Paris : Victoire pour les sans-papiers de l’avenue de Breteuil

Après plusieurs semaines de lutte, après s’être fait expulser par la police, sur décision de « justice », du chantier qu’ils occupaient (voir l’Anticapitaliste n°354), les 25 salariés licenciés de l’entreprise MT-Bat Immeubles l’ont emporté !

 

Ils sont désormais réembauchés (10 en CDI, 15 en CDD) par le donneur d’ordre Capron, avec un contrat de travail dans les règles. De plus le principe de leur régularisation a été admis par la préfecture.
Cela n’a pas été sans mal, et c’est parce que – soutenus par la CGT qui a conduit les négociations, appuyés par plusieurs rassemblements, devant le chantier puis face au siège du maître d’ouvrage Covéa – ils n’ont rien lâché qu’ils ont obtenu satisfaction.
Hypocrites !
Le protocole signé entre entre la CGT, Covéa et Capron, permet d’ailleurs à ces derniers de faire, dans des déclarations liminaires, assaut d’hypocrisie : Covéa (la groupe qui rassemble GMF, MMA et la MAAF) évoque, conformément à ses slogans publicitaires, « la dimension humaine de la situation ». Capron assure n’avoir pas envisagé de ne pas « aider » (!) les salariés de son sous-traitant dont il condamne « fermement et totalement les agissements ». Pourtant, il ne fait guère de doute qu’en matière de travail illégal, toutes ces bonnes âmes savaient dès l’origine pertinemment de quoi il retournait. Elles étaient clairement à la source du processus d’exploitation et de répression !
Une fois de plus, il aura été démontré qu’au niveau local, la lutte, en ces temps difficiles, paie certainement plus souvent qu’on ne le croit. Et à cet égard, il convient de ne pas bouder notre plaisir. Il n’en demeure pas moins que soutenir les travailleurs sans-papiers, c’est bien, à ceci près qu’il ne devrait simplement pas y avoir de sans-papiers, travailleurs ou pas. Le combat pour l’égalité des droits est indissociable de celui pour leur maintien et leur élévation, au travail comme ailleurs, et de celui pour la libre circulation de touTEs, pour un monde sans frontières !


François Brun

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