Désarmons la police !

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Société
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Le 8 juillet 2009, Joachim Gatti perdait son œil d’un tir de flash-ball. Cinq autres personnes étaient également blessées. Ce jour-là, la police cherchait à évacuer le squat qui avait vu le jour dans une ancienne clinique désaffectée en plein cœur de Montreuil. Un an plus tard, toujours à Montreuil, un autre jeune, lycéen, perdait un œil lors des mobilisations sur les retraites. Ce lundi 21 novembre s’ouvrait donc à Bobigny le procès de trois policiers pour violences volontaires concernant les faits du 8 juillet 2009...

À Montreuil ce jour-là, de nombreux militantEs de la gauche radicale, dont ceux du NPA, étaient là pour défendre plus qu’un squat : il s’agissait de combattre le danger de gentrification galopante d’une ville populaire de Seine-Saint-Denis. Comme souvent dans les communes de la petite couronne qui entoure la capitale, les derniers terrains vides, les dernières friches, valent de l’or, et chaque squat, chaque lieu occupé par des mal-logés est vidé manu militari, avec des dispositifs policiers sans commune mesure avec nos faibles résistances.

Nous ne comptons plus le nombre de blesséEs, de mortEs que policiers et gendarmes ont pu faire avec les flash-ball, grenades, quand ce n’est pas comme pour Adama Traoré tout simplement avec leurs mains. Mais ce qui est largement perçu, de Sievens et Notre-Dame-des-Landes au mouvement contre la loi travail, c’est l’impunité des forces de répression. Pas de condamnation : la justice d’État couvre ses serviteurs, et à l’inverse condamne des innocentEs dont la seule faute est de résister. Car au printemps dernier, c’est bien le droit de manifester qui a été bafoué, et des dizaines de personnes y ont perdu un œil ou ont été blessées et des centaines arbitrairement arrêtées par des policiers qui ne portent même plus leur matricule...

L’impunité dont jouissent les « forces de l’ordre » ne doit pas s’accompagner de nos silences : une réponse de notre camp social doit se faire entendre, un tous ensemble pour dénoncer ce qui est arrivé ou arrive à Joachim Gatti, Rémi Fraisse, Adama Traoré ou aux Goodyear. Nous ne pouvons plus tolérer un geste violent, un procès, et l’état d’urgence qui les accompagne. Si urgence il y a, c’est celle de faire le procès du tazer et autre flash-ball, de désarmer la police et de faire le procès des « forces de l’ordre » et de ceux qu’elles servent.

Thibault Blondin 

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