Procès de militants syndicaux à Nice

Le 9 mai 2019, lors d’une manifestation syndicale unitaire de la Fonction Publique, des militant-es du syndicat de police Alliance se sont imposé-es dans une manifestation où ils/elles n’étaient pas désiré-es, compte tenu de leur positionnement à l’extrême droite.

Au début de la manifestation les organisateurs de la manifestation leur ont interdit de déployer leur drapeau et de prendre la parole. Dès lors, ces policiers, qui n’étaient pas en service et donc sans brassard réglementaire, collèrent au sein du cortège aux syndicalistes de Solidaires Étudiant-es et de la FSU, ne respectant pas ainsi l'ordre précis établi par les Organisations Syndicales . (La CGC auquel est affilié Alliance devant manifester en queue de cortège).

Comme habituellement à Nice, aucun incident à déclarer au cours de la manif.

Cependant la pression d’Alliance sur le cortège FSU a amené, brièvement des militant-es Fsu et Solidaires a lancé deux slogans : « Police partout, justice nulle part » (ce qui n’est qu’une citation de Victor Hugo parlant du gouvernement de Louis-Napoléon Bonaparte) et « Ils tirent au LBD, à bas les condés, ils tuent, ils blessent, à bas les CRS » (slogan entendu dans de nombreuses manifs en France durant le mouvement des Gilets Jaunes). Discrètement, des policier-es en service de la BAC se sont également aussi rapproché-es des militant-es.

À la fin de la manifestation, deux jeunes de Solidaires Étudiant-es, Dany et Alec, sont arrêtés discrètement par ces mêmes policier-es de la BAC, qui interpellent ensuite Olivier, militant de la FSU, pour « outrage ». En réponse à une demande d'explication, Olivier se voit violemment plaqué au sol avec clé d’étranglement avec trois policiers sur son dos (plaquage ventral).

Dans le fourgon, il retrouve Delphine qui avait essayé de lui venir en aide.

Durant les 24h de garde à vue, il ont essayé de coller à Olivier des « menaces de mort » en disant que « À bas » venait du verbe abattre ! Il est poursuivi pour « outrage, rébellion et violence ». Alec et Dany sont poursuivis pour « outrage », Delphine pour « violence ».

Suite à cette interpellation , Olivier a déposé plainte contre X pour « violences par personnes dépositaires de l’autorité », plainte qui sera en définitive classée. Aurait-il fallu qu'il décède sous le poids de trois policiers , pour que celle-ci soit prise en compte ?

Cet épisode répressif illustre bien la volonté de répression et d'intimidation du gouvernement envers les militants syndicaux et politiques.

Le 7 septembre, soyons nombreux à Nice pour soutenir nos camarades.

Rendez-vous à 13h devant le Palais de Justice.

Utilisons ce procès pour dénoncer à nouveau l'usage du pouvoir contre le mouvement social ainsi que l'offensive idéologique du syndicat « Alliance » au sein de la police.

 

 

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