Fin des emplois aidés : Fréquence Paris Plurielle menacée

Le gouvernement a annoncé à la fin de l’été une réduction drastique des emplois aidés. Si cette réduction ne concerne pas la police et ne devrait pas connaître l’ampleur initialement annoncée dans l’Éduction nationale, elle va durement frapper le secteur associatif et les collectivités territoriales.

Parmi les associations mises en péril par cette mesure, on trouve la radio Fréquence Paris Plurielle (FPP, 106.3).

FPP est une radio associative qui existe depuis 25 ans, elle émet sur Paris et sa banlieue et rassemble près de 100 émissions différentes et près de 200 animateurEs. Elle accueille sur ses ondes de nombreuses émissions qui se font l’écho des luttes et des mobilisations : précaires, écolos, mal-logéEs, antifascistes, militantEs de la solidarité avec le Chiapas ou la Palestine, féministes, migrantEs… On peut aussi y entendre une série d’émissions faites par et pour les communautés étrangères présentes en Île-de-France, et toute sorte de musiques aussi bruyantes que rares sur la bande FM.

Depuis près de 10 ans le budget de cette radio ne cesse de baisser. L’État et les collectivités territoriales se désengagent peu à peu des radios associatives et plus largement de l’ensemble du secteur associatif. C’est avant tout la baisse des dotations qui a obligé cette structure à recourir à des emplois aidés.

Précarité

Pour fonctionner (entretenir le matériel, suivre l’antenne, former les animateurEs, gérer l’administration, etc.), FPP s’appuie sur cinq salariés en CUI, des contrats aidés, mal payés (690 euros par mois pour 20 heures par semaine) et précaires (le nombre de renouvellements est limité). Mais le gouvernement ne propose pas de mettre fin à ces contrats pour les remplacer par des contrats meilleurs et plus protecteurs pour les salariéEs : il souhaite simplement y mettre fin. La mesure s’applique d’ailleurs déjà : il est désormais impossible de les renouveler. 

Cette décision condamne à court terme les salariéEs de la radio au chômage et met la survie de l’antenne en péril.

Face à cette situation, les salariéEs et les bénévoles-militantEs de FPP se mobilisent. Ils ont participé à la création du « Collectif des coûteux et inutiles » qui rassemble des salariéEs en emploi aidé (le plus souvent des CUI) de diverses structures associatives et municipales en Île-de-France.

Outre la participation aux échéances de mobilisation contre la loi travail XXL, ce collectif se retrouvera dans la rue le mardi 26 septembre pour revendiquer l’abandon de cette mesure, et revendiquer, à l’inverse, une véritable politique de soutien au secteur associatif.

D’ici là, n’hésitez pas à écouter FPP (106.3 FM ou rfpp.net) : on y parle beaucoup des mobilisations actuelles.

Pierre Baton 

 

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