Cahuzac, Bygmalion, PS, UMP-LR... Les affaires et leur monde

Le procureur de Paris demande un procès en correctionnelle contre Sarkozy suite à l’affaire Bygmalion dans le même temps que s’est ouvert le procès de Cahuzac, l’ancien ministre du Budget de Hollande...

«Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » Le 28 août dernier, l’attaque de Fillon contre son ancien patron était rude, mais elle n’avait guère ému Sarkozy tant, dans ce monde, l’impunité est de règle. La requête d’un procès en correctionnelle par le procureur de Paris sur l’affaire Bygmalion et l’affaire de France 2 ­pourraient bien faire plus de bruit.

De droite...

Le directeur de l’info de France 2, Michel Field, avait en effet accepté, à sa demande, de ne pas diffuser une enquête de l’émission « Envoyé spécial » sur l’affaire Bygmalion avant la primaire de la droite. Il a dû finalement reculer face à la détermination de la responsable de l’émission, Élise Lucet, et grâce aux révélations du Canard enchaîné. L’émission sera programmée avant la primaire et un extrait en a déjà été diffusé au journal de 20 heures ce 8 septembre : Franck Attal, le dirigeant de la société chargée de l’organisation des meetings de campagne de Sarkozy en 2012, y explique comment sa société avait établi une double comptabilité pour masquer une part énorme de ses dépenses. C’est ainsi que celles-ci auraient dépassé le plafond officiel des dépenses autorisées pour chaque candidat – 22,5 millions d’euros – de 30 millions d’euros, et non « seulement » de 466 000 euros, ce qui avait déjà provoqué l’invalidation de ses comptes de campagnes.

Une autre affaire pour laquelle Sarkozy est encore sous le coup d’une mise en examen depuis juillet 2014 est celle dite des « écoutes téléphoniques » : la mise sur écoute de la ligne secrète qu’avait ouverte Sarko au nom de « Paul Bismuth » avait révélé qu’il avait tenté de corrompre un haut magistrat pour obtenir des informations confidentielles sur le dossier Bettencourt.

Sarkozy, son avocat, crient évidemment au complot, pardon, à « l’acharnement judiciaire »...

… à gauche

Quant à Cahuzac, il a choisi de se défendre des accusations de fraude fiscale qui pèsent sur lui en disant qu’il avait dissimulé ces centaines de milliers d’euros pour la campagne de Michel Rocard... qui, décédé récemment, est bien en peine de pouvoir le démentir.

Il y a plus qu’une concomitance entre les deux affaires qui ont éclaté en juillet 2013. D’une part parce que l’affaire Cahuzac concerne aussi Hollande et la plupart de ses ministres qui étaient parfaitement au courant des malversations du ministre du Budget. D’autre part, parce que c’est en enquêtant sur l’affaire Bettencourt et Woerth que Mediapart a mis au jour le scandale Cahuzac. En 2008, Woerth alors ministre du Budget avait refusé à un inspecteur des finances l’accès au dossier Cahuzac. Un service que lui avait rendu Cahuzac, devenu ministre en 2012, en commandant un rapport innocentant Woerth sur l’affaire de l’hippodrome de Chantilly.

Ces affaires jettent une lumière crue sur la réalité des milieux gouvernementaux, qu’ils soient de droite ou de gauche, et de leurs liens avec les grandes fortunes. Eux qui n’ont que l’intérêt général à la bouche lorsqu’ils voudraient nous convaincre d’accepter des sacrifices supplémentaires, imitent ou rêvent d’imiter dans leur mode de vie et leurs combines les milieux d’affaires dont ils servent les intérêts. 

Difficile de dire si Sarkozy passera ou non à travers les mailles mais une chose est sûre, les scandales ne cesseront pas tant que l’affairisme officiel, le capitalisme sera en place.

Galia Trépère

 

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