Garder les bonnes habitudes !

Il n’a pas échappé aux agentEs de la SNCF, comme à leurs collègues de la RATP et à bien d’autres salariéEs, que le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari s’est prononcé, sur France Info le mardi 8 septembre, sur le préavis de grève déposé pour le 17 septembre prochain par la CGT (et Sud-Rail, entre autres). Il n’aime pas ! « J’ai du mal à comprendre, très honnêtement, cette grève […], c’est un peu une grève par habitude […] et c’est dommage parce que dans un moment compliqué pour la France […], j’aurais espéré qu’il y ait une forme de paix sociale »… Taratata !
Le propos a irrité et amusé.

Irrité parce que les cheminotEs n’en sont pas à la première campagne contre eux, prétendus privilégiés. Les 4,7 milliards d’euros que le gouvernement annonce pour les transports dans son plan de relance n’amèneront pas les dizaines de milliers d’embauches nécessaires dans le secteur, ni l’amélioration des salaires, retraites et conditions de travail, rognés par des restructurations permanentes. Et quand un journaliste demande à Djebbari pourquoi un siège sur deux seulement est occupé dans un cinéma tandis qu’aucune barrière n’est mise dans des rames de trains bondées aux heures de pointe, il reste sec. Ou plutôt il répond « l’économie d’abord ». Entendez les profits, tant pis pour vos vies ! Et il y aurait à dire sur la situation sanitaire que la SNCF inflige depuis des mois à ses agentEs comme aux usagerEs.

Mais le propos a amusé aussi ! C’est bien que le ministre rappelle aux cheminotEs qu’il y a un préavis de grève pour une journée confédérale qui concerne d’ailleurs touTEs les travailleurEs. Prenons note ! Bien vu aussi – et un honneur rendu aux cheminotEs – de rappeler qu’ils ont l’habitude de faire grève, l’habitude de se défendre en réagissant collectivement – presque tous les deux ans depuis 2014. Cela s’appelle une tradition de lutte et les cheminotEs, comme d’autres, ont quelques raisons d’en être fiers.

C’est précisément ce qui fait flipper en haut lieu, chez les hauts cadres de la SNCF comme dans les salons ministériels. Et si on avait encore une grève comme l’hiver dernier ? Djebbari a surtout vendu la mèche de leur trouille !

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