1er mai : C’est dans la rue que ça se passait

Tour d’horizon de la journée internationale de lutte des travailleurEs. Ici et ailleurs...

De Paris à Perpignan

En France, ce 1er Mai était placé sous la pression des débats et enjeux de l’élection présidentielle. Sur fond de désaccords sur les consignes de vote au deuxième tour (voir article en page 8), les manifestations étaient dans la plupart des cas appelées unitairement par CGT-FO-Solidaires et FSU, tandis que CFDT-CFE/CGC-CFTC organisaient ici ou là des rassemblements séparés. Le résultat est pour le moins mitigé...

Alors qu’en 2002, un million et demi de personnes avaient défilé, dont un tiers à Paris, pour 2017, on est aux environs de 150 000 manifestantEs nationalement, dont moins de 50 000 à Paris. De Perpignan (1 000),  à Lille (1 500), en passant par Marseille (7 000), Montpellier (3 000), Nantes (5 000), Bordeaux (4 000), Toulouse (6 000), Lyon (5 000), Strasbourg (2 000), Tarbes (1 000), Avignon (1 000), Chambéry (700), Rouen (1 800), Dijon (1 100), le Finistère (3 000, dont 800 à Quimper), le Jura (1 100), Grenoble (5 000), Le Havre (700), Auch (800), Alès (1 000), partout des chiffres légèrement supérieurs aux manifestations « classiques » du 1er Mai... mais très inférieurs à 2002.

Seule la présence policière était en forte augmentation par rapport aux années précédentes, sans atteindre, malgré tout, les « démonstrations de force » de la loi travail. Une présence en tout cas suffisante pour créer des incidents, notamment à Paris, sur-médiatisés comme il se doit...

Les cortèges ressemblaient à ceux de la loi travail : militants, personnes politisées mais débordant peu au-delà des équipes militantes. Le plus gros des effectifs était fourni par la CGT, avec des cortèges Force ouvrière moins significatifs que lors des manifestations contre la loi travail. Solidaires avait une présence réelle, colorée et souvent plus dynamique. La FSU était en mode extrêmement mineur...

Du côté des associations, une mobilisation également en demi-teinte avec une grosse sympathie pour les Palestiniens et les Turcs. De nombreux cortèges de La France insoumise, et des cortèges du NPA à peu près partout, avec une forte sympathie exprimée pour Philippe Poutou à Paris.

D’Ankara à Portland

Dans de nombreux pays, c’est aussi la dimension politique qui caractérise les manifestations du 1er mai 2017.

Des milliers dans l’État espagnol contre l’austérité et la corruption. Au Portugal, des milliers à crier « Sans espoir, il n’y a pas d’avenir ! » En Afrique du Sud, le président Jacob Zuma hué par une manifestation organisé par la COSATU pourtant très liée à l’ANC. En Turquie, la police a interdit aux milliers de manifestantEs rassemblés à l’aéroport de rejoindre la place Taksim, où 200 militantEs ont été violemment dispersés, arrêtés, et malgré des dispositifs policiers renforcés, des milliers de personnes ont manifesté à Ankara et dans d’autres villes aux cris de « le Non, c’est pas fini », dénonçant aussi l’intervention ­militaire au Kurdistan syrien (lire article ci-dessous).

Aux États-Unis, les manifestations ont été l’occasion d’affrontements à Portland (Oregon), de manifestations anti-Trump à Los Angeles, Chicago… avec un face-à-face tendu entre partisans et opposants à Trump à New York.

Près d’un million et demi de Russes ont défilé lundi dans le centre de Moscou, avec l’arrestation de 18 militants LGBT. Des milliers de Hongrois ont défilé à Budapest en faveur de l’Union européenne et contre les politiques du Premier ministre Viktor Orban. En Grèce, il y a eu une grève nationale de 24 heures et des défilés (15 000 personnes à Athènes, 3 500 à Thessalonique) contre de nouvelles mesures de rigueur en échange de la poursuite du versement de prêts internationaux. 

Robert Pelletier

 

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