Saint-Denis : « Mamans » mobilisées contre les violences dans les quartiers

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Samedi 4 novembre, une centaine de personnes (habitantEs surtout, enseignantEs, militantEs associatifs et quelques éluEs) ont marché à Saint-Denis entre les cités Saussaie-Floréal-La Courtille (SFC) et Neruda et Allende, à l’appel d’un groupe de « mamans » mobilisées contre les violences.

Cette marche est l’aboutissement de la montée des tensions entre jeunes des différentes cités de la ville depuis plus d’un an, qui rebondissent régulièrement avec des agressions qui déclenchent des représailles, sans que personne ne puisse en situer l’origine. Au début de l’été, le climat était tel à SFC que plusieurs mères ont passé des nuits entières pour empêcher les jeunes d’aller régler leurs comptes avec ceux d’Allende.

Engrenage

Depuis la rentrée scolaire, l’engrenage s’accélère : autour des lycées, mais aussi des collèges les agressions se multiplient. Dans un collège, les enfants ne vont plus en cours de sport car ils ont été attaqués sur le chemin des installations sportives, avec leurs enseignantEs. Dans plusieurs lycées, des élèves décrochent à cause de ces agressions. Éléments déclencheurs pour les mamans : le 6 octobre des jeunes de SFC ont attaqué les personnels des urgences de l’hôpital Delafontaine où se trouvait un jeune d’Allende blessé ; et le 16 octobre une vingtaine de jeunes ont tenté de forcer l’entrée du LP Bartholdi, gazant et bousculant les AED et enseignantEs qui les en empêchaient. 

Refus des réponses sécuritaires

Les « mamans », qui sont bien conscientes qu’il n’y aura pas de réponse sécuritaire pour protéger leurs enfants des autres, mais aussi d’eux-mêmes, se sont alors tournées vers les établissements scolaires et les associations qui réussissent encore à survivre dans le quartier – une radio qui réunissait des jeunes des différentes cités ne va plus pouvoir fonctionner car son technicien en contrat aidé n’a pas été renouvelé. Elles ont en effet l’expérience, depuis les mobilisations il y a 3 ans pour obtenir des enseignantEs dans les écoles qui avaient permis d’obtenir un concours de recrutement exceptionnel dans le 93, que c’est en prenant nos affaires en mains directement que l’on a une chance d’avancer. 

Objectif atteint

L’objectif de la marche était de provoquer des discussions avec les jeunes pour leur montrer la préoccupation partagée par leurs « mamans », leurs enseignantES, de les voir s’enferrer dans une violence stérile alors qu’ils sont tous victimes des mêmes problèmes : galère dans les quartiers, école au rabais quand ils y trouvent une place, peur de l’avenir. Cet objectif a été atteint, puisque la pluie n’a pas découragé le cortège qui ne s’est arrêté que pour des interpellations de jeunes à l’écoute. De quoi encourager à continuer. De nouveaux rendez-vous sont pris pour envisager les suites.

Cathy Billard

 

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