Les intermittentes en retour de maternité vont être privées de droits

Quand une intermittente du spectacle est enceinte et obtient des indemnités journalières de la Sécu (il faut remplir un certain nombre de conditions pour cela, et se battre avec la Sécu pendant des mois pour faire valoir ses droits), Pôle emploi considère ensuite que chaque jour indemnisé par la Sécu équivaut à 5 heures travaillées. Un congé maternité dure entre 8 et 16 semaines, ce qui fait donc entre 280 et 560 heures. Pour ouvrir des droits au titre de l’intermittence (régime spécifique de l'assurance chômage), il faut avoir travaillé 507 heures. Ces 5 heures par jour sont donc très importantes.

Mais pour avoir droit à cette « équivalence » de 5 heures par jour, il faut avoir retravaillé entre la fin de son congé et la réouverture de ses droits. C'est déjà compliqué en temps normal, parce que pour une danseuse, une trapéziste, une régisseuse ou même une comédienne, il n’est pas toujours facile de retravailler rapidement après une grossesse.

Mais, aujourd'hui, avec le coronavirus, c'est carrément mission impossible...

Les syndicats de salariéEs ont interpellé Pôle emploi et le gouvernement sur cette question, qui concerne aussi les arrêts liés à un accident du travail ou à une ALD (affection longue durée)... Aucune réponse n’a été apportée. Nous exigeons un décret qui nous dispense de cette date travaillée après le congé, qui prive des dizaines de femmes de tout revenu.

Nous exigeons par ailleurs que les droits acquis par les intermittentEs soient élargis à toutes et tous les chômeurs et chômeuses, parce qu'aujourd'hui il n'y a que les annexes 8 et 10 qui les prennent en compte... Les congés maternité ne peuvent pas compter pour du beurre !

 

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