Après l’horreur de Nice, changer ce monde

En pleine nuit de jeudi à vendredi dernier, juste après l’horreur de la tuerie de Nice et bien avant l’analyse de ses causes, Hollande, avec une précipitation qui signe son impuissance, décidait d’une fuite en avant par le renforcement de sa politique guerrière contre les peuples d’Irak et de Syrie et liberticide contre la population française.

À l’extérieur, toujours la guerre !

Symbole de la puissance militaire française, signe de volonté offensive guerrière, le porte-avions Charles-de-Gaulle a été envoyé en Méditerranée. La guerre en Syrie et en Irak va redoubler de puissance. Avant même de connaître les motivations du tueur, de savoir s’il y avait lieu de relier directement ce massacre à Daesh, de s’interroger sur l’efficacité de la guerre dans la lutte contre le terrorisme, l’intensification de celle-ci en Syrie et en Irak reste donc la première réponse du chef de l’État.

Aujourd’hui, nous en savons plus sur l’auteur de ce massacre : une personne à la personnalité sans doute fragile et violente, sans doute inspirée très récemment par les appels de Daesh à « prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l’État islamique »... Cet homme solitaire a-t-il effectué cette action monstrueuse pour se venger d’une vie misérable en utilisant la rhétorique de Daesh qui influence des sujets fragiles pour semer la terreur ? On ne le saura peut-être jamais.

Pour nous, ce sont bien les gouvernements successifs de la France et des autres puissances impérialistes occidentales qui portent la très lourde responsabilité de la situation actuelle. Parce qu’ils ont déclenché le chaos en Irak et en Libye, et parce qu’ ils perpétuent leur sale guerre, principale cause du terrorisme, cela alors qu’ils prétendent lutter contre ! Un mensonge sans fin, qui ne se fera jamais en notre nom !

À l’intérieur, toujours l’état d’urgence !

Huit mois de vie sous l’état d’urgence n’ont servi à rien pour empêcher ce massacre de masse. Et l’état d’urgence, c’est d’abord une attaque d’ampleur contre nos droits et nos libertés. Au 13 mai,  Cazeneuve répertoriait 3 579 perquisitions administratives et 404 assignations à résidence, toujours effectuées avec un maximum de violences. Le nombre d’actes et de paroles racistes et islamophobes a aussi augmenté. Nos manifestations ont été interdites à plusieurs reprises, et les violences policières ont été incessantes. La police a expérimenté contre nous de nouvelles armes et de nouvelles méthodes. Le nombre des gardes à vue et des poursuites judiciaires a explosé conduisant à des condamnations nombreuses de jeunes, de militants écologistes, associatifs, syndicaux.

La loi sur le prolongement de l’état d’urgence, votée ce mardi 19 juillet, marque une pérennisation de la construction de l’État policier. Ce gouvernement de plus en plus illégitime essaie d’imposer par la force une politique de plus en plus libérale, inégalitaire, injuste, dont la loi travail est le prototype. Pour réussir, ils ont besoin aujourd’hui d’un État autoritaire, et ils utilisent pour cela la menace terroriste, ce qu’ annonce d’ailleurs Valls : « La menace terroriste est une question centrale, durable. L’autorité est pour moi une valeur essentielle. » Leur méthode de gouvernement, c’est la construction d’un État autoritaire.

De plus en plus isolé, Hollande a beau en appeler à « l’unité nationale », mais après Nice et à un an de la présidentielle, cela ne fonctionne plus et la droite peut même surenchérir...

Résister, ne rien lâcher !

Mesure phare de cette accélération dans le tout sécuritaire, le passage à 50 000 du nombre de citoyens dans la réserve opérationnelle. Celle-ci a les mêmes missions que les militaires d’active : « un renfort permanent des capacités des forces armées tant dans sa fonction de protection du territoire national que dans le cadre des opérations extérieures». Utile quand il y a « beaucoup d’activités, types opération sentinelle, plan vigipirate, service d’ordre public lors d’événements majeurs ». Bref, une militarisation de toute la société.

Contre cela, il n’y a pas d’autre solution que de résister, ne rien lâcher. D’abord, afficher notre solidarité avec les victimes de cet attentat monstrueux, et laisser exploser notre colère contre ce gouvernement qui s’entête à conduire une politique à la fois gravement liberticide et guerrière qui engendre les monstres. Ensuite, lutter sur tous les fronts : contre la loi travail et son monde, contre la guerre, contre l’état d’urgence, contre la gangrène du racisme et de l’islamophobie, le poison de la division.

Le NPA s’engage avec toutes celles et ceux qui le veulent, dans l’unité, à la poursuite de la riposte sociale d’ampleur et dans la construction d’un mouvement qui aille jusqu’au bout pour renverser leur monde et révolutionner la société. Oui, la rentrée doit être chaude !

Roseline Vachetta

 

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