de la part des élèves, ni de la part des enseignants. Elle s’est tenue dans la cour du lycée, avec gravité et dignité. Nous ne comprenons pas comment M. Chazerans peut se retrouver accusé d’avoir tenu des propos déplacés pendant ce moment-là.

Par ailleurs, connaissant les engagements citoyens et humanistes de notre collègue, nous ne pouvons croire qu’il ait pu tenir des propos pouvant être assimilés à une apologie du terrorisme.

Au lendemain des attentats qui ont visé Charlie Hebdo et l’épicerie HyperCacher de Vincennes, dans ce lycée, comme dans beaucoup d’autres, les professeurs ont tenté de répondre aux élèves, de calmer leurs émotions en les aidant à passer à l’analyse, le tout dans la plus grande solitude. Les mesures prises à l’encontre de collègues mais aussi d’élèves, depuis la mi-janvier, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ne permettent pas de ramener la quiétude nécessaire au bon fonctionnement du service public d’Education_ aujourd’hui, à la fois sollicité et mis en cause dans les médias. Tout particulièrement au Lycée Victor Hugo, nous nous sentons désormais sous la menace de mauvaises interprétations de nos propos éventuels par nos élèves, mais aussi sous la menace d’une enquête expéditive, à charge et d’une mesure dont nous ne comprenons les motifs.

Nous sommes tous conscients de nos devoirs de fonctionnaires, mais aussi de nos devoirs et droits de citoyens, libres de penser et libres de soumettre à nos élèves des éléments d’analyse des événements pour les aider à comprendre et à développer un regard critique sur le monde dans lequel ils vivent. Cela ne fait-il pas partie de notre mission éducative et républicaine ?

Nous demandons, Monsieur le Recteur, la réintégration de M. Chazerans dans ses fonctions d’enseignant de philosophie au Lycée Victor Hugo de Poitiers dans les plus courts délais.

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