Jeunes tués à Lille : Vérité et justice pour Selom et Mathis !

Le 15 décembre, vers 21 heures, quatre jeunes sont percutés à Lille par un train sur une voie ferrée. Deux d’entre eux, Selom 20 ans et Mathis 18 ans, succombent à leurs blessures dans les jours suivants. 

Dès le soir du drame, un témoignage met en cause une intervention musclée de la police dans la cité où se trouvaient les jeunes. L‘intervention aurait entraîné la fuite des jeunes le long de la voie ferrée. 

Le parquet qualifie rapidement ces propos de « rumeurs ». Aucun policier ne se serait trouvé sur les lieux et les jeunes auraient traversé la voix pour emprunter un « raccourci ». Cette version est reprise telle quelle par la Voix du Nord malgré son invraisemblance. En traversant la voie ferrée, les jeunes seraient en effet parvenus …sur une autoroute, un raccourci vers quoi donc ?

Pour parquet, police et presse, l’affaire est simple et doit en rester là. 

Mais, depuis Ashraf et Aurélien, les deux survivants ont confirmé l’intervention policière. Ashraf explique « On était assis dans la cité, ils sont entrés à six en uniformes avec leurs matraques. Ils ont couru vers nous, ils voulaient nous attraper. On a eu peur et on est partis en courant... Quand on a sauté vers les rails, ils étaient à cinq mètres derrière nous ». De son côté, Aurélien ajoute « On a grimpé…pour fuir...Ils nous ont coursés jusqu’au bout ».

Le drame s’est produit dans un contexte d’augmentation des interventions brutales de la police dans le quartier. Aurélien explique « C’est ceux qui nous frappent tout le temps, pour rien. Encore hier, ils ont frappé quelqu’un. On ne voulait pas se faire éclater encore une fois. Tu sais combien de fois je me suis fait frapper ?......La nationale, ils te lâchent seulement quand tu cries et tu pleures». La mère de Selom, raconte, pour sa part, que son fils se plaignait des contrôles répétitifs « abusifs et parfois violents » qu’il subissait. 

Décidés à connaître la vérité, les familles des victimes ont porté plainte contre X pour non-assistance à personne en danger, mise en péril de la vie d'autrui et homicide involontaire. La mobilisation par ailleurs s’organise en mémoire des victimes et pour l’obtention de la vérité et de la justice. Un premier rassemblement a lieu le 18 décembre dans la soirée.

Devant cette réaction, le parquet fait machine arrière, le 21 décembre, en reconnaissant, enfin, la présence de policiers, une équipe de la brigade spécialisée de terrain (BST, unité spécialisée dans l’intervention dans les quartiers populaires dont un membre a violé le jeune Théo à Aulnay-sous-Bois en février dernier). 

Ce drame témoigne des violences régulières commises par la police contre la jeunesse des quartiers et de la complicité dont celles-ci bénéficient de la part de la justice et de la presse. 

Le NPA assure les familles et amis des victimes de sa solidarité et soutient les mobilisations qui permettront de faire connaître la vérité sur les circonstances de la mort de Selom et Mathis.

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