Succès du meeting BDS contre le sionisme et l'antisémitisme avec Pierre Stambul à Toulouse

La réunion organisée par BDS Toulouse et l'UJP le mardi 9 juin a réuni 300 personnes (dont de très nombreux jeunes) venues écouter Pierre Stambul, Georges Gumpel et André Rosevègue - tous trois militants de l'Union Juive Française pour la Paix - sur le thème "Antisionisme/antisémitisme: à qui profite l'amalgame?". Ils ont présenté une voix juive antisioniste, pour l'égalité et la paix, et pourquoi l'UJFP soutenait la campagne BDS (Boycott - Désinvestissement - Sanctions). Pierre Stambul, fils de déporté et survivant du groupe Manouchian, a expliqué: "La guerre que mènent les dirigeants israéliens contre le peuple palestinien n'est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire. C'est une guerre coloniale...Les sionistes instrumentalisent l'antisémitisme en considérant que toute critique d'Israël est antisémite. C'est leur ultime défense pour continuer à violer le droit international".

Le 31 mars, le Maire de Toulouse avait interdit la conférence-débat avec le professeur Farid Esack, ancien compagnon de Mandela et président du mouvement BDS en Afrique du Sud. Sous prétexte d'un trouble imaginaire à l'ordre public. Une plainte pour illégalité a d'ailleurs été déposée contre la Mairie de Toulouse. L'extrême droite pro-Israël a tenté cette fois sans succès de faire interdire la réunion en appelant à l'empêcher physiquement. Le site JSS News, la LDJ, le BNVCA se sont relayés pour appeler à une contre-manifestation devant la salle Barcelone. Après leurs rodomontades, c'est l'échec: le maire de Toulouse après consultation de la Préfecture ne peut interdire une nouvelle fois la réunion, leur contre-manifestation (protégée par la police) regroupera une vingtaine de personnes - auxquelles sont venues se joindre les présidents de la Licra et du Crif - et sera tenue à distance par un solide service d'ordre unitaire. Pourtant l'extrême droite israélienne a essayé encore d'empêcher le meeting par l'intermédiaire d'un hacker franco-israélien qui a fait "intervenir" le Raid contre Pierre Stambul qui l'a violemment arrêté comme un terroriste. Notre ami ne sortira du commissariat de Marseille que huit heures avant le début de la réunion toulousaine. Ils auront tout tenté et tout loupé grâce à la mobilisation large et déterminée de 300 personnes.
Nous avons pu mesurer le dépit des représentants sionistes toulousains dans la Dépêche du 11 juin, qui n'a pas donné la parole à Pierre Stambul, mais au président de la Licra pour dire:"Des gens hurlaient Juifs dehors, on ne vous veut plus, assez de juifs!" . Des propos aussi ridicules que mensongers et calomnieux de la part d'un personnage qui s'est joint aux militants d'extrême droite pour jouer - avec la présidente du Crif - les provocateurs à l'entrée du meeting.
Un succès certes mais qui appelle à la mobilisation la plus large pour faire échec à la campagne hystérique qui se déchaîne contre BDS, campagne cautionnée par la complicité du gouvernement français avec l'état d'Israël. Cinq mois après l'agression dont ont été victimes deux militants BDS par un commando d'extrême droite pro-israélien, nous n'avons toujours pas de nouvelles des plaintes, pas de nouvelles non plus de la Préfecture qui devait nous recevoir...
Ils ne nous feront pas taire et nous ne lâcherons rien.

Communiqué de BDS-France Toulouse300 personnes se sont pressées hier soir salle Barcelone à Toulouse pour écouter et débattre avec Pierre Stambul, coprésident de l'Union juive française pour la paix, soutenu par la présence de Georges Gumpel et d'André Rosevègue, autres personnalités de l'UJFP. Un débat sur l'opposition juive au sionisme et aux raisons du soutien de l'UJFP à la campagne BDS. Un public bien plus nombreux que celui des réunions publiques précédentes sur la Palestine depuis la fin de la deuxième Intifada.

Cette soirée n'avait pourtant rien eu d'évident. Une des raisons de son organisation conjointe par l'UJFP et par BDS France Toulouse était de répondre, politiquement et symboliquement, à l'interdiction, le 31 mars, de la même salle municipale pour une réunion avec le professeur Farid Esack, président de BDS Afrique du Sud. Pour justifier cette interdiction, combinant mensonge et calomnie, le maire de Toulouse a écrit qu'il s'agissait d'une "réunion publique autour de personnes condamnées pour discrimination et incitation à la haine raciale". Aussi la réunion d'hier intitulée "Antisionisme/antisémitisme : à qui profite l'amalgame" avait pour but de mettre au défi le maire d'interdire une réunion exposant le soutien des Juifs progressistes antisionistes à la campagne BDS.

Les groupes d'extrême droite pro-Israël ne s'y sont pas trompés. A commencer par le site JSSNews dirigé depuis Jérusalem, appelant à empêcher physiquement la réunion, ou au moins à fournir un prétexte à une annulation pour "risque de trouble à l'ordre public". Ensuite par le site des nervis de la LDJ, qui proposait d'appeler la ville et la préfecture pour faire interdire la réunion.

La tenue de la réunion a été un double échec pour les sionistes. La municipalité a eu le bon sens de ne pas pratiquer l'antisémitisme contre l'UJFP, et la contre-manifestation ("Des bus partiront de toutes les grandes villes de France (Nice, Marseille…) et les groupes parisiens arriveront par voiture, avion et train") s'est limitée à une vingtaine d'individus qui sont restés tenus à distance par un solide service d'ordre que nous remercions.

Le succès de la réunion a tenu aussi à la présence d'une assistance jeune qui, en grande partie, entendait pour la première fois l'exposition de l'opposition juive au sionisme et son soutien au BDS. C'est aussi un nouvel encouragement pour le comité BDS France Toulouse. La conférence de Pierre Stambul sera transcrite.

Plus que jamais le combat continue !

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