Grenoble : morts pour un vol de scooter

Deux jeunes du quartier Mistral de Grenoble, Adem 17 ans, en terminale au lycée des Eaux-Claires et Fathi, 19 ans, commerçant, ont trouvé la mort dans la nuit du samedi 2 mars. Ils roulaient sans phare ni casques sur un scooter volé et étaient poursuivis par une voiture de police.

D’après les déclarations du procureur, s’appuyant sur plusieurs témoignages dont celui du conducteur du car, les policiers n’auraient pas heurté le scooter qui se serait écrasé seul entre un car et le mur de protection de la sortie d’autoroute…

« Parce qu’ils sont de Mistral »

N’empêche… Ces deux jeunes, estimés des habitantEs et des animateurEs de l’équipement socioculturel, sont morts des conséquences d’une course-poursuite. À juste titre, les habitantEs sont en larmes et en colère, et remettent en cause les pratiques policières « spécial Mistral »: harcèlement policier permanent, contrôles d’identité incessants, tutoiement, courses-poursuites fréquentes jusqu’à ce drame. Plus globalement ils et elles dénoncent un mépris venu des institutions, et en particulier de la police, « parce qu’ils sont de Mistral ». Pourquoi les deux jeunes ont-ils été poursuivis alors qu’ils auraient pu être interpellés chez eux si la police le voulait ? La réponse du délégué départemental Unité SGP-Police FO, dans le Dauphiné Libéré, est claire : « On ne sait jamais si on ne va pas déboucher sur des infractions plus graves commises antérieurement, ce n’est qu’a postériori que lon a su qu’il ne s’agissait que d’un vol de scooter» Trop tard pour ces deux jeunes!

Les habitantEs réclament, et nous avec elles et eux, que toute la vérité soit faite sur ce drame. Et de s’attaquer sérieusement à la première des violences : la violence sociale. Car, à Mistral, comme dans de nombreux quartiers « prioritaires » de la politique de la ville, la situation sociale est pire qu’il y a dix ans. Le niveau de pauvreté est trois fois supérieur à la moyenne nationale, la moitié des moins de 18 ans vit sous le seuil de pauvreté, ainsi que 48 % des 18-24 ans. Un jeune sur deux est au chômage ou en grande précarité.

Et ça se passe à Grenoble,classée première, par l’indicateur « Work and Live », pour son attractivité en terme d’emploi, de salaires et de logement…  

CorrespondantEs

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