Retraites : la répression et la lutte continuent à la RATP

Pour les gels hydro-alcooliques, la désinfection des espaces de travail et le minimum de protection face au coronavirus pour des salariéEs particulièrement exposés, la direction de la RATP semble particulièrement absente. Mais côté répression, elle est bien là : depuis le mois de décembre, des grévistes de différents dépôts reçoivent des convocations de la part de la direction, locale dans un premier temps, puis au niveau de la direction de la Régie. 120 « enquêtes internes » seraient en cours. 

Pour faire peur et afficher sa volonté de sanctionner des grévistes pour faits de grève, la direction fait flèche de tout bois en s’attaquant à des syndicalistes et représentants syndicaux de la CGT, notamment au dépôt de Vitry-sur-Seine. Attaquer, en conseil disciplinaire, syndicalistes et syndiqués reconnus et appréciés par les grévistes et les collègues, c’est chercher à punir tous, en intimidant. Cela montre aussi à quel point la direction s’est sentie en danger ces derniers mois. Ne dirigeant plus grand-chose, en tout cas pas les milliers de grévistes, elle avait un peu perdu sa raison d’être. 

Des tentatives d’intimidation qui ne fonctionnent pas

Les faits reprochés (chants homophobes, blocage de bus…) sont pris comme des prétextes pour tenter de mettre au pas les plus actifs de la mobilisation. Face à cela, il n’y a eu qu’une seule revendication : retrait de toutes les sanctions. Cette répression patronale n’a pas entamé la solidarité entre les noyaux durs des grévistes de plusieurs dépôts, qui se retrouvent à chaque rassemblement de solidarité avec leurs collègues. Le jeudi 5 mars une centaine de personnes, machinistes, souvent en grève pour pouvoir faire le déplacement, représentants syndicaux et soutiens se sont retrouvés pour le passage en convocation de Yacine et Patrick de Vitry-sur-Seine. Le lendemain, c’était au tour de François, toujours du même dépôt. Ils ont eu respectivement deux mois de mise à pied et une mutation. Alex du dépôt de Vitry-sur-Seine et de Ahmed de Flandres sont convoqués le 26 mars prochain. En plus de ces convocations, la direction a porté plainte contre un agent la semaine dernière, sans doute encore du vent puisqu’elle a été classée sans suite.

Au-delà de toutes les formes de répression qui cherchent à intimider ou à casser le mouvement, les travailleurEs de la RATP ne se sont pas laissé abattre. Et si ils et elles ont repris le volant, c’est la tête haute et avec l’idée, chez beaucoup d’entre elles et eux, que la suite se construit déjà.

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