SMIC : même pas des cacahouètes

Le groupe d’« experts » sur le SMIC vient de rendre son rapport annuel. Aucune surprise : ce groupe, créé en 2008, répète la même chose : il ne faut pas de « coup de pouce » au SMIC, c’est-à-dire ne donner aucune augmentation au-delà de celle qui est obligatoire. Immédiatement, le ministre de l’Économie Bruno Lemaire a cru bon de déclarer qu’il était d’accord. C’est la même comédie chaque année.

Le SMIC a été créé le 2 janvier 1970 dans la foulée de Mai 68. En juin 68, les salariéEs avaient arraché une augmentation de 35 % du salaire minimum alors existant (le SMIG). Le SMIC prévoit une formule de revalorisation annuelle : à la hausse des prix constatée pour les 20 % de ménages aux plus faibles revenus s’ajoute 50 % de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé. Chacun sait que ce n’est pas mirobolant : en brut, pour un temps plein, le SMIC correspond à 1 521,22 euros. En janvier 2018, 1,98 million de salariéEs des entreprises du secteur concurrentiel (hors apprentis, stagiaires et intérimaires) sont rémunérés au SMIC, soit 11,5 % des salariéEs, dont 58,3 % de femmes. Une forte proportion d’entre elles et eux (notamment de femmes) sont à temps partiel, ce qui veut dire que leur salaire mensuel peut être plutôt 800 euros que 1 521 euros.

Le SMIC est scandaleusement bas et ne permet pas de vivre correctement. C’est pour cela que le NPA revendique un SMIC à 1 800 euros net. 

Mais même ce SMIC étriqué ne convient pas aux « experts ». Cette année encore, ils préconisent de réformer la formule d’augmentation pour ne garder que le critère de l’inflation ou même aucun critère. Par contre, ils font l’éloge de la « prime d’activité », entièrement à la main du gouvernement et qui, surtout, ne coute rien aux patrons étant financée par les impôts. C’est pour cela que Macron, l’année dernière, au plus fort du mouvement des Gilets jaunes a choisi d’augmenter cette prime et non le SMIC. Les salariéEs revendiquent un salaire qui permette de vivre correctement et non une prime qui, en plus, ne comptera pas pour leur retraite !

Chaque année, on nous explique qu’augmenter plus le SMIC serait ruineux pour l’économie. Il y en a qui n’ont pas de scrupules. En 2018, la rémunération moyenne des premiers dirigeants des sociétés du CAC 40 a augmenté de 12 % en 2018 à 5,77 millions d’euros. Ce niveau de revenu correspond à 277 SMIC à temps plein !

HW

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