Lutte des intermittentEs et précaires : libération du camarade de la Cie Jolie Môme en GAV !

Lundi 6 juin avait lieu une nouvelle AG des intermittents et précaires, qu'est-ce qui s'est décidé ?

Clément, Cie Jolie môme : L'AG de lundi était importante parce qu'on a eu un espoir le 28 avril dernier, même si beaucoup d'entre nous n'étions pas dupes. Un accord qui nous est favorable a été signé par les fédé employeurs et salariés du spectacle ce jour là. Depuis il y a eu un chiffrage de cet accord mais il a été rejeté par le MEDEF et la CFDT au niveau des négociations interprofessionnelles sur l'assurance chômage. Le gouvernement a annoncé qu'il était prêt à mettre la main à la poche pour faire passer cet accord qui concerne les annexes 8 et 10. On s'oppose à la participation financière de l'état dans le cadre de l'assurance chômage. C'est une manière de nous sortir de la solidarité interprofessionnelle sur laquelle repose l'assurance chômage. C'est aussi le début de la mise en place d'une caisse autonome qui nous met à la merci des différents gouvernements. Par ailleurs, les annonces sur le régime général dans l'assurance chômage sont catastrophiques. Ils veulent attaquer toujours plus les chômeurs à activité réduite et les plus précaires. Et ces attaques s'inscrivent bien sûr dans un contexte plus général avec la loi travail contre lequel on se bat. On s'est mis d'accord sur la poursuite de la mobilisation avec un calendrier
qui s'appuie sur la convergence des luttes pour maintenir la pression. Des actions ont lieu tous les jours. Le 14 juin, on appelle à se mettre en grève et à manifester. Dès ce jeudi, une manif est appelé par les cheminots. Le prochain jour de négociation sur l'assurance chômage sera le 16 juin.

Là on est devant un commissariat pour demander la libération d'un camarade qui a été mis en garde à vue suite à une de ces actions, comment ça s'est passé ?

Le lendemain de l'AG, hier mardi 7 juin, on est allé rendre visite à ceux qui nous tapent toujours dessus et qui demandent toujours plus d'économies sur le dos des plus précaires, des chômeurs, des intermittents notamment et qui demandent l'application d'une loi travail encore plus stricte que celle proposée par le gouvernement. On est allé envahir les locaux du MEDEF. C'était une bonne occasion car ce jour là avait lieu une conférence sur l'optimisation fiscale dans les entreprises. Il y en une qui a été bloquée en province, c'était "Comment sécuriser vos licenciements ?". On est restés deux heures avant de se faire sortir par la police. Au commissariat on a tous eu le droit à un contrôle d'identité et ils nous ont pris en photo. C'était pas possible de refuser la photo. Il y en a qui se sont cachés mais ils y ont quand même eu le droit. Et surtout il y a un de nos camarades qui a été embarqué dans un autre commissariat en garde à vue après s'être fait frappé par le chef de la sécurité du MEDEF. Pour se protéger, le chef de la sécurité du MEDEF a porté plainte contre notre camarade. Il est en GAV depuis plus de 24h au moment où on se parle [mercredi 8 juin à 14h] et on est devant le commissariat du 7ème pour demander sa libération immédiate. Il n'a rien fait, il s'est fait frappé sans aucune raison par ce mec de la sécu.

Quelles autres actions sont en cours ?

Ce matin on est allé prendre le petit déjeuner devant l'appartement de la ministre El Khomri pour exiger à nouveau le retrait de la loi travail. Dans la foulée on a rejoint des cheminots à Gare du Nord pour bloquer le train qui ramenait le trophée de la coupe d'Europe. On fait des actions en commun. On des clairement sur une logique de convergence. Il y a plein de secteurs en lutte mais c'est un projet global de société contre lequel il faut lutter. On nous promet encore plus de précarité, encore plus de misère. Le patronat veut rogner sur tout, sacrifier les chômeurs et attaquer les régimes spécifiques. Même si chacun est attaqué dans son secteur, il faut se battre ensemble pour gagner.

 

Propos recueillis par une correspondante

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