Taxes, fiscalité, protection sociale : des mesures d’urgence

Avec Macron (comme avec ses prédécesseurs), c’est un vrai mélimélo. Ceux d’en haut payent toujours moins, ceux d’en bas ont la double peine : des taxes et des ­services publics (hôpitaux, écoles, …) dégradés. Des mesures d’urgence s’imposent avant même la réforme globale qui serait nécessaire pour créer un système fiscal plus juste.

Annuler les taxes sur les carburants 

Il faut d’abord annuler les taxes sur les carburants : pour celles et ceux qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler, faire leurs courses, aller voir un médecin… leur hausse est catastrophique, surtout pour les plus modestes, alors que la moyenne cache en grande partie son effet. Jusqu’à 61 % du budget des bas revenus est absorbé en dépenses « pré-engagées »(frais de logement, assurances, cantines, forfaits téléphoniques et audiovisuels). Ce qui reste pour vivre est donc réduit ; d’où l’effet décuplé des augmentations qui gênent beaucoup moins les hauts revenus. La hausse de ces taxes est supposée être positive pour l’écologie : il s’agit de réduire la consommation de produits pétroliers. En fait, lorsqu’on est obligé d’utiliser sa voiture, on n’a pas le choix : ce sont les autres dépenses qui sont réduites. Pour fournir des alternatives à la voiture, il faut faire le contraire de ce que fait Macron : arrêter toute fermeture de lignes de train, augmenter les transports en commun et lancer un grand plan de réhabilitation des logements. Et fournir une médecine de proximité : arrêt des fermetures d’hôpitaux et de maternité, lutte contre les déserts médicaux.

Rétablir et étendre l’ISF

Il n’y aurait pas d’argent pour tout ça. Eh bien, commençons par rétablir l’ISF : avec sa suppression, les super-riches ont gagné près de 4 milliards d’euros. On pourrait d’ailleurs même renforcer l’ISF, car trop de richesses y échappaient ou étaient imposées à un taux trop faible. On pourrait ainsi faire passer son produit de 5 milliards (avant la réforme Macron) à 10 milliards.

Supprimer le CICE

Cette année, le coût du CICE mis en place par Hollande va passer de près de 20 milliards à 40 milliards, car il est transformé en baisse des cotisations employeurs. L’argent coule donc à flots de ce côté, alors que le CICE, d’après les rapports officiels, n’a créé que de 100 000 à 200 000 emplois maximum (contre le million promis), et ceci alors que les entreprises perçoivent le CICE depuis plusieurs années. Cela fait cher de l’emploi !

Un emploi rémunéré 1 700 euros net « coûte » 2 920 euros environ, toutes cotisations et charges comprises (sans tenir compte des aides à l’employeur), soit 35 000 euros par an : les 40 milliards du CICE, c’est donc 1,140 million d’emplois à 1 700 euros net ! Il faut supprimer le CICE et consacrer l’argent à des emplois utiles à l’école, dans la santé, pour les personnes âgées.

La CSG

Le gouvernement augmente la CSG sur les retraites alors que le pouvoir d’achat des retraitéEs recule déjà. En même temps, il baisse l’impôt sur les revenus du capital en mettant en place un système qui le fait sortir de l’impôt sur le revenu et, dans la future loi de financement de la sécurité sociale, prévoit que les finances de la Sécu pourront être encore plus ponctionnées pour financer les aides aux entreprises (avec des exonérations de cotisations employeurs non compensées).

Cesser le pillage des finances de la Sécu

Il faut immédiatement annuler toutes les hausses de la CSG, impôt injuste, et ensuite la remplacer totalement par la cotisation patronale. Il faut aussi cesser le pillage des finances de la Sécu par les exonérations de cotisations.

En remboursant les soins à 100 %, celle-ci devrait couvrir complètement les frais de santé. Les complémentaires santé qui ont des taux de cotisations de plus en plus élevés seraient supprimées.

Selon une étude récente du ministère de la Santé, déduction faite des différentes allocations, loger dans un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) coûte en moyenne 1 850 euros par mois pour la moitié des résidentEs, alors que le revenu moyen des retraités français, tous régimes confondus, est de 1 500 euros net par mois ! Et souvent, la qualité de vie laisse à désirer ! Il faut que la dépendance soit prise en charge par la Sécu pour que les ancienEs puissent vieillir dans la dignité.

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