Lycée Suger à Saint-Denis : La montagne « médiatique » accouche d’une souris !

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C’est un grand traumatisme pour les dizaines d’adolescents mineurs qui ont fait l’expérience d’une garde à vue prolongée et musclée ! Pour de nombreuses familles, c’est le choc de voir institution scolaire et forces de l’ordre traiter leurs enfants et eux-mêmes comme des individus dangereux !

«Lycée incendié », « tir de mortier », « terreur dans la ville » ont titré les journaux. La guerre civile quoi ! Cela a permis à François Fillon et Marine Le Pen d’alimenter leur fonds de commerce sécuritaire. Et la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a cru bon de faire une intervention pour demander des sanctions à l’encontre des « casseurs ».

Que s’est-il passé les 7 et 8 mars ? Le contexte est celui de l’émotion légitime dans les lycées de Paris et de la région parisienne suite aux violences policières subies par Théo. Au lycée Suger, où l’ambiance n’était déjà pas terrible depuis plusieurs mois, cela a pris la forme de jets de pierres brisant des vitres, de poubelles brûlées, de tir d’un gros pétard. La proviseur a appelé la police, et a ensuite mis dehors les 900 élèves présents – sans prendre le temps de prévenir les parents – alors que la police quadrillait les abords du lycée, faisant usage de gaz lacrymogènes.

Résultat : les adolescents ont été « ratonnés », 55 ont été mis en garde à vue dans des conditions inacceptables. Certains sont allés exercer leur colère en centre ville ou vers les autres lycées. Six ont été déférés à Bobigny.

Plainte collective contre les forces de l’ordre

Passés les premiers moments d’effroi, les familles s’organisent ainsi qu’un comité de soutien à l’initiative de la FCPE. Si cette dernière condamne « des actes irresponsables d’individus » tout en « comprenant la colère qui anime les jeunes choqués par les violences policières à l’égard de Théo », elle condamne « les agissements des forces de police qui ne se sont pas comportées de façon exemplaire à l’égard d’adolescents et ont fait un usage disproportionné de la force : mineurs menottés sur l’espace public, usage de gaz lacrymogène, de Flashball et de Taser, effacement de vidéo sur les portables, destruction de portables, violences physiques, insultes à l’égard des jeunes filles traitées de "sales putes", menaces, humiliations à caractère raciste et social, etc. et arrestations "musclées" à domicile pour certains. Les conditions des gardes à vue ont été aussi scandaleuses : entassement des élèves dans les cellules, certains avec des majeurs, impossibilité des communiquer avec leurs parents, vexations, humiliations, non-respect des procédures à l’égard de mineurs... »

Les familles ont prévu de déposer symboliquement une plainte collective contre les forces de l’ordre et demandent l’ouverture d’une enquête. La saisine du Défenseur des enfants a aussi été évoquée. Dans l’immédiat, elles ont participé avec leur banderole à la manifestation de samedi 19 mars, et avec la FCPE à un rassemblement autour de la revendication : « Nos enfants ont besoin d’enseignants et d’éducateurs, pas de policiers violents ! »

Correspondante

 

 

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