Pour abolir le chômage, il faut interdire les licenciements !

Le 1er  jour du confinement, le premier ministre déclarait : «Interdire de licencier, je ne crois pas que nous en arrivions là» (France 2, 17/03/2020). C’est encore lui, au bout du rouleau, que Macron a envoyé faire voter à la hussarde son plan de déconfinement par une Assemblée Nationale fantoche. Déjà simple chambre d’enregistrement, celle-ci l’est encore plus depuis la loi d’urgence, qui donne à Macron les pleins pouvoirs pour être le chef de guerre du MEDEF. Il en aura bien besoin. La défiance à l’encontre du pouvoir pour régler la crise sanitaire (selon les enquêtes, les 2/3 de la population) n’est rien par rapport à la crise sociale à venir.

Aux États Unis, un·e travailleur·se sur 4 est en train de perdre son emploi. En France, du 17 au 31 mars, 300 000 personnes se sont inscrites à Pôle Emploi, tandis que la majorité des salarié·es du privé (10,5 millions sur un total de 19,7) est en chômage partiel. La réforme de l’assurance chômage va produire ses effets dévastateurs. La loi Travail (« faciliter les licenciements pour faciliter les embauches » !) va permettre aux patrons de purger les activités les moins rentables pour maintenir les taux de profit. Grâce à ce pouvoir de licencier, ceux « qui s’enrichissent en dormant » (Mitterrand) s’autorisent à priver de moyens de subsistance celles et ceux « qui se lèvent tôt » (Sarkozy). De quel droit ? Oui, l’urgence sociale, c’est imposer, uni·es dans la lutte, une loi d’interdiction des licenciements. À commencer par les entreprises qui font du profit. La dictature du CAC 40 ne nous laisse pas le choix ! Les capitalistes doivent être expropriés, « leurs » entreprises socialisées, l’économie gérée par et pour celles et ceux qui créent les richesses par leur travail. Alors, dans le monde d’après, l’abolition du chômage entrera dans l’histoire… comme l’abolition de l’esclavage.

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