18 décembre avec les migrants : liberté de circulation et égalité des droits !

La mobilisation du 18 décembre, avec les migrantEs et pour la liberté de circulation, est appelée par 250 signataires, une douzaine de collectifs de sans-papiers, plusieurs syndicats nationaux dont la confédération CGT (Philippe Martinez a annoncé sa présence à la manifestation du 18 sur Paris), des associations, des mouvements et collectifs de solidarité avec les migrantEs et antiracistes dont la Roya Citoyenne, les États généraux des migrations, RESF, la Marche des solidarités, le Collectif Rosa Parks, le Comité Adama… 300 000 tracts ont été sortis en région parisienne, et les 80 000 destinés à Paris sont déjà tous partis.

Initiatives multiples
10 jours avant la journée du 18, des manifestations sont annoncées dans près de 40 villes : Aix-en-Provence, Alençon, Annecy, Avignon, Besançon, Blois, Bourg-en-Bresse, Caen, Chambéry, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Figeac, Gourdon, Grenoble, Lannion, Le Havre, Le Mans, Le Puy-en-Velay, Limoges, Lyon, Menton, Metz, Montpellier, Moulins, Nancy, Nîmes, Paris, Perpignan, Poitiers, Rennes, Rouen, Romans, Saint-Étienne, Saint-Girons, Strasbourg, Toulon, Valence…
Samedi 15, deux manifestations auront lieu aux frontières : franco-italienne à Menton et franco-hispano-catalane au Perthus. Le 18, des marches aux flambeaux auront lieu en même temps dans la majorité des villes pour gagner en visibilité. Venez avec de quoi faire de la lumière et du bruit !
À Paris, les cortèges de sans-papiers ouvriront la manifestation, pas de carré de tête mais la banderole de tête ouvrant les cortèges de sans papiers (Liberté de circulation – Égalité des droits) sera tenue par les sans-papiers et une douzaine de représentantEs des syndicats, des EGM, de la Marche des Solidarités, du Comité Adama et du collectif Rosa Parks.

Contre la montée des racismes, des nationalismes et des fascismes
Les gouvernants européens et américains, les chauvins de l’Est et de l’Ouest se rejoignent pour mener la même politique xénophobe et raciste. La recette est partout la même : détourner le mécontentement des masses populaires contre les migrantEs en les désignant comme responsables de tous les maux de la société. C’est la vieille tactique du bouc émissaire, qui marche d’autant plus que les sociétés vont mal. Elle désigne les étrangerEs comme des suspects, des ennemis ; elle augmente ainsi le racisme et le nationalisme, qui sont le fonds de commerce de l’extrême droite. Macron suit cette orientation en durcissant encore la politique des gouvernements précédents.

Les chiffres démentent les fantasmes d’invasion étrangère
En 2015, on dénombrait 248 millions de migrantEs pour une population mondiale de 7,3 milliards, soit 3,4 % de la population mondiale au moment d’un pic migratoire. Le chiffre actuel est de 3 % . Les 2/3 des migrations globales ont lieu entre pays du Sud. Les pays qui accueillent le plus de réfugiéEs sont la Jordanie, la Turquie, le Pakistan, le Liban et l’Iran. Les pays d’Europe sont loin derrière : sur 507 millions d’habitantEs dans l’UE en 2014, 280 000 réfugiéEs, soit 0,05 % ; en 2016 (après le pic de 2015) : 1,2 million, soit 0,2 %.

Les migrations ne sont pas responsables des crises
Cette époque du capitalisme déclinant génère toujours plus de crises, de guerres, de misère, de catastrophes liées au réchauffement climatique, poussant les populations à l’exil. Les pays du Sud sont les plus pauvres car ils ont été dépossédés, ruinés par le colonialisme. Ils sont toujours la proie des multinationales qui exploitent leurs ressources et leurs populations. Ils sont, en plus, les premières victimes du réchauffement climatique dont ils ne sont pas responsables !

La politique de fermeture des frontières tue
La fermeture des frontières, la construction de camps et de murs détournent les voies de passage vers des routes de plus en plus dangereuses sur terre ou sur mer. Cela fait de la Méditerranée le plus grand cimetière marin. Elle tue des milliers de personnes. Avec Frontex, la police de l’UE, les « hotspots », ces centres de tri au Niger, au Tchad ou en Libye, jamais autant de moyens n’ont été mis pour le contrôle des frontières. Mais aucun mur ne peut arrêter unE réfugiéE pousséE à fuir. 

Pour l’égalité des droits, la liberté de circulation et d’installation
En France, il n’y a pas actuellement de crise migratoire, mais une crise de l’accueil. La France est un pays riche. C’est une question de choix de société. Il suffit de prendre aux riches pour redistribuer les richesses aux plus pauvres, étrangerEs ou non, pour assurer les moyens de vivre et un travail à toutes et tous. Cela fait écho au combat des Gilets jaunes qui réclament comme l’ensemble de la population laborieuse une justice sociale.
La priorité est de se battre pour l’égalité des droits pour tous les migrantEs, en accordant une attention particulière aux femmes, aux personnes LGBTI, aux mineurEs, et de lutter sans relâche contre le racisme et l’islamophobie.
Nous affirmons que la liberté d’installation et de circulation est la seule mesure qui pourrait enrayer cette hécatombe sur les chemins de l’exil. Ouvrir les frontières, c’est permettre aux gens de migrer dans des conditions dignes et sûres. C’est faire disparaître la clandestinité et les passeurs.
Quand les marchandises et les ­richesses circulent librement sur la planète, quoi de plus normal que les êtres humains veuillent (et puissent) en faire autant ?
Chaque personne a le droit fondamental de vivre dignement et de jouir de tous les droits politiques et sociaux du pays où elle réside qu’elle ait été contrainte à émigrer ou qu’elle ait choisi de le faire.
La révolte contre le pouvoir et pour la justice sociale doit se renforcer par la solidarité avec migrantEs et étrangerEs.

Commission nationale migrations-antiracisme

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