Montreuil : élargir et ancrer la grève pour mobiliser de nouveaux secteurs

Dès jeudi 5 décembre, une assemblée générale « éducation » massive (plus de 200 présentEs) s’est tenue à la salle des fêtes de la mairie, suivie par une assemblée générale interprofessionnelle. Les deux étaient appelées par un comité de mobilisation créé le 14 novembre, dans lequel le NPA de Montreuil a pris toute sa part. 

L’AG éducation était très combative. Beaucoup d’interventions insistaient sur deux points décisifs : d’une part, la grève doit être reconduite jusqu’au retrait du projet de loi ; d’autre part, des secteurs très mobilisés ne pourront pas gagner s’ils sont isolés, et l’objectif est donc la grève générale.

L’AG interpro, qui a pris la suite de la première, a uni plus de 300 personnes mobilisées. Si elle n’a pas rassemblé l’ensemble des grévistes locaux de tous les secteurs, cette AG fut quand même enthousiasmante, dans une tonalité très « convergence des luttes », avec la participation de salariées de Radio France déjà en grève depuis une semaine, de militants syndicaux de collectivités locales, de lycéenNEes, de gilets jaunes, et une participation symbolique du secteur privé. Elle a permis de connaître les besoins militants et le calendrier de chacun, et a adopté un agenda de mobilisations. Enfin, elle a débouché sur une manifestation historique. 

Alors que trois cars avaient été mis à disposition pour rallier la manifestation parisienne, ils se sont avérés largement insuffisants, ce qui nous a permis de nous (é)chauffer par une belle manif de la mairie de Montreuil jusqu’à République. « Montreuil, debout, soulève-toi », « Macron, fumier, on va te composter » : grosse ambiance dans les rues de la ville. Nous partîmes 400, mais nous nous vîmes près de 1000 en arrivant sur Paris. 

Le lendemain, vendredi 6 : AG éducation le matin à plus de 200 encore, qui a voté la reconduction jusqu’à mardi 10, et AG interpro moindre que la veille, reflétant que la grève générale reste à construire. Pour que d’autres secteurs se mettent en reconductible, des délégations de grévistes ont déambulé dans la ville : après avoir participé au piquet de grève RATP à la mairie, des tournées ont été mises en place pour toucher les établissements scolaires moins mobilisés, puis l’après-midi, d’autres délégations sont allées à la rencontre des salariés du bureau de poste principal et de l’hôpital. 

La grève générale ne peut se construire que concrètement à la base, et la reconduction de la grève dans l’éducation, très mobilisée à Montreuil, permet de dégager du temps et des forces militantes pour informer d’autres secteurs, en allant à la rencontre des salariéEs d’autres services publics et du privé, démontrant ainsi qu’il se passe quelque chose de nouveau et que c’est le moment d’y aller toutes et tous ensemble.

Sofiane

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