Procès de la voiture brûlée le 18 mai 2016 : liberté !

-A +A
Société
actualité

C’était mercredi 27 septembre, matin du dernier jour du procès à Paris. Et la procureure est allée saluer les flics et leurs avocats. Tout un symbole…

Le 18 mai 2016 une voiture de police est brûlée par des manifestantEs. Manuel Valls, alors Premier ministre, annonce immédiatement « des sanctions implacables » ajoutant, en direction des flics, qu’il n’y a « aucune consigne de retenue ».

Seize mois plus tard neuf camarades ont été inculpéEs et sont passéEs en procès. Alors que la cour rendra son verdict le 11 octobre, le procureur a requis des peines de prison ferme pour plusieurs inculpéEs dont l’une de huit années !

Si on s’en tient aux faits, il s’agit de dommages matériels pour une valeur estimée par l’État à 6 100 euros. Les policiers qui occupaient la voiture n’ont jamais été mis en danger de mort comme a dû l’admettre l’instruction, qui a requalifié les faits en abandonnant la charge de tentative d’homicide.

Mais, pour l’État et son appareil judiciaire, les faits ne comptent que s’ils légitiment la répression. Quitte à les tordre en ce sens. La seule « preuve » est un témoignage « anonyme » qui s’est révélé être celui d’un agent des RG ! C’est sur la base de ce témoignage que quatre camarades sont inculpés alors même qu’il est faux sur des points essentiels. Un des inculpés désignés par ce flic a fait ainsi 42 jours de détention et risquerait aujourd’hui de la prison ferme… si un autre manifestant ne s’était pas dénoncé pour les faits qui lui étaient attribués !

Tu es coupable si tu détestes la police

Pour plusieurs des inculpéEs les peines sont requises, selon l’aveu du procureur lui-même, sur de simples « faisceaux d’indices » construits, à partir d’images vidéo, sur la logique du soupçon préalable. On désigne le coupable et on démontre ensuite que rien ne prouve que ce n’est pas lui ! Les choses, au moins, sont claires : est coupable celui/celle qui « déteste la police ».

Pour l’un des inculpés, menacé de quatre  ans de prison fermes, l’instruction n’est pas même capable de prouver sa présence sur les lieux. Mais il y avait une affiche antiflics là où il logeait. Mais une fois en détention il a reçu des courriers virulents contre l’État et la police…

Selon que tu es flic ou Adama…

Deux mois avant les faits un policier avait frappé violemment un lycéen de Bergson. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis et a été maintenu dans ses fonctions. Dans les semaines et les mois qui ont suivi la manifestation du 18 mai, Adama Traoré a été tué par des gendarmes, Théo Luhaka a été violé par un policier et Angelo Garand a été abattu par des gendarmes. Dans tous ces cas, les criminels sont en liberté.

Nous dénonçons une instruction menée à charge et des réquisitions politiques. Dans son réquisitoire, le procureur a rendu un hommage appuyé à la police et a vanté l’ordre républicain. S’il était un commis de l’État espagnol, plutôt que celui de l’État français, nul doute qu’il aurait aussi rendu hommage aux flics « républicains » qui ont tabassé ceux et celles qui voulaient voter en Catalogne !

Nous combattons cette justice de classe et le développement d’un État policier qui vise les quartiers populaires, la jeunesse et touTEs ceux et celles qui contestent l’ordre établi et se battent pour la justice.

Nous exigeons la relaxe et la liberté pour touTEs les prévenuEs de ce procès.

Nous exigeons vérité et justice pour les familles victimes de violences policières.

Nous appelons à participer aux initiatives de solidarité avec les inculpéEs et contre l’État policier et à venir au tribunal le 11 octobre.

Denis Godard

 

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.