Écoles et crèches de Marseille : le système Gaudin craque de partout

Le pauvre Gaudin a de plus en plus souci… Le scandale de l’habitat indigne ne suffit pas, voilà que les personnels des écoles et crèches se mettent en grève.

 

Il faut dire que dans ces services où les conditions de travail ne cessent de se dégrader depuis des années, ce n’est pas la hotte du Père Noël qui était pleine, mais la coupe. Pour une mairie qui ne cesse de répéter qu’éducation et petite enfance sont ses priorités, cela laisse sans voix… Marseille n'est pas à une contradiction près !

 

Revendications brûlantes

Dans les écoles, surtout depuis 2012, quand le corps des « volantes » a disparu, le sous-effectif permanent empêche les agentEs de poser leurs jours de récupération, gelés début 2018 (14 000 jours cumulés d’après l'administration !), et dont on a laissé entendre qu'ils seraient perdus. Seule la menace d’une grève avait permis de trouver une solution bancale.

Mais depuis la rentrée, les raisons de la colère se cumulent : gros dysfonctionnements du logiciel du concessionnaire cantine, SODEXO, turn-over très fréquent, déplacements au pied levé, non respect du cadre d'emploi…

Lors d’une rencontre avec l’administration dans le cadre de la modification du temps de travail, la CGT a insisté sur l'urgence d’entendre les revendications brûlantes du personnel, sur les conditions de travail inacceptables qui mettaient les agentEs en danger physique et moral, mais aussi et surtout les enfants qui leur sont confiés.

Un préavis de grève reconductible a été déposé, allant du 30 novembre au 21 décembre, pour faire valoir ces revendications : recréer un corps de 300 « volantes » (cantinières, agentEs sociaux territoriaux, agentEs spécialiséEs des écoles maternelles) ; prise en compte de la pénibilité et application de l'article 2  permettant de travailler sous les 1607 heures ; prise en compte du temps d'habillage et déshabillage ; baisse des quotas de surveillance.

À ce jour, la seule réponse de la mairie a consisté en des communiqués mensongers diffusés aux parents, prétendant que les agents ont une prime, alors qu’il ne s’agit que du paiement de jours dus et dont une partie seulement du personnel bénéficie, et annonçant des d'embauches déjà actées… et toujours attendues. Aucune avancée n’a donc été obtenue fin décembre, et le préavis a été reconduit jusqu’aux vacances d’hiver.

 

Dans les crèches aussi

Même constat pour les crèches en 2018 : dégradation des conditions de travail et bouleversement du rythme de travail de façon disparate d'une crèche à l'autre ; réduction de corps de « suppléantes » à presque rien, et déplacement d’agentEs vers d'autres structures ; manque de personnel malgré la recrudescence des taches quotidiennes accentuées depuis le dispositif de « Certification AFNOR » ; explosion des taux de fréquentation ; passage aux 1607 heures entérinant les 39h15 hebdomadaires alors que le personnel est déjà à bout de force, avec au passage un mépris pour la pénibilité et les sujétions particulières.

Cerise sur le gâteau : 2 crèches des 13eet 15earrondissements ont été fermées, l'une pour cause de pollution (proximité de la rocade L2) l'autre pour vétusté du bâtiment (décidément, une habitude à Marseille !), réduisant l'offre de places aux familles dans des quartiers populaires qui plus que d'autres, ont besoin de services publics forts.

Le personnel des crèches a donc reconduit la grève jusqu’au 31 décembre. Fait inhabituel : la position de FO, soutien de toutes les équipes municipales depuis plus de 60 ans, qui cette fois s’est engagée dans la grève (jusqu’où ?). Sans doute la perte de la majorité absolue à la Ville, lors des dernières élections professionnelles y est pour quelque chose ,au moment où la CGT gagne 3 points par rapport à 2014. Mais ne boudons pas notre plaisir, si cela peut aider à la mobilisation des agentEs !

 

Françoise et J. Marie

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