Pour l’emploi, Saintes en action

La bassin de Saintes va perdre 1000 emplois. Après les entreprises Saintronic, Wesper, le Crédit agricole, la SEMAS, la Coop atlantique, le Centre d’information et d’orientation, c’est le technicentre SNCF qui verra près de 200 emplois supprimés avant le 31 décembre.

Les salariéEs de ces entreprises ont pris leur destin en main et sont entrés en résistance. Malheureusement, les luttes n’ont pas payé pour les entreprises Saintronic et Wesper, qui ont mis la clé sous la porte. La société de transports SEMAS, service public départemental, est en « liquidation » : 150 emplois devraient passer à la trappe. La Coop atlantique résiste mais une vingtaine d’emplois sont en suspens. Le CIO devrait, quant à lui, tout simplement fermer.

La réforme ferroviaire va frapper fort sur le technicentre SNCF : 200 emplois vont être supprimés. Les élus de droite de la ville et de la CDA (communauté d’agglomération) ne semblent pas préoccupés par ce désastre social et économique. Mais les luttes et les résistances s’organisent.

Multiplication des initiatives

Le lundi 14 mai, une centaine de cheminotEs grévistes ont occupé les rails près de Chaniers, au pont de Beillant, et bloqué la ligne Saintes-Angoulême. Un peu plus tard, on les a retrouvés avec des sympathisantEs pour un barbecue militant… Les gendarmes étaient là aussi, mais ont été gentiment invités à rester à l’entrée de la zone privée appartenant au centre de loisirs SNCF. Le soir, une soirée organisée par Attac regroupe une quarantaine de personnes, venues notamment assister au spectacle du comédien Fred Dubonnet : « Le monde ne sait plus sur quel pied danser, faisons le valser ». Le 15 mai, c’est un meeting organisé par le PC local et la CGT cheminots qui réunit environ 60 personnes. Le week-end de Pentecôte, une action se déroule dans les deux hypermarchés de Saintes, afin de sensibiliser la population sur les pertes d’emplois et les conséquences économiques. Des rassemblements ont également eu lieu dans différents lieux pour rencontrer la population et partager des moments plus festifs (pique-nique, goûter…).

Manifestations 

Le 22 mai, lors de la journée d’action « Fonctionnaires, Services publics et Usagers », 700 personnes ont défilé à Saintes. Une réussite, avec la présence de retraitéEs, de cheminotEs bien sûr, et de fonctionnaires. Pour protester contre les coupes budgétaires, le manque d’effectifs dans les services publics, entre autres dans les établissements scolaires et dans les hôpitaux de Saintes et de Saint-Jean-d’Angély. Un « collectif éphémère », regroupant plus de 50 organisations (associations, syndicats, partis politiques) a été créé pour organiser la journée du 26 mai.

Le 26, à Saintes, le cortège s’est formé à la gare et, après un tour de ville, s’est dirigé vers la place Bassompierre. Après de multiples interventions, les participantEs ont été invités à casser la croûte autour d’un barbecue géant. Les échanges et débats se sont poursuivis pour entrevoir les suites du mouvement. Cette « marée populaire » à Saintes avait une saveur particulière, un goût de fruits de mer. La Charente-Maritime connaît bien le phénomène des marées : l’océan se retire, revient et il faut bien faire attention aux grandes marées !

Correspondants

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