Tout-sécuritaire et islamophobie : ripostons !

Dès les premières heures qui ont suivi les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher au début du mois de janvier, une désagréable musique s’est faite entendre : les musulmans étaient sommés de se « désolidariser » des assassins, la « lutte contre le terrorisme » impliquerait une restriction des libertés et une multiplication des interventions militaires, « les Français » devraient tous s’unir, au-delà des clivages politiques et sociaux, contre un adversaire commun...

Lors de son congrès, trois semaines après les tueries, le NPA décidait de s’engager dans une campagne contre l’union nationale, l’islamophobie, l’offensive sécuritaire-autoritaire et la poursuite des expéditions impérialistes. Une campagne évidemment articulée avec une dénonciation sans ambiguïté de tous les racismes, y compris et notamment l’antisémitisme.

L’offensive se poursuit
Multiplication des agressions et des propos islamophobes, propositions de loi pour l’interdiction du port du voile à l’université, banalisation de la présence militaire dans les rues, surveillance renforcée d’internet, condamnations à répétition pour « apologie du terrorisme », censure de réunions publiques, notamment dans les universités, convocation d’élèves – parfois âgés de moins de 10 ans – dans des commissariats de police, encouragement à la délation chez les enseignants, Front national au centre de la vie politique, etc. Quand bien même « l’état de grâce » de Hollande et Valls et le consensus politique national auraient fait long feu, force est de constater que l’offensive se poursuit et même s’approfondit.
Heureusement, nombreux sont ceux qui, à l’instar du NPA, refusent de courber l’échine face à cette offensive tout azimuts, et de plus en plus de voix se font entendre pour refuser d’adhérer à un nouvel ordre « post-Charlie », raciste, sécuritaire et autoritaire, que l’idéologie dominante voudrait nous imposer.

La réplique s’organise
Nombre de réunions publiques et meetings ont ainsi été organisés et, partout, le constat et le même : une partie significative de la population refuse le silence qu’on voudrait lui imposer et est disposée à discuter, débattre et se mobiliser contre la déferlante raciste, les restrictions des libertés et la volonté de mettre au pas la jeunesse.
Ainsi à Grenoble, le 10 mars, 500 personnes sont venues débattre avec Edwy Plenel de la situation « post-Charlie » (voir compte rendu page 10). À Saint-Denis, le 6 mars dernier, au moins autant de gens se sont déplacés lors d’un meeting contre l’islamophobie et le tout-sécuritaire. Une initiative qui a fait débat, y compris au sein du NPA, mais auquel notre organisation a décidé de se joindre, à juste titre au vu du succès de l’événement et de la qualité des interventions : témoignages de victimes de l’islamophobie, Syndicat de la magistrature dénonçant la dérive sécuritaire, collectifs de quartier contre les violences policières, Union juive française pour la paix affirmant le lien indissociable entre lutte contre l’islamophobie et lutte contre l’antisémitisme, etc.
Tout en produisant son matériel et en développant ses arguments politiques, le NPA continuera évidemment à s’associer à ces initiatives unitaires, et contribuera au développement d’un large front contre l’offensive en cours, combattant fermement ceux qui tentent, du côté d’une certaine extrême droite, d’attiser les flammes de l’antisémitisme pour détourner de ses objectifs cet indispensable combat. Prochain rendez-vous ce 21 mars dans la rue !

Julien Salingue

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