Lycées et universités : la balle est dans le camp de la jeunesse

Jour après jour, la liste s’allonge des lycées où les épreuves du « bac Blanquer » ont été annulées, reportées ou boycottées, et les élèves sont en nombre avec leurs professeurs. Avec le retour des étudiants en cours, les AG par fac ou par UFR se remplissent petit à petit mais aussi très vite : 600 étudiants à l’AG de Nanterre ou 200 à l’AG de l’UFR de philo à Paris 1.  

Les cortèges jeunes prennent des couleurs, parfois en lien avec les profs du secondaire ou du supérieur. La grève des cheminotEs sous une forme reconductible s’essouffle ? Pas la mobilisation ! 

Un bac Blanquer à la sauce Castaner

La coordination des enseignantEs grévistes a recensé pour la semaine dernière 100 établissements où les épreuves ne se sont pas tenues et 400 lycées où des AG d’enseignantEs grévistes ont voté contre ces épreuves. Le gouvernement a décidé de passer en force ces épreuves, à coup de prime aux recteurs et de sanctions administratives pour les contestataires. La blanquette ne prend pas.

Les lycéenEs sont nombreux à participer à ces actions : elles et ils comprennent que, derrière ces épreuves, c’est une partie de leur avenir qui se joue, car cette réforme accentue les inégalités entre établissements… et donc entre élèves. À Epinay-sur-Seine, les élèves ont fait une chaîne humaine pour bloquer, à Lille une centaine d’élèves ont refusé de rentrer dans les salles d’examens, dans un lycée du Tarn ils étaient 70 sur 100 à participer au boycott… Et tout cela malgré les menaces des proviseurs ! Les semaines qui viennent seront déterminantes, et il appartient à tous les jeunes de faire vivre cette mobilisation contre le bac Blanquer, mais aussi contre la vie de misère qu’ils nous préparent, au travail comme à la retraite.

« Notre réponse sera la mobilisation »

À Strasbourg, une soixantaine de lycéens se sont adressés aux lycéens d’autres lycées avec l’appel suivant : « Nous avons perturbé voire annulé le baccalauréat, l'examen central du cursus scolaire, celui qui consacre le tri social entre les enfants des beaux quartiers et la jeunesse populaire. C'est parce que notre combat n'est pas seulement contre cette réforme du bac mais contre toute cette société de sélection, de précarité et de misère. La balle est dans le camp de la jeunesse.  En troublant les E3C, elle fait trembler le gouvernement. En rejoignant le combat de tous les travailleurs contre la réforme des retraites, elle le fera plier. […] Blanquer croit nous faire peur en envoyant les flics sur nos blocages et en nous menaçant d’exclusion. Notre réponse sera la mobilisation. Nous exigeons la non-comptabilisation des absences depuis le 5 décembre, l’arrêt immédiat des procédures disciplinaires contre les lycéens mobilisés et de la répression administrative et policière. Nous appelons tous les lycéens à s’engager dès maintenant dans la lutte, à organiser dans leur lycée des assemblées générales et des débats, à se regrouper entre lycées pour échanger et se coordonner pour décider de la suite de la mobilisation. »

Selma Timis

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