Continuité du service public et conditions de travail très dégradées à la mairie de Paris

Depuis l’annonce de la fermeture des écoles et des crèches, puis celle du confinement, la Ville de Paris a mis en place son « plan de continuité des Services Publics ». Les services publics, si souvent critiqués et sur lesquels on tente en permanence de faire des économies, sont donc bien en première ligne dans le cadre de cette crise.

Une « continuité du service public » de façade

Certains services, considérés comme essentiels, sont maintenus mais réorganisés. Les autres ont été fermés ou mis en télétravail. Ainsi, les services qui continuent à fonctionner le font sur des compétences réduites (accueil des seuls enfants des personnels hospitaliers pour les écoles et crèches, collecte des déchets et seulement certaines taches de nettoyage ciblées pour les services de la propreté, décès et naissances seulement à l’état civil, etc.).

La « continuité du service public », leitmotiv qui sert à justifier beaucoup de contraintes et de devoir en temps normal, en a donc pris un coup : beaucoup de services importants pour les usagers sont mis en sommeil. La crise démontre que la continuité du service public est très relative.

Entre le confinement et le maintien des services les contradictions sont fortes

Cela se traduit par une réelle difficulté pour maintenir ces services ouverts. Les agents des services publics sont eux aussi malades et la gestion des cas de maladie pose clairement problème. Des mesures a minima sont prises pour éviter trop de contacts entre les collègues et les mesures de nettoyage sont renforcées. Cependant, il n’y a pas de test des collègues qui présentent des symptômes de la maladie et  on doit faire face au risque de propagation du virus et à la peur qui va avec.
Chacun est mis devant une responsabilité individuelle, choisir entre l’autoconfinement et la mise en arrêt éventuellement par un médecin, mais cela ne résout pas le problème pour les porteurs sains.

Car le service public territorial devrait contribuer au fonctionnement du pays pendant la crise, non pas devenir un amplificateur de la crise sanitaire en étant un vecteur de contamination.

Pour cela les mesures barrières ne sont pas suffisantes, on le voit bien à l’hôpital où beaucoup de soignantEs sont contaminéEs. Cela nécessite des politiques autres que le confinement : une solution médicale, donc des moyens pour tester systématiquement, des moyens pour les hôpitaux, des moyens pour la recherche de traitements. Pas des moyens pour assurer les banques…

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