Culture et spectacle vivant : à deux doigts du burn out

Austérité, travail non rémunéré, attaque contre les intermittent.e.s, casse des droits des travailleur.se.s, précarité…

Depuis quelques semaines, les attaques contre le spectacle vivant et contre ses travailleur.se.s se multiplient. Elles sont dans la logique des attaques menées depuis la fin des années 90, (droits sociaux, réorganisation des subventions, transfères de budgets aux collectivités locales) mais connaissent une fulgurante accélération.
Les transferts de budgets aux collectivités locales ont permis que la baisse baisse drastique des subventions pour les lieux, les festivals et les compagnies soit morcelée et peu invisible car chaque collectivité l'a fait a son rythme et de manière disparate accentuant la dépendance des artistes aux petites chefferies locales. Il n'est plus rare de voir des lieux fermés, des festivals arrêtés, des compagnies en pénurie pour avoir osé exprimer un désaccord avec un.e élu.e. Plus globalement, les budgets culturels sont réorientés vers de l'événementiel ayant pour but principal de pousser à la consommation, dans des centres villes devenus des supermarchés à ciel ouvert. Les artistes ne sont plus toléré.e.s que s'il.elle.s y jouent le rôle d'animateur.rice.s commerciaux.ales.
C'est en parallèle que les attaques sur les droits sociaux viennent accentuer la violences des coups portés aux travailleur.se.s de ces professions.
En effet, la loi "création architecture et patrimoine", qui revient sur la présomption de salariat pour les artistes dans les spectacles professionnels, permet dorénavant de remplacer des travailleur.se.s professionnel.le.s par des amateur.rice.s non rémunéré.e.s supprimant ainsi beaucoup d'emplois en particulier pour les professions artistiques comme les choristes, ou les musicien.ne.s.
Après les attaques de 2003, 2005 et 2014, la re-négociation de la convention de l'UNEDIC, sur l'indemnisation chômage s'annonce encore plus violente. Les propositions faites par le gouvernement sont inacceptables, malgré la hausse du chômage et les baisses de cotisations, l'assurance chômage n'est pas déficitaire dans sa partie indemnisation or, gouvernement et patronat exigent une "économie" de 800 millions sur les indemnisations des chômeur.se.s dont un tiers devraient être supportés par les intermittent.e.s qui représentent moins de 5% des indemnisé.e.s et des sommes versées.
De plus, la "Loi Travail" revient sur des conquêtes acquises par les chômeur.se.s face aux politiques vexatoires de Pôle Emploi et provoquera une aggravation des conditions de travail comme pour les autres travailleur.se.s.


Face à ces multiple attaques, les intermittent.e.s commencent à se mobiliser

En effet, depuis le lundi 4 avril, en parallèle de la lutte contre la "Loi Travail", les Coordinations d'Intermittent.e.s et de Précaires ont tenu une quarantaine d'assemblée générales, pour informer de la teneur des attaques et débuter une mobilisation.
Dans un nombre conséquent de villes, les AG ont été massives, des actions coups de poings ont déjà eut lieu ciblant des lieux symboliques du pouvoir culturel, du patronat de son allié le PS, d'autres sont en préparation. À Paris, une AG de 1000 personnes ainsi qu'une de 250 se sont tenue simultanément au Théâtre de la Colline, elles ont en suite rejoint la place de la République et sa Nuit Debout.

Face à l'ampleur des attaques et au début de mobilisation : construire la lutte.

Alors que la jeunesse est mobilisée depuis un mois et que les manifestations des 9 et 31 mars ont été massives avec des grève dans certains secteurs, il est temps de construire la mobilisation dans les théâtres, les opéras, les salles de concert et les festivals.
Il est important de lier les attaques que sont celles faites aux droits sociaux aux politiques d'austérités faites depuis trop longtemps, pour cela, il nous faut établir une liste de revendications et commencer à construire le rapport de force, face au gouvernement et au Medef, de commencer à mettre des théâtres en grève et des festivals à l'arrêt.

Ce que nous défendons, nous avons l'occasion de le défendre tou.te.s ensembles!

Correspondant.e.s

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