10 octobre : Pour la convergence des luttes

Le mois de septembre aura sonné définitivement le glas de l’état de grâce de Macron avec plusieurs journées de grèves et de manifestations contre les ordonnances loi travail. Et le mois d’octobre semble parti pour lui ressembler.

Le 10 octobre prochain, à l’appel des 9 organisations de la fonction publique, les fonctionnaires seront en grève. Même si nous regrettons que cette journée de grève ait été annoncée avant le 21 septembre, affaiblissant ainsi cette deuxième journée de grève inter­professionnelle, la grève du 10 a toute sa légitimité contre la politique de ce gouvernement. Il a en effet un projet global contre l’ensemble du monde du travail, actifs et inactifs, privé et public confondus. 

Le président des ultra-riches

Si on pouvait encore en avoir, il n’y a plus de doute possible sur ce gouvernement. Pendant cinq ans il favorisera les seuls riches et le patronat. Son projet de loi de finances en est une nouvelle preuve. Au programme : toujours plus de cadeaux fiscaux aux amis du président. Avec la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, c’est 11 milliards d’euros de cadeaux fiscaux pour les sociétés d’ici 2022. La suppression de la taxe sur la distribution des dividendes ? 2 milliards d’euros. L’instauration d’un taux unique à 30 % sur les revenus de capitaux mobiliers ? 1,9  milliard d’euros, auxquels on peut ajouter l’exonération des actifs mobiliers du nouvel impôt sur la fortune (2,2  milliards) sans oublier le CICE. 

Pour financer tous ces cadeaux, le gouvernement fait les poches des plus défavorisés en rabotant les APL, des retraitéEs en augmentant la CSG de 1,7 % et des fonctionnaires en gelant leur point d’indice, en rétablissant la journée de carence, mais aussi en baissant de 15 milliards d’euros les dépenses publiques, en supprimant des centaines de milliers d’emplois dans la fonction publique et en démantelant des pans entiers de la fonction publique comme l’indique le cahier des charges du Comité d’action publique 2022 mis en place le 26 septembre dernier. 

Le 10 octobre : faire converger

Cette nouvelle journée de grève sera centrée autour des revendications de la fonction publique mais elle sera plus large. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les salariéEs de Pôle emploi, de la Ratp, les cheminotEs, les routiers appellent à rejoindre cette journée de grève pour en faire une journée de convergence des luttes. C’est aussi le cas pour certaines fédérations de la CGT comme celle des industries chimiques ou comme certaines unions départementales comme les Bouches-du-Rhône. 

On ne peut que se féliciter de ce début de convergence car, si chaque rendez-­vous spécifique a sa logique et sa légitimité, car chaque secteur est visé par l’offensive tout-terrain de Macron, une succession de dates ne fait pas une stratégie de mobilisation pour gagner.

Faire reculer les cyniques

Face aux résistances et aux mobilisations, Macron et ses porte-flingues choisissent l’arrogance et le mépris en nous traitant de « fainéants » et de « cyniques », et en répétant à tue-tête qu’ils ont été élus pour appliquer ce programme. Ce faisant, ils oublient qu’il n’y a jamais eu aussi peu d’électeurs pour une présidentielle, et surtout que le gouvernement est incroyablement impopulaire et a chuté vertigineusement dans les enquêtes d’opinion. À chaque fois que Macron, un de ses ministres ou députés ouvre la bouche, il provoque la colère d’une nouvelle partie de la population. Mais à cette étape le rejet de ce gouvernement ne fait pas un mouvement social puissant. C’est pourquoi, face à ce gouvernement et sa politique de destruction de nos conquêtes sociales, il est indispensable d’ancrer la mobilisation et la grève partout, de faire converger les luttes de façon globale et unitaire. Certains en ont pris conscience pour le 10 octobre, d’autres sont à convaincre. C’est notre défi de ces prochaines semaines. 

Joséphine Simplon

 

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