Police et justice : Pas de vacances contre la répression !

Il n’y aura pas de trêve estivale cette année, le mouvement social en a décidé autrement. Si certains prendront des vacances bien légitimes pour se reposer et préparer une rentrée qui s’annonce chaude, d’autres passeront l’été en prison ou assignés à résidence...

Les « vacances judiciaires » n’empêcheront pas les cours de siéger, et les parquets de requérir des peines. Alors, nous resterons mobilisés tout l’été contre la répression.

L’état d’urgence jusqu’à quand ?

Le 26 juillet, les parlementaires seront appelés pour la troisième fois à voter la prorogation de l’état d’urgence et les mesures liberticides qui y sont attachées : interdictions et restrictions des manifestations, perquisitions de nuit, assignations à résidence hors contrôle judiciaire, etc. Pour justifier la prorogation, Valls, Cazeneuve et Urvoas avaient prétexté une « menace terroriste persistante » et la sécurisation de l’Euro de football...

Mais dans la réalité, c’est le mouvement contre la loi travail qui était ciblé : nos manifestations furent interdites, nassées, et fortement réprimées. Jamais depuis la guerre coloniale d’Algérie, la répression n’avait atteint un tel degré d’intensité. Alors que le directeur de la direction générale de la sécurité intérieur (DGSI) s’exprimant le 21 juin devant les parlementaires évoquait un « risque de guerre civile » (sic), nous devons une nouvelle fois nous mobiliser pour dire stop à l’état d’urgence ! Ce gouvernement illégitime, suivi dans sa fuite en avant répressive par une assemblée de godillots, ne nous fera pas taire.

Le 14 juillet, loin de la célébration cocardière et de sa « musique qui marche au pas », les différents collectifs luttant contre les violences policières ont appelé à une journée de mobilisation et de débats place de la République à Paris. Des représentantEs du mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») de passage en France y ont pris notamment la parole, avec aussi des ateliers autour de différents thèmes : histoire de la police ; traitement médiatique des violences policières ; police et racisme d’État ; impunité policière... Une belle initiative clôturée en musique (avec du rap).

Avec Fadela, notre détermination est intacte !

À l’heure où nous écrivons ces lignes, notre camarade du NPA 13 Fadela a été pour la deuxième fois convoquée et placée en garde à vue afin d’être déférée devant un tribunal pour « injures » envers Cazeneuve et rébellion contre les flics. Elle sera jugée le 31 août.Que lui reproche-t-on ? D’avoir tout simplement participé au comité d’accueil unitaire organisé contre la venue de Bernard Cazeneuve le 4 juillet dernier, au moment de la mobilisation contre la loi travail. Avec de nombreux autres militantEs du mouvement social, Fadela avait déjà été interpellée ce jour-là pour avoir scandé « P comme pourris, S comme Salauds, à bas le Parti socialo ! »

La mobilisation doit donc s’organiser et s’amplifier. Tolérerons-nous qu’à la rentrée nos manifestations soient à nouveau nassées ? Laisserons-nous encore longtemps des manifestantEs derrière les barreaux ? Des outils existent. Ainsi, Nuit debout a permis la mise en place d’une commission « défense collective » qui s’occupe de trouver des avocats pour les victimes des violences policières. « Street medic » s’est aussi lancé dans la collecte systématique de renseignement afin d’obtenir le nombre réel de manifestantEs blessés durant ces quatre derniers mois. Et des caisses de solidarité ont fleuri un peu partout.
Non, il n’y aura pas de trêve pendant l’été : plus que jamais, toutes et tous mobiliséEs contre la loi travail et son monde répressif !

Alain Pojolat

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.