Trains nucléaires Flagrant délit de dissimulation

Le 21 janvier, un convoi de 7 wagons transportant chacun cinq containers d’U308 (uranium appauvri) à destination de la Hollande a déraillé à l’entrée des voies de service de la gare de Saint-Rambert-d’Albon (Drôme). 
Un wagon sorti des rails nécessite l’intervention des véhicules et équipes de secours de la SNCF. Très vite, la préfecture, la SNCF, Areva et EDF communiquent : aucune activité radioactive, aucun danger. Circulez, il n’y a rien à voir ! Mais un militant de l’association Vivre est rapidement sur les lieux. Son constat et les photos prises sur place donnent une autre mesure à « l’incident » évoqué par les autorités.
À son arrivée, un « château » nucléaire chargé de combustible usé en provenance du Tricastin et très fortement radioactif (une demi-heure à son contact provoque la dose annuelle permise) est stationné dans les quais voyageurs de la gare de Saint-Rambert. Il y restera plus de trois quarts d’heure, tandis qu’un autre « château » également en provenance d’une autre centrale de la région (Saint-Alban) est déjà sur place sur les voies de service. Un « château » nucléaire de près de 110 tonnes est donc passé peu de temps avant sur la portion de voie qui s’est effondrée et un deuxième s’apprêtait à le faire.
Un danger quotidien
Un « château » circule chaque jour en France à destination de La Hague et au départ des 58 réacteurs nucléaires français. Comme les deux de Saint-Rambert, ces wagons sont amenés à circuler sur des voies de service de la SNCF, voies mal entretenues et responsables de nombreux déraillements malgré une vitesse très faible (20 km / h maximum). 
Il est inadmissible et criminel que l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) se voit interdire un contrôle de ces itinéraires fréquents de convois nucléaires. Voies de services, passages à niveau et tunnels, autant de portions de voies ferrées périlleuses pour des « châteaux » nucléaires ou même des transports d’uranium ou de produits chimiques. Pour le NPA, il devient urgent, comme cela avait été décidé en 1998, d’interdire ces convois et de mettre fin au trafic des déchets nucléaires.
Dominique Malvaud

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