Mobilisation du 9 octobre : réchauffement social

En cette journée marquée par l’insupportable suspense autour du remaniement ministériel, les manifestations appelées par une petite intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, UNEF, FIDL et UNL, ainsi que des appels locaux de la FSU) ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestantEs.

Pourtant les conditions étaient plutôt défavorables pour cette première journée de mobilisation, depuis la rentrée, contre la politique du gouvernement Macron. D’abord un thème central très général « contre la destruction du modèle social  du gouvernement », jugé idéologique (?). Ensuite les divisions profondes entre une grande partie des organisations syndicales sur les contre-réformes engagées par le gouvernement : retraites, assurance chômage, financement de la Sécu. Enfin l’embourbement généralisé dans le dialogue social de la quasi totalité des directions. Un tel contexte qui faisait dire à Philippe Martinez : « La capacité à se mobiliser ne se mesure pas seulement au nombre de manifestants dans la rue ».

Une modeste réussite

Dans ce contexte, les dizaines de milliers de manifestantEs parisiens correspondent bien à une mobilisation certes en demi-teinte, mais plutôt réussie, avec une CGT dominante mais un bon cortège de Solidaires et de FO, beaucoup de retraitéEs, de jeunes, d’enseignantEs, notamment de lycées professionnels, et de personnels hospitaliers, notamment psy. 

Des caractéristiques que l’on retrouve en régions. 

Dans l’Ouest, 4000 au Havre, autant à Rouen avec un cortège ouvert par 400 dockers mobilisés contre les restructurations programmées, plusieurs centaines à Évreux ou Dieppe, et 3000 à Caen.

La Bretagne était mobilisée, avec 4500 à 5000 dans le Finistère, dont 2000 à Brest, 1000 à Quimper, 500 à Carhaix, 600 à Morlaix, 350 à Quimperlé. 4 à 5000 personnes à Rennes dont un « cortège de tête » de 800 et une majorité de CGT, mais une bonne présence de FO, Solidaires et même FSU et cortège de sans-papiers. Au Mans près de 4000 personnes, une majorité CGT, cortège lycéen dynamique et beaucoup de retraitéEs. 350 à Alençon.

Pour Grenoble, près de 3000 personnes, avec un cortège CGT correct, une présence de Solidaires, de la FSU, de FO, et des jeunes. À Lyon 6500 personnes, selon la CGT, avec de nombreux retraitéEs, cheminotEs, jeunes, ainsi qu’une bonne présence de FO et Solidaires. 350 manifestantEs à Soissons, avec départ devant l'hôpital. À Lille, plusieurs milliers de personnes, dont des métallos, des personnels des hôpitaux et des jeunes.

Des cortèges divers

Dans le centre, 3000 à 3500 manifestants à Tours, des chiffres proches de ceux du printemps. Les 2/3 CGT avec quelques boîtes du privé, une bonne mobilisation des lycées pro. À Châtellerault, plusieurs centaines de personnes, dont 200 salariéEs des Fonderies du Poitou sous le coup d'un (nouveau) plan de « sauvegarde de l’emploi ».

À Angers, 2800 personnes selon la CGT. Grosse présence hospitalière (CHS, CHU, EHPAD) CGT et FO. Le cortège de la FSU, qui localement appelait à la grève, comportait entre 200 à 300 manifestantEs,  Cortège dynamique de 300 lycéenNEs. Il y a eu également 270 personnes à Cholet, 150 à Saumur et 200 à Segré. 1200 manifestantEs à Orléans avec beaucoup de lycées pro.

Dans l’Est, 1000 manifestantEs à Strasbourg et plus de 800 pour Mulhouse, dont beaucoup de CGT et FO. 1400 à Montbelliard et 700 à Belfort et à Besançon.

Dans le Sud, au moins 3000 personnes à Montpellier avec un gros cortège CGT, forte présence du CHU, des retraitéEs et un petit groupe antifa et étudiantEs. À Perpignan, un gros millier dont beaucoup du secteur public. 1500 manifestantEs à Avignon, de la gare centre jusqu'à la préfecture, cortège CGT en tête bien fourni avec des retraitéEs, puis FO, FSU et Solidaires, plus nombreux que d'habitude. Marseille, 25 à 30 000 personnes, très majoritairement CGT, quelques FSU, et pas mal de Solidaires. À Toulouse, 5000 personnes dont 2/3 CGT, et près de 2000 manifestantEs à Nice. 

Robert Pelletier et correspondantEs

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