Nos mamies valent plus que leurs profits

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Le magazine Que choisir notait en septembre 2014 que, selon les informations collectées par ses enquêteurs, une place dans une maison de retraite coûtait en moyenne 2 130 euros par mois. Un montant largement supérieur au montant moyen des retraites (1 288 euros bruts, selon le ministère des Affaires sociales, avec une forte inégalité au détriment des femmes). Mais le montant de la facture varie considérablement selon les régions et le statut de l’établissement.

En France, sur le « marché » de la retraite, le privé gagne du terrain. Et on y retrouve les mêmes dynamiques que dans les autres activités soumises à la loi du capital. Nombre de petites maisons de retraite indépendantes sont passées dans l’orbite des grands groupes qui n’hésitent pas à faire étalage de leur bonne situation financière. Ainsi, le groupe Korian, coté en bourse et première entreprise européenne dans le secteur, affiche une croissance moyenne annuelle de 20 % de son chiffre d’affaires entre 2005 et 2014. Les autres groupes comme ORPEA et DomusVi vantent également leur bonne santé financière.

Beaucoup de personnes âgées et leur famille sont confrontées aux difficultés nées du vieillissement. Et ce d’autant plus si celui-ci s’accompagne de graves problèmes de santé. En préalable à chaque décision rognant un peu plus sur les retraites, sont agitées des statistiques sur le vieillissement de la population française. Le ministère des Affaires sociales estime à environ 1,2 million le nombre de personnes âgées dépendantes en France, et les générations nombreuses du « baby-boom » d’après-guerre arriveront à l’âge de 80 ans vers la fin des années 2020. Logiquement, il va falloir augmenter de manière substantielle le nombre de places nécessaires et les moyens mis sur la table.

En 2007, Olivier Besancenot, candidat à la présidentielle, revendiquait l’instauration d’un « service public du 4e âge ». C’est toujours, et plus que jamais, d’actualité.