Lille : la prison pour avoir dissimulé son visage…

Au terme d’un procès qui a duré huit heures, Antoine, travailleur précaire de 28 ans, militant de la CGT et d’AL de Valenciennes, a été condamné par le TGI de Lille à 10 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve : 8 mois pour de prétendus « faits de violence », 2 mois pour refus de prise d’empreinte génétique et à 2 années d’interdiction de manifester dans le département.

 

Une arrestation totalement arbitraire 

Le 17 mai, dans le cadre d’une manifestation tendue contre la loi travail, pour le simple fait d’avoir à un moment « dissimulé son visage », Antoine était violemment interpellé par trois énergumènes qui se sont jetés sur lui. Pour s’être débattu alors qu’il était plaqué au sol, et que les policiers en civil ne portaient pas de brassards, il s’est vu accusé de violences contre les forces de l’ordre et incarcéré après avoir refusé la comparution immédiate pour préparer sa défense. Aucun fait préalable à son interpellation ne lui était reproché, ce qui n’a pas empêché le procureur de placer Antoine en détention provisoire jusqu’à son procès ! 

Jacques, un autre manifestant qui a voulu s’interposer pour défendre Antoine, a lui aussi été poursuivi sans être incarcéré. Tous deux passaient en procès le 9 juin.

Prisonnier politique

La police et la justice voulaient clairement faire un exemple contre un militant de la CGT.

Le procès d’Antoine le 9 juin a été un véritable procès politique contre la CGT. Ce jour-là, 250 militants et amis étaient devant le TGI de Lille pour exiger sa libération immédiate et l’abandon de toutes les poursuites à son encontre.

L’absence totale de preuves (la police n’ayant transmis aucune vidéo à la justice), un dossier entièrement vide n’ont pas empêché le juge de condamner Antoine à 10 mois de prison avec sursis et de condamner Jacques à 6 mois avec sursis et, comme Antoine, à deux ans d’interdiction de manifester dans le Nord.

A l'annonce du verdict un peu avant minuit, le soulagement de voir Antoine sortir enfin de prison après trois semaines d’incarcération le disputait à la colère d’une condamnation d’une justice aux ordres.

 

Correspondant

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