MobiliséEs contre l’ouverture à la concurrence dans le transport privé en IDF

Vendredi 13 mars, les salariéEs du réseau de transport francilien Optile (organisation professionnelle des transports d’Île-de-France) étaient en grève, à l’appel de l’intersyndicale. Ce réseau regroupe 80 entreprises privées, dont les grandes multinationales Transdev, Keolis et Ratp Dev, pour 11 000 salariéEs qui desservent 90 % des communes d’Île-de-France. Reportage sur un piquet de grève.

Il est midi au piquet du dépôt Transdev TRA de Villepinte. Une soixantaine de grévistes s’affairent autour d’un barbecue, dont plusieurs venus de dépôts voisins (Coubron et Chelles). Si la grève n’est prévue que pour une journée, le piquet est tenu depuis 2 heures du matin et pour 24 heures. Face à l’annonce de Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF, d’accélérer l’ouverture à la concurrence dans le transport francilien, les grévistes réclament le maintien de leurs acquis (salaires, primes, conditions de travail) menacés s’ils passent sous le chapeau d’une nouvelle entreprise. La présence de quelques  machinistes de la RATP et leur accueil chaleureux rappellent que face au patronat, le combat est le même pour tous les travailleurEs du transport, qu’ils soient du public ou du privé.

Détermination

À Villepinte, ils étaient 150 grévistes sur plus de 600 salariéEs, parmi lesquels beaucoup de jeunes dont c’est la première grève. Dans ce secteur qui n’a pas connu de mobilisation depuis plusieurs années, certains dépôts comptaient jusqu’à 100 % de grévistes, mais parfois tous remplacés par des intérimaires. Cela démontre la détermination d’une bonne partie des chauffeurs de bus à refuser les attaques de la direction, y compris celles à venir. Par ailleurs, cette journée fait suite à un droit de retrait déposé quelques jours plus tôt pour contester les normes de sécurité ridicules mises en place contre la propagation du coronavirus.
Cette journée de mobilisation aura-t-elle des répliques ? En l’absence d’AG des salariéEs, la seule perspective donnée était une réunion de discussion entre tous les syndicats et la direction générale IDFM, prévue le jour même. Cette grève organisée était pour les syndicats un moyen de faire « pression » et « peser » sur les négociations, sans proposer de suite. Cela dit, et malgré les circonstances, l’appel d’offre n’ayant pas été lancée, il n’est pas exclu que ces conducteurs refassent parler d’eux à l’avenir.

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