Mardi 24 septembre : pour les retraites, un tour de chauffe sous l’eau

La journée de mobilisation contre la réforme des retraites du 24 septembre s’inscrivait dans un calendrier très étalé mis en place par les différentes organisations syndicales. Alors que l’on pouvait penser que cet éparpillement serait démobilisateur, ces journées ont été utilisées par beaucoup comme une première répétition.

Ainsi, ce mardi, la CGT, la FSU, Solidaires, l'UNEF et l'UNL appelaient à manifester dans 150 villes, sous un mot d’ordre large, commun aux dernières mobilisations : « Emploi, salaires, services publics, retraites : stoppons la régression sociale ! », avec des appels à la grève dans un certains nombres d'entreprise et de services. Ainsi, même si la grève a été moins massive à la RATP que vendredi 13 septembre, de nombreuses lignes de métro, RER, tramways étaient en service réduits. De même à la SNCF, où la mobilisation sur les retraites rejoint celle contre la désorganisation de l’entreprise, et donc beaucoup de transiliens, intercités et TGV ne roulaient pas ce jour.

De Marseille à Brest…
En ce qui concerne les manifestations, la mobilisation est celle d'un début de mouvement.
À Marseille, 25 000 manifestanEs, essentiellement CGT (80%), un peu de Sud, très peu de FSU, petite présence des organisations politiques (PCF, LO, NPA). À Clermont-Ferrand, 1500 personnes à l'appel de la CGT soutenue par la seule UNEF. Pas de banderole de tête, peu de slogans. Solidaires localement n'appelait pas, mais était présents Sud CT, PTT, Santé sociaux, Solidaires étudiants). Pour la CGT présents AIA, santé, eau de Volvic, EDF, Finances publiques, Michelin... Une dizaine de camarades de l'UNEF. Le PCF avec un point fixe, LO, NPA,FI, présence d'Attac. 1500 à Saint-Étienne et un petit millier à Limoges.
À Rennes, 2000 personnes, 60-70% CGT (rail et transports bien représentés), FO et FSU (qui appelaient sur le 35) autours de 40 personnes chacune, une grosse centaine Solidaires (éducation, santé, territoriaux), PCF et LO assez nombreux, NPA, jeunesse complètement absente. Environ 600 personnes à Lorient pour manifester de la maison des syndicats au centre-ville.
À Angers 500 manifestantEs ; au Mans, 500 manifestantEs à l'appel de la CGT et de Solidaires mais surtout CGT dont SNCF, hosto et Renault. Présence significative de Gilets jaunes. Après la manif, rassemblement à l'appel des mêmes devant le commissariat central en solidarité avec un Gilet jaune convoqué le matin même et mis en garde à vue. Une convergence syndicats-Gilets jaunes très appréciée. À Saint-Nazaire, plus de 700 personnes étaient réunies, place de l’Amérique Latine jusqu'à la chambre de commerce et d’industrie. Pas mal de pluie à Tours, ce qui a refroidi les potentiels manifestantEs. Au final un bon millier dans la rue sans vraiment de cortèges de boîtes. À 80% CGT, un peu Solidaires et quelques FSU.
En Bretagne : Brest, 1500 ; Quimper, 300 à 400 (retraitéEs, hosto, enseignantEs, quelques boîtes du privé, commerce et agro, 80% CGT, reste Solidaires, FSU et UNSA, Manifestation peu dynamique et peu relayée en amont dans les boîtes ; Carhaix : 100 ; Quimperlé : 160 ; Morlaix :120.

Du Havre à Bordeaux…
En Normandie, rassemblement de syndicalistes CGT et de Gilets jaunes, qui ont bloqué l'A131 dans le sens Tancarville-Le Havre. À Rouen, sous une pluie battante, 1600 personnes, 1000 CGT, 300 Solidaires et environ 200 Gilets jaune en cortège en fin de manif, partie la plus dynamique de la manif qui a fusionné en partie avec celui de Solidaires. Quelques militants isolés de la FSU.
À Caen, autant d'eau et 500-600 courageuses et courageux qui ont répondu à l'appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU, ainsi que plusieurs noyaux de Gilets jaunes, toujours actifs en cette rentrée. Le parcours était d'ailleurs pensé pour rallier les différents secteurs en lutte. Partis de la principale caserne de pompiers, passage devant le CHU, le centre des impôts, avant de finir le rassemblement à l’université ; 2000 personnes au Havre.
Lille : quelques milliers en manif. Surtout public. Des taux de grève moyens à la SNCF mais majoritaires dans quelques services (60% au contrôle). 150 à Compiègne, 500 à Creil, 1000 à Reims, 800 à Strasbourg.
Entre 2000 et 3000 manifestantEs à Bordeaux sous la pluie. Essentiellement militantEs, peu de cortèges de boite mais des salariéEs de toutes petites boites qui avaient débrayé. Nombreuses discussions sur la situation, les suites, la politique des syndicats.

De Besançon à Paris…
À Besançon, environ 300 personnes entre la place de la Révolution jusqu'à l'Hôtel de ville, rejoint par un groupe de Gilets jaunes. À Dijon, rassemblement de 170 personnes, à l'appel de la CGT. Présence de Sud Rail avec drapeaux, quelques Gilets jaunes. À Grenoble, 850 manifestantEs, un hôpital de campagne a été monté « pour expliquer ce que sera l’hôpital de demain [où] il faudra un système assurantiel pour bien se soigner, que seuls les plus riches pourront se payer », selon Damien Bagnis, secrétaire départemental CGT Santé-Action sociale. À Lyon, 5000, en majorité CGT.
Toulouse : 3000-3500, CGT le plus gros, petits cortèges Solidaires et FSU, pas de Gilets jaunes. À Nîmes, à l'appel de la CGT et Solidaires, moins de 1000 personnes. Beaucoup de retraitéEs. Des délégations d'entreprises plus ou moins grandes : cheminotEs, CHU, Marcoule, Perrier, éduc, territoriaux... Manif à Alès avec barrage filtrant. Une mobilisation de 2000 personnes à Montpellier.
Perpignan, 1500 maximum, en-deçà donc des précédentes « journées d’action ». FSU et Solidaires (qui appelait aussi ici). Les bus départementaux, par contre, bien en grève mais pas présents dans la manif. Présence de Gilets jaunes, à nouveau dans une initiative syndicale. Absence des jeunes.
À Paris autour de 15 000 manifestantEs avec un important cortège de la CGT, le reste très petit (FSU, solidaires, UNSA). Cortèges éducation et Solidaires moins longs mais dynamiques (notamment cheminots Sud Rail).

Robert Pelletier (avec correspondantEs locaux)

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