Élections dans la Fonction publique : de la stabilité et beaucoup de commentaires

Comme cela était prévisible, la CFDT devient le « premier » syndicat français dans l’ensemble public-privé. C’est ce non-événement que les médias vont relayer dans la foulée de la publication des résultats des votes aux élections professionnelles dans la Fonction publique.

Du 29 novembre au 6 décembre 2018, les élections professionnelles se sont déroulées pour la deuxième fois simultanément dans les trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière), ainsi qu’auprès des fonctionnaires de La Poste, d’Orange et des agentEs publics d’autres organismes, permettant de déterminer la représentativité syndicale au niveau national. La CGT reste première dans la fonction publique dans son ensemble (État, hospitalière, territoriale) avec 21,8 % des suffrages, suivie par la CFDT (19 %) et Force ouvrière (18,1 %).

Participation en baisse

Pour la représentativité, sont pris en compte les résultats de 7 021 comités techniques au sein desquels sont représentéEs l’ensemble des agentEs publics, soit 5,1 millions d’électeurEs. 2,5 millions d’agentEs publics ont participé au vote, soit un taux de participation pour l’ensemble de la FP de 49,9 %, en recul de 3,1 %. En raison de ce recul, les organisations baissent en voix : la CGT en a perdu 78 500 soit 1,3 point par rapport à 2014 et la CFDT 47 620 soit 0,3 point.

La participation a été plus élevée dans la fonction publique territoriale (51,9 %, 50,2 % en 2014) que dans la fonction publique d’État (50,9 %, 54,9 % en 2014) et plus faible dans la fonction publique hospitalière (44,7 %, 50,2 % en 2014). Les plus faibles participations sont dans l’É́ducation nationale avec 42,6 % de votantEs et l’Enseignement supérieur avec 30,7 %, qui représentent au total 50 % de la FP d’état et 38 % de l’ensemble de la FP.

Premier état des lieux dans les ministères

Dans l’Éducation nationale (1 300 000 inscritEs), stabilité avec la FSU à 34,91 %, l’UNSA à 21,6 % et FO à 13,66 %. À l’Intérieur (186 000 inscritEs), FO reste en tête, en progression avec 34,40 %, contre 31,99 % en 2014, devant la CFE-CGC, en baisse à 31,84 %. 

Du côté Économie et finances (142 000 inscritEs), Solidaires conserve sa première place avec 29,98 % des suffrages, suivie par la CGT avec 24,04 %.

Dans les autre ministères, stabilité sauf à la Transition écologique et solidaire-Cohésion des territoires (64 500 inscritEs) où avec 24,47 % des voix la CGT ravit la première place à Force ouvrière à 22,65 % et dans les Armées (65 240 inscritEs) où le classement est bousculé avec la CFDT en tête avec 27,33 % des voix (contre 20,77 % en 2014) à la place de FO qui recule à 26,06 %.

Questions aux syndicalismes

Dans l’attente des résultats complets et détaillés, ce qui domine, c’est la grande stabilité des rapports de forces. FO n’est pas fortement pénalisée par ses « affaires ». Le positionnement dans la mobilisations des Gilets jaunes semble également n’avoir qu’un faible impact. Si la généralisation du vote électronique a pesé sur la participation, il est certain que les prises de distance vis-à-vis d’un syndicalisme perçu comme « perdant » sont confortées, à l’image de ce qu’exprime la mobilisation des Gilets jaunes. En matière de dialogue social, les salariéEs préfèrent l’« original » c’est-à-dire la CFDT, aux copies, souvent contradictoires (CGT, FO) entre des « bases » qui peuvent être perçues comme combatives et des « sommets » englués dans ce dialogue. De quoi alimenter le débat du prochain congrès de la CGT, dans la foulée d’une mobilisation par rapport à laquelle les syndicats ont bien du mal à se positionner. 

Robert Pelletier 

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