Macron n’a pas renoncé à la réforme des retraites, préparons la poursuite des mobilisations

À coups de « 49-3 » le gouvernement a fait adopter le 4 mars 2020, en première lecture, la loi de réforme des retraites. Le 16 mars, la crise sanitaire obligeait Macron à « suspendre toutes les réformes à commencer par la réforme des retraites ». Il n’avait pas du tout renoncé à ses projets de destruction des acquis sociaux contrairement à ce qu’annonçaient des médias.

Ces derniers jours, des annonces distillées par les membres du gouvernement annoncent la poursuite de l’examen parlementaires du texte sur les retraites. Comme à chaque fois, le Comité d’Orientation des Retraites (COR) a préparé le terrain en publiant une note alarmiste annonçant un déficit des régimes de retraites de près de 26 milliards à la fin de l’année, contre 4,2 milliards estimé avant la crise du coronavirus et le Medef, mais néanmoins il précise que « ses estimations sont provisoires et susceptibles d’être ultérieurement révisées de manière significative ».

Selon le journal Le Monde, une source parlementaire évoquerait la reprise de l’examen du texte au parlement en septembre. Mais le gouvernement prend soin de ne pas annoncer de date. Il est donc nécessaire d’être vigilant, le Parlement est convoqué en session extraordinaire le 1er juillet 2020 et parmi les points à l’ordre du jour figure, outre celui sur l’autonomie, un projet de loi organique et ordinaire (comme c’est le cas sur les retraites) relatif à la dette sociale.

Des informations sont aussi distillées dans la presse annonçant que le gouvernement serait prêt à renoncer à plusieurs points de son projet, notamment la durée de cotisation et l’âge pivot, mais ne renoncerait pas à la disposition centrale de sa réforme, la mise en œuvre d’un système par points. Cette disposition est suffisante pour faire baisser le montant des pensions, puisqu’il suffit pour cela d’annoncer une baisse de la valeur du point. Et ce pourrait n’être qu’une manœuvre pour distiller peu à peu les différentes mesures de sa contre-réforme.

Dès maintenant toutes les organisations syndicales, associatives, politiques doivent donc se préparer à relancer unitairement la mobilisation, en tenant compte du bilan des luttes entre décembre 2019 et février 2020. Sept journées nationales de mobilisations n’ont pas été suffisantes, malgré l’ampleur des manifestations, pour faire céder le pouvoir.

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