Europacity (95) : « Des champs, pas d’Auchan ! »

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Entre les aéroports de Roissy et du Bourget, donc sous les trajectoires de leurs avions, subsiste au milieu de l’agglomération dense un triangle de terres agricoles, inconstructible pour des immeubles d’habitation...

Pourtant, le dernier schéma directeur de la région Île-de-France (du temps de Huchon, PS) l’a classé urbanisable pour des activités économiques. Le groupe Auchan y a vu une possible source supplémentaire de profits et, associé à Wang, un trust immobilier chinois, projette d’y construire un gigantesque complexe de commerce, d’hôtellerie et de loisirs : Europacity... Objectif : 31 millions de visiteurs par an, en partie grâce à une station du Grand-Paris Express qui serait déviée de plusieurs kilomètres uniquement pour desservir le site !

L’emploi est le mot magique qui a rallié au projet beaucoup d’élus du Val-d’Oise, du maire PS de Gonesse au président LR du département, mais aussi beaucoup d’habitantEs soucieux de trouver enfin un emploi pour eux ou leurs proches. Car de l’autre côté de l’autoroute, il y a la Seine-Saint-Denis et ses friches de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois fermée il y a 4 ans. Pourtant un nouveau centre commercial plus attractif avec ses activités de loisirs ferait rapidement autant de nouveaux chômeurs dans le 93 qu’Europacity créerait d’emploi à Gonesse, emplois qui ne seraient pas tous des emplois qualifiés, durables, et surtout pas tous recrutés sur place.

Rendez-vous réussi au triangle de Gonesse

Et puis il y a la question environnementale et agricole. Va-t-on encore une fois éloigner de l’agglomération les terres très fertiles contribuant à la nourriture des millions d’habitantEs qui y sont concentrés ? Certes, il vaudrait mieux trouver là des cultures maraîchères que de la grande culture, mais des projets de reconversion bio et légumière existent.

Dimanche 21 mai, dans la matinée, les premiers mobilisés ont planté sur une parcelle les cultures de l’avenir. Et l’après-midi, dans la manifestation qui a relié sous un soleil radieux le triangle menacé au bourg de Gonesse, on entendait parmi les slogans « Des champs, pas d’Auchan ! », « Des radis, pas des caddies ! », « Auchan, dégage ! Résistance et maraîchage ! » ou même « A, anti, anti, anticapitaliste ! ». Se sont exprimées les associations nationales France Nature Environnement et MNLE, la Confédération paysanne, les syndicats CGT et Solidaires, des élus et responsables du PCF, des Insoumis, d’EÉLV, et bien sûr du NPA, des représentants de plusieurs collectifs en lutte contre d’autres GPII (grands projets inutiles et imposés) comme Notre-Dame-des-Landes, le plateau de Saclay (91), Bure (55) ou Saint-Jean-de-Braye (45), le DAL avec des locataires de la cité-jardin de la Butte rouge à Châtenay-Malabry (92), et bien évidemment les très actifs animateurs du Comité pour le triangle de Gonesse.

La convergence des luttes était au rendez-vous. À suivre.

Jacques Capet

 

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