Dockers du Havre (76) : provocations à répétition

Vendredi 25 novembre, deux dockers du Havre étaient convoqués au tribunal correctionnel de Paris, pour faits de violences prétendument commis lors d’une manifestation contre la loi travail le 14 juin dernier à Paris.

 

Leur interpellation, survenue le jour de la venue du secrétaire général Philippe Martinez dans la cité portuaire, était une véritable provocation à l’encontre de la CGT, syndicat unique des dockers. Dès que la nouvelle de l’interpellation a été connue, les dockers et ouvriers portuaires ont cessé le travail, stoppant toute activité sur le port. La grève s’était arrêté en fin de journée, quand les deux dockers avaient été relâchés après toute une journée de garde à vue à Paris.

Suite à cette garde à vue, les deux dockers comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Paris, l’un pour violence contre un agent des forces de l’ordre, l’autre pour jet de projectiles.

 

Attention, justice de classe...

Ce vendredi 25 était donc une nouvelle journée de mobilisation, avec une délégation de 150 dockers du Havre et des représentants d’autres ports, du syndicat du nettoyage, de l’Union départementale de la Manche. Un rassemblement de faible ampleur au regard de la déclaration de Philippe Martinez affirmant pourtant le 31 août que « toute la CGT va se mobiliser pour dénoncer ce cas ». Mais choix fait par les structures syndicales de refuser toute provocation...

Dans le tribunal, le scénario désormais habituel : dénonciation des violences des manifestantEs, des vidéos (dont une issue d’un journal russe !) qui ne montrent rien, 45 jours d’ITT pour un flic, etc. Le procureur demande quand même huit mois, dont quatre fermes avec aménagement de peine, et quatre avec sursis. Les avocats des deux dockers montreront sans peine qu’aucun début de preuve n’est fourni et ont donc exigé la relaxe. Mais attention, la justice de classe est en action. Délibéré le 16 décembre.

Robert Pelletier

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