TVA : c’est la classe !

L’augmentation de la TVA depuis le 1er janvier montre une fois de plus que ce gouvernement mène une politique d’injustice économique et sociale, un choix de classe. Car cette augmentation de la TVA pèsera deux fois plus sur les plus pauvres que sur les plus riches ! 

La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est un impôt sur la consommation créé par la France en avril 1954. Il a même fait des petits, puisqu’il s’est imposé dans 118 pays, dont tous les pays d’Europe. Personne n’échappe à cet impôt prétendument « indolore », y compris le SDF qui achète un bout de pain. Contrairement à l’impôt sur le revenu (même si cela est de moins en moins vrai), la TVA n’est pas un impôt progressif (plus on est riche, plus on paie) puisque cette taxe est  basée sur le prix du bien, par application d’un taux qui ne varie pas. 
De très longue date, la gauche et en particulier le Parti socialiste ont toujours dénoncé cet impôt dégressif. Hollande lui-même a été l’un de ses plus grand détracteur, critiquant lors de sa campagne présidentielle le « choc de compétitivité » de Sarkozy qui consistait à faire un cadeau sans contrepartie aux entreprises, en le faisant financer par l’impôt le plus injuste socialement… Allant même jusqu’à dire : « il n’y a aucun courage à demander aux Français de payer davantage d’impôts. »
Mais ça c’était avant ! Avant les 20 milliards d’euros aux entreprises sous la forme de crédit d’impôt… financés par la hausse de la TVA au 1er janvier 2014.

Faire les poches des plus pauvres 
L’augmentation de la TVA va baisser drastiquement notre pouvoir d’achat déjà en chute libre. Toutes les études économiques, en particulier le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires de 2011, montrent que toutes les hausses de TVA ont été répercutées par des augmentations des prix par les entreprises.
La SNCF a déjà annoncé que l’augmentation de la TVA de 7 à 10 % applicable aux billets de train conduirait à leur hausse de 3 %. Idem du côté des magasins Leclerc qui annoncent aussi une hausse des prix, et ce n’est que le début… Ajoutons à cela les augmentations « annuelles », comme le tabac, les timbres ou les tarifs bancaires, sans aucun coup de pouce pour le Smic ou la majorité des salaires… Le choix du gouvernement Hollande-Ayrault consiste donc bel et bien à abaisser encore plus le niveau de vie de la majorité de la population.
Ce choix est doublement injuste puisqu'il fait payer plus les pauvres que les riches : les ménages les plus modestes consacrent environ de 13 % de leurs revenus à la TVA, pour les ménages les plus aisés c'est seulement 8 %. C’est donc bel et bien un choix politique de classe, celui d’augmenter la fiscalité des ménages avec la TVA pour faire baisser celle des entreprises. Dix milliards d’euros en 2014, dix de plus en 2015, ponctionnés sur la consommation, dans l’unique objectif de provoquer une baisse du coût du travail. 
Une fiscalité plus juste ne peut donc se concevoir sans la suppression des impôts frappant la consommation. Rappelons que la Révolution française a supprimé les impôts indirects (gabelle…). Nous revendiquons donc la suppression de la TVA, en commençant dans un premier temps par la création d’un taux zéro sur les produits de première nécessité. La suppression de la TVA n’implique toutefois pas que l’on se prive de prix administrés, par l’intermédiaire d’une taxe sur la consommation. Ainsi un taux majoré, très élevé, pourrait être appliqué sur les produits de luxe et ceux dont on ne souhaite pas encourager la consommation pour des raisons sociales ou écologiques. Tout le contraire de ce que fait ce gouvernement.

Sandra Demarcq

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